La bataille de la Sabis
En cette fin de 1er siècle avant J-C, le territoire de la Belgique était partagé entre plusieurs petits peuples indépendants. Ils luttaient tous pour empêcher les Germains d’envahir leur pays. La vallée de la Sambre occupée par les Nerviens présentait l’aspect d’un pays boisé, couvert en partie par la forêt charbonnière. Le peuple Nerviens vivait isolé de leurs voisins directs, Aduatuques, Rèmes (Reims), Atrébates (Arras). Les marécages le long de l’Escaut les protégeaient des Morins et des Ménapiens. Les Nerviens utilisaient la forêt comme barrière défensive pour empêcher la cavalerie de leurs ennemis de pénétrer en leurs contrées. Ils écimaient des jeunes arbres, ce qui provoquait une croissance des branches sur une grande largeur, et laissaient pousser des ronces entre ceux-ci. Les haies ainsi formées étaient difficilement franchissables.

En 58 avant J-C, la république Romaine gouvernée alors par le trio Pompée, Crassus et Jules César souhaitait encore agrandir son immense territoire. Ce dernier, alors commandant du nord de l’Italie, se mit en marche pour conquérir le nord de la Gaule, et donc le territoire de notre actuelle Belgique. En France, il profita des tensions entre les Eduens et les Arvergnes et de l’intrusion des Germains sur les terres de ces derniers pour passer à l’offensive. Arivioriste, roi des Germains, fut rapidement vaincu. Jules César prit alors le contrôle des peuples de la Gaule française.

Lorsqu’ils apprirent cette nouvelle, les Belges se liguèrent contre les Romains et chaque peuple fit la promesse, lors d’une assemblée, d’envoyer un contingent d’hommes pour la guerre. Les Atrébates et les Véromanduens firent alliance avec les Nerviens. De son coté, César continua son avancée vers la Belgique après avoir appelé deux nouvelles légions en renfort. La tribu des Rèmes, voisins des Belges, se rendit immédiatement face aux puissantes armées romaines.
En -57 avant J-C, Jules César et ses six légions étaient enfin face aux Nerviens. Une grande bataille pouvait alors commencer : « la bataille de la Sabis ». César en fit le récit dans l’ouvrage Guerre des Gaules.
Depuis des siècles, la localisation exacte de cette bataille est l’objet de nombreux débats et controverses auprès des historiens qui n’ont abouti à aucune solution satisfaisante. Plusieurs rivières se disputent la paternité de la bataille. La Sambre est l’hypothèse favorite des historiens depuis l’époque de la Renaissance avec plusieurs sites possibles. Différentes localités sont envisagées : Hautmont dans la région de Maubeuge, Presles dans la région de Charleroi, à Thuin, et aussi à Labuissière juste à côté de notre village de Hantes-Wihéries. Une autre hypothèse peu envisagée pour la Sabis est l’Escaut. Une éventualité plus récente est la rivière de la Selle, affluent de l’Escaut, sur un site à proximité de Solesmes en France.
Voici le récit de cette bataille qui s’est peut-être déroulée à proximité de notre village.
César se trouvait à environ un jour de marche de la rivière Sabis lorsqu’il apprit que les Nerviens, les Atrébates et les Véromanduens étaient retranchés sur une colline de l’autre côté de la rivière. Ils attendaient le renfort de l’armée du peuple voisin Aduatuques qui était en route. Les femmes, les enfants et les vieillards avaient été cachés dans les marais et forêts profondes. Un chef intrépide nommé Boduognat dirigeait le contingent Nerviens.

César envoya des éclaireurs dont la mission était de trouver un endroit adéquat pour établir un camp et continua son avancée avec son armée. Le terrain qui fut choisi était une colline en pente légère qui descendait vers la Sabis. Sur la rive d’en face se trouvait une pente semblable avec une zone découverte et ensuite, plus haut, une forêt dense. Il semblerait que cet endroit soit justement celui où attendait l’armée gauloise.

Devant les six légions qui avaient peine à se déplacer entre les haies formées par les Gaulois, la cavalerie, les frondeurs et archers romains passèrent la rivière en premiers. Les cavaliers nerviens commencèrent alors à attaquer l’avant-garde et alternaient des mouvements vers l’avant et de replis dans la forêt. Les Romains n’osaient pas le suivre à cet endroit. Pendant ce temps, en retrait, les légions commençaient à mettre en place le campement.
Les Nerviens choisirent ce moment pour dévaler soudainement la pente au pas de course et se précipitèrent sur la cavalerie romaine qui fut rapidement à terre. Ensuite, ils traversèrent la Sabis, gravirent la pente opposée et mirent le désordre au milieu du camp en construction.
La confusion était telle que César n’avait pas eu le temps de donner ses ordres afin d’organiser le combat. Il pouvait cependant s’appuyer sur ses soldats très entrainés et capables de prendre eux-mêmes les bonnes dispositions pour se battre. L’ardeur offensive des Nerviens fut si importante que certains légionnaires n’avaient pas eu le temps d’emporter leur casque ou d’enlever la housse du bouclier. Les légions combattaient chacune séparément sans obéir aux habituelles règles tactiques.
Les Atrébates furent refoulés sur les hauteurs de la rivière par les lancers de javelots des 9eme et 10eme légions. Pendant ce temps, deux autres légions avaient obligés les Viromandues à reculer le long de la rivière. Le campement était alors à découvert et Boduognat et ses hommes en profitèrent pour avancer en rangs serrés au sommet du camp et prendre les légions à revers. En les voyant arriver ainsi, de nombreux romains battirent en retraite. La situation était critique et les pertes étaient importantes dans les légions. De nombreux centurions étaient tués ou blessés. Les hommes faiblissaient et certains quittaient le combat. Les Nerviens attaquaient sans relâche avec un courage inouï.
César, voyant la situation se dégrader, décida de prendre les choses en mains. Il prit le bouclier d’un de ses soldats et avança en première ligne. Il harangua ses troupes et ordonna à la 7eme et à la 12eme légion qui étaient côte à côte de faire face à l’ennemi. L’arrivée de César avait redonné du courage aux soldats qui reprenaient le combat de plus belle et parvenaient à ralentir l’ennemi gaulois.
A ce moment, les deux légions en arrière-garde ainsi que la 10ème légion qui venait de prendre possession du camp des Nerviens dans la forêt de l’autre côté de la Sabis arrivèrent sur le champ de bataille. L’arrivée de ces renforts produisit un énorme élan d’héroïsme dans les rangs romains. Les soldats blessés et épuisés et les cavaliers recommencèrent à se battre et se jetèrent sur les nerviens qui étaient en train de perdre la bataille, étouffés par le surnombre de légionnaires.
Dans leur dernier espoir de salut, les Nerviens déployèrent, selon les dires de César, un tel courage que, dès qu’il tombait des soldats au premier rang, les plus proches prenaient leurs places et combattaient sur leurs corps ; les survivants lançaient des traits et javelots sur les soldats romains et rataient leurs cibles. César conclut la bataille en disant : « Il fallait se convaincre à un tel spectacle que d’avoir osé franchir une rivière très large, escalader une berge fort élevée, monter à l’assaut d’une position très forte. Ce n’était pas une folle entreprise de la part de tel guerriers : leur héroïsme l’avait rendu facile ».

Telle fut la fin de la liberté du courageux peuple Nerviens. Boduognat périt sur le champ de bataille et sur les 60000 hommes en état de porter les armes avant l’affrontement, il n’en restait que 500. César fut clément avec ces rescapés. Il leur rendit leur territoire et les prit sous sa protection.
La conquête de la Gaule
Après avoir battu les Nerviens, César continua la conquête de la Gaule et s’occupa de la tribu des Aduatuques. Ceux-ci s’étaient réfugiés avec leurs familles et leurs trésors dans la forteresse d’Aduat, peut-être un oppidum à l’emplacement actuel de la ville de Namur. Les romains en firent le siège avec des remparts et des tours munies de béliers. Après quelques combats, les portes furent forcées et les 53000 Aduatuques furent vendus comme esclaves.

Après ces deux défaites, le peuple gaulois était consterné et les belges évitèrent les combats avec les légions romaines. La guerre traina alors en longueur. Au nord, les Ménapiens et les Morins retranchés dans leurs iles, marécages et forêts résistèrent aux attaques des légions. Les Romains établirent de nombreux camps retranchés sur l’ensemble du territoire en attendant la conquête totale de la Gaule. César soumit finalement le peuple des Morins lorsqu’il décida d’envahir les iles de Grande-Bretagne en passant sur leur territoire à proximité de la ville actuelle de Boulogne dans le Nord Pas de Calais. Les lieutenant romains Sabinus et Cotta furent chargés de la lutte contre les Morins.
Sous le joug de l’envahisseur, le peuple belge résistait continuellement. En l’an 54 avant J-C, Induciomar, chef des Trévires, et Ambiorix, chef des Eburons conçurent un plan pour affranchir la Gaule-Belgique de la domination romaine. Ils profitèrent du passage sur leur territoire de la légion commandée par Sabinus et Cotta pour leurs tendre une embuscade. Les deux généraux romains et leurs soldats furent massacrés. Cette victoire belge poussa à la révolte l’ensemble des tribus gauloises et ils entreprirent d’attaquer le camp du commandant de légion Quintus Cicéron. Celui-ci fut sauvé de justesse par le retour de Jules César et ses légions. De nombreux gaulois périrent dans cette bataille. Après cet événement, les romains poussèrent la guerre avec une vigueur inouïe. Les Trévirent furent vaincu suite à une ultime attaque du camp du général Labiénus. Induciomar est égorgé dans sa fuite lors de son passage de la Meuse. Jules César envahit le territoire des Eburons avec 100 000 hommes. Les petits villages furent complétement incendiés et les gaulois se réfugièrent dans les forêts. César livra alors le peuple des Eburons aux tribus ennemies. Traqués comme une bête, Ambiorix parvint de justesse à s’enfuir dans les sombres forêts de Germanie.
Les Ménapiens ne se sentirent plus à l’abri après ces victoires romaines et se soumirent à l’envahisseur.
Le peuple de la Gaule-Belgique fut alors vaincu mettant fin à neuf années de lutte, de cruauté et de perfidie de la part de Jules César.
La romanisation de la Gaule-Belgique
Au lendemain de la guerre, le territoire de notre pays était dans un état de ruine. Beaucoup d’habitants avaient été vendu comme esclave et la région de la Nervie était fortement dépeuplée. Les romains ainsi que des gaulois de la tribu des Tongres vinrent s’établir dans nos régions et se mélangèrent à la population locale. Ils entreprirent alors de transformer radicalement notre pays tant au niveau de son organisation que de son infrastructure. Le territoire de la Belgique actuelle était divisé en deux provinces : la Gaule-Belgique dont la capitale était Reims et la Germanie inférieure avec Cologne pour capitale. Le rôle prépondérant des gouverneurs provinciaux était l’exercice de la justice. Dans chaque province, on retrouvait un certain nombre de cités, ou civitas. Il s’agit d’une unité spatiale chapeautée par un chef-lieu où se concentrent les institutions administratives. La cité se définit par son chef-lieu, ses agglomérations secondaires mais aussi par sa campagne. Le rôle des cités était de faire appliquer les lois mais aussi le culte religieux. Le territoire de l’actuel village d’Hantes-Wihéries se trouvait à cheval entre la cité des Nerviens (Civitas Nerviorum) et de celle des Tongres (Civitas Tungrorum) mais aussi à la limite des deux provinces. La Sambre et la Hantes servaient de frontière entre les deux entités. Le chef-lieu de la cité des Nerviens, Bavay, se trouvait à une vingtaine de kilomètres de notre actuel village. L’autre chef-lieu, Tongres, fut entièrement bâtie par les romains. La ville de Tournai est née aussi à cette époque. Ces deux villes avaient, dans de plus modestes proportions, tous les caractères des autres villes de l’Empire. Les maisons étaient construites en pierres et en briques reliées par un mortier très solide composé de chaux et de sable. Les rues étaient couvertes de dalles et bordées de trottoirs surélevés maintenus par des bordures et des pierres verticales en forme de bornes. Dans ces rues se trouvaient des petites échoppes entièrement ouvertes où se pratiquait le commerce de détail, des fontaines publiques, des autels à l’effigie des dieux locaux.
L’immense territoire des cités étaient divisées en différentes zones spatiales probablement bornées nommées pagi. Ceux-ci étaient administrés par des curatores, nommés par les autorités de la cité, qui intervenaient dans des questions de terrains, finances, impôts, recensements, activités religieuses, … Un réseau routier fut développé pour relier les centres d’habitats. Ces routes pavées, solides, larges et généralement rectilignes améliorèrent considérablement les déplacements et favorisèrent l’implantation des villae à proximité de celles-ci. La chaussée romaine reliant Bavay à Trèves en passant par la Meuse passait sur le territoire d’Hantes-Wihéries avant de rejoindre Montignies. Des fouilles ont été réalisée en 1911 par l’administration des Ponts et Chaussées dans notre village voisin. De nombreux vestiges de cette voie ont été retrouvés. Des routes secondaires, ou diverticulum, reliaient les chaussées entre elles. Un chemin de ce type se trouvait aussi dans notre village. Les Romains utilisaient de nombreux véhicules sur ces routes. Ils développèrent une voiture légère à deux roues et à deux places, appelée cisium, servant au transport des dépêches officielles et attelée de trois chevaux. L’équipage était renouvelé à chacun des fréquents relais qui jalonnait les voies romaines, ce qui permettait de conserver le galop tout au long du voyage. Une ancienne hostellerie romaine se trouvait non loin du territoire de Hantes-Wihéries. Il s’agit de la ferme d’Hurtebise à Bousignies-sur-Roc. A l’époque romaine, il s’agissait d’un point relais ou station placé sur la voie romaine Bavay-Trèves. Elle a été convertie plus tard en exploitation rurale.



Un peu plus loin, sur le territoire de Montignies-Saint-Christophe, la chaussée traversait la Hantes grâce à un gué. En période de fortes pluies et donc de crues, ce gué était difficilement praticable. Les Romains bâtirent dont un barrage sur la Hantes en amont de ce passage. L’actuel pont romain est en fait ce barrage. La partie inférieure présente un système d’arches permettant de réduire la pression de l’eau ainsi que des battées pouvant supporter des vannes. Ce n’est qu’au moyen-âge que le barrage a été doté de parapets en pierre et a été transformé en pont. L’abbé P. Staquet a démontré l’origine romaine de cet édifice dans son ouvrage datant de 1957.



Outre les chaussées, la présence de la Sambre et de nombreuses rivières ainsi que la qualité des terres de culture favorisèrent l’implantation de nombreuses villas dans nos campagnes. Il y avait une villa à Hantes-Wihéries dans la plaine de Saint-Druon. A Solre-sur-Sambre, on a découvert en 2005 la villa du champ de Saint-Eloi. Implantée au bord de la Sambre, il s’agit d’un important édifice résidentiel avec un corps de logis composé de 25 pièces, d’une cour avec deux constructions en pierre et un réseau de fossés. Lors des fouilles, on a retrouvé, dans une fosse, un grand chaudron dans lequel se trouvait un chaudron plus petit. Celui-ci renfermait des cuillères en argent et en alliage de cuivre, une fiole en verre, un coffret en bois, 122 pièces de monnaies en argent et 4 en bronze.

Une cave remarquable a été découverte. Ses murs étaient couverts d’enduits peint dans un bel état de conservation.

Une autre trouvaille intéressante est la présence d’un cellier accessible grâce à un escalier. Il s’agissait d’une cave aménagée de petites niches qui permettait aux habitants de conserver diverses denrées alimentaires comme, par exemple, les céréales qui étaient stockées dans de grands vases en céramique.

Pour une raison inconnue, il semblerait que les occupants de la villa aient abandonné ce cellier. Il a alors servi de décharge et a été comblé. Dans les terres de remblais, les fouilles ont permis de retrouver de nombreux os de poulet et de porc ainsi que des coquilles d’huitres. Cette découverte nous donne une indication des habitudes alimentaires des autochtones à cette époque.



On peut citer aussi la villa du vieux Castia à Fontaine-Valmont et celle du champ du village à Montignies-Saint-Christophe. En 1879, la société archéologique de Charleroi a mis à jour à cet endroit les fondations d’une villa avec appareil de construction remarquable, ciment peint, pavements en mosaïque, … Les activités agricoles furent développées dans ces exploitations : élevage et cultures de céréales, de légumes, de lin. A la fois fermes et habitations de plaisance, les villas comportent une demeure, construite à la mode romaine, avec les différences nécessitées par le climat du Nord, dont notamment un système perfectionné de chauffage dénommé hypocauste. Autour de cette villa se disséminent le logis réservé aux hôtes, les habitations des esclaves et du personnel, les bâtiments d’exploitation, la boulangerie, les écuries, … Un mur d’enceinte enferme le tout et l’eau y est souvent amenée par de petits aqueducs. Les Romains apportèrent en Gaule leur matériel agricole dont notamment leur charrue à roues. L’exploitation était surtout assurée par des esclaves bien que l’esclavage n’ait jamais pris en Gaule le même développement que dans le reste de l’Empire.
Un sanctuaire gallo-romain s’était développé à Fontaine-Valmont sur le plateau des Castellains juste à la frontière avec Hantes-Wihéries, à la limite du champ de Haute Pensée et du champ du milieu. Un diverticulum longeait ces terrains et permettait d’atteindre la Sambre d’un côté et de l’autre la chaussée Bavay-Trêves. Actuellement, cette voie porte le nom de chemin de Saint-Guidon. Cette bourgade bâtie au milieu du 1er siècle après J-C sur d’anciennes forges gauloises était composée de bâtiment de différentes familles : deux petits temple religieux, une colonne au cavalier à l’anguipède (créature de la mythologie gauloise), une vaste hôtellerie, une basilique, des écuries, une remise pour véhicules, des thermes importants alimentés par un aqueduc sous la surface du sol et venant de Montignies-Saint-Christophe, un bâtiment à caractère commercial dans lequel se tenaient les marchés, un abattoir, un cellier creusé dans le sol, un sillo. Au point culminant du site, se dressaient deux mausolées funéraires. Le site des Castellains a été fouillé de 1955 à 1962 et de 1970 à 1983 sous la direction de Germaine Faider-Feytmans. De nombreux objets retrouvés sont exposés au musée Royal de Mariemont. Selon Mme Faider, ce site était destiné à des réunions saisonnières et périodiques de caractère administratif, commercial et religieux et appelé conciliabulum. Il s’agissait d’un sanctuaire très important au niveau régional.

Au point de vue industriel, les romains développèrent fortement l’activité sidérurgique. Ils exploitèrent de nombreuses minières de fer et réduisirent ce minerai dans des bas-fourneaux. A Labuissière, une mine de fer aurait déjà été exploitée à cette époque. Un peu plus loin, à Maubeuge, une remarquable forge avait été établie le long de la Sambre. L’artisanat de la céramique était aussi représenté dans notre région. On a découvert à Mont-Sainte-Geneviève, un site d’extraction d’argile qui devait probablement servie à la manufacture de tuiles retrouvée à Vellereille-lez-Brayeux, à Pincemaille. Les pierres et le marbre utilisés pour les constructions ont sans doute été extrait dans les carrières toutes proches de Labuissière.

Peu à peu, une nouvelle religion se répandit dans notre pays : le christianisme. Les adeptes désiraient plus de justice et d’amour dans les relations humaines.
Concernant les rites funéraires, à cette époque, les gallo-romains pratiquaient quasi exclusivement l’incinération. Des nécropoles ont été retrouvées aux alentours de notre village. A Solre-sur-Sambre, sur le site de l’ancienne abbaye de la Thure, à la limite de notre village, les romains avaient établi une nécropole d’environ 45 sépultures à incinération. Fouillée dans les années 70 par M. Brulet, on y a retrouvé des urnes cinéraires, un biberon en céramique, des fibules, des bracelets, des épingles, des pièces de monnaies, de nombreux clous provenant de civières et de buchers. On peut citer aussi deux pièces remarquables : un miroir et un coffret orné de chainettes en bronze. Voici un aperçu des objets trouvés sur le site.




La fin de l’empire
L’empire romain atteignit son apogée au début du 2eme siècle de notre ère, ceci après une longue période de paix qui favorisa la prospérité économique entre les différents peuples. Au point de vue social, au fur et à mesure des années, le peuple belge adopta le mode de vie et la religion des romains, et ce principalement dans les grandes villes. Les peuples de la gaule septentrionale ne se sont jamais vraiment totalement soumis à l’envahisseur.
L’empire romain était gigantesque et, de ce fait, il était très difficile à administrer et de défendre toutes ses frontières. De plus, face à la croissance de leurs richesses et de l’attrait pour le luxe, la mentalité des dignitaires et militaires romains avait changé. Au lieu de cultiver leur esprit d’entreprendre et leurs facultés guerrières, ils ne désiraient qu’une vie faite de plaisirs et de facilités. Ils délaissèrent la défense de leur empire. Au milieu du troisième siècle, les francs, goths et alamans, tribus issues des peuples germaniques, s’aventurent de plus en plus profondément à l’intérieur de l’empire. Les romains furent obligés à négocier avec les germains en leur offrant des terres et en les engageant dans leurs armées. En 395, l’empire romain d’Orient et l’empire romain d’Occident furent définitivement séparés. Constantinople fut la nouvelle capitale à l’est. Au début du 5eme siècle, la situation militaire était critique en occident. En 406, les vandales, suèves et alains traversèrent le Rhin et ravagèrent la Gaule. En 410 les Wisigoths envahirent l’Italie et pillèrent Rome. A la suite, les francs et les burgondes envahirent eux aussi notre région. Les francs saliens étaient dirigé par Clodion le chevelu et étaient déjà installés en Toxandrie, la Campine actuelle depuis l’an 207.

En 428, Clodion et son armée partirent de cette région pour envahir la ville de Cambrai et les territoires actuels du Hainaut et de l’Artois. Cette attaque fut de courte durée, l’armée franche mal organisée et sujette à la débauche fut repoussée par les romains commandés par Majorien. En 444, Clodion et ses troupes repartirent à l’attaque. Ils traversèrent en silence la foret charbonnière et s’emparèrent de la ville de Tournai, puis de Cambrai et pour terminer, Amiens.
Dans notre région, ces invasions guerrières firent cesser la domination romaine. Ce fut un chaos épouvantable. Comme par le passé, le pays fut de nouveau à l’état de ruine : morts, pillages, villes incendiées, villas abandonnées, … Le témoignage du passage des francs dans nos régions est la découverte de nombreux trésors enfuit à la hâte dans des fosses par les occupants des villas avant de s’enfuir ou de se faire massacrer.
En 476, devant le chef germanique Odoacre, le dernier empereur Romulus Augustule capitula et marqua la fin de l’empire romain d’Occident.
Article rédigé par Jérôme
Sources: voir n°5, 7, 13, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30.

Un grand merci pour toute s’est informations qui comme toujours fort intéressantes qui nous donne des idées de la vie de nos aïeule.
J’aimeJ’aime