La forêt qui couvrait le village d’Hantes ainsi que toute la région de la Thudinie méridionale, a subi très tôt l’attaque des défricheurs qui ne furent pas long à s’apercevoir de la fertilité du limon. Une grande surface du sol était ensemencée avant l’arrivée des Celtes. Cette civilisation venue des hauts plateaux d’Asie a franchi le Rhin et a occupé la Belgique et la France de -2000 à-57 avant J-C. Ils portaient le nom de Gaulois. Ce peuple a donné naissance à l’âge du cuivre, à la technique de fonderie du bronze et ensuite à la maîtrise du fer.

Notre région était habitée par les Nerviens. Ils étaient très grands et très forts. Ils vivaient dans des huttes circulaires bâties en terre sèche ou en bois. Ces petits villages se constituaient à proximité des rivières. Ils regroupaient quelques familles qui formaient un clan, dirigé par un chef commun. Nos plaines fertiles ont permis aux Nerviens de développer l’agriculture pour pouvoir se nourrir. Ils cultivaient l’avoine, l’épeautre ou le millet. Ces céréales étaient écrasées pour confectionner des galettes, sorte de pain primitif. Ils se nourrissaient aussi de fruits sauvages et de légumes tels que le navet, l’oignon, les pois. Ce peuple avait très bien développé les techniques d’élevage : porcs, moutons, chevaux. Ils avaient une forte préférence pour la chair de porcs qui vivaient en troupeaux à demi-sauvages dans les forêts de chênes. Les nerviens ne connaissaient pas le vin mais buvaient une sorte de liqueur douce, mélange de miel fermenté et d’eau dénommé hydromel. Ils confectionnaient de la bière à l’aide d’orge fermentée : la cervoise (voir sources n°5).

Les Nerviens adoraient les astres et les phénomènes de la nature : la lune, le soleil, la foudre, le vent. Leurs prêtres s’appelaient druides et vénéraient le chêne et le gui. Ils jouaient un rôle important dans l’éducation, les soins médicaux et la justice.
Les Nerviens maitrisaient les techniques de la métallurgie. Dans le bas-fourneau, ils transformaient le minerai de fer en fer métallique. Après forgeage, ils confectionnaient toutes sortes d’objets : outils, récipients, armes. On a pu trouver un lieu d’extraction du minerai de fer de l’époque gauloise à Spiennes, non loin de chez nous. Ils fabriquaient aussi des bijoux en bronze ou des pièces de monnaie en argent et en or.



Ce peuple maitrisait un autre type d’artisanat : la fabrication de char. Ces chariots en bois à deux roues protégées par des bandages en fer et tirés par deux chevaux étaient utilisés pour le combat (voir sources n°6).
Notre région était donc couverte de forêts où se dispersaient de petits villages gaulois à proximité des rivières. Les agglomérations sont très peu nombreuses et portent le nom « d’oppida ». Il s’agit d’un groupement d’habitations ou simplement une zone publique protégées par des fossés ou des palissades dont l’emplacement a été choisi pour bénéficier de défenses naturelles (colline, éperon rocheux, marais, …). Parfois, les habitants y habitaient de manière fixe et s’adonnaient à l’agriculture, au commerce et à l’artisanat.
Nous n’avons retrouvé que peu de traces de cette civilisation sur le territoire d’Hantes-Wihéries. Néanmoins, la présence de la Hantes et la proximité de la Sambre étaient des critères de choix importants pour l’établissement des petits villages Gaulois. Il est fort probable que ce peuple s’était implanté sur notre territoire.
On a retrouvé de nombreux témoignages de la présence des Gaulois à proximité de notre village. En voici quelques exemples :
- Dans le bois de Solre-sur-Sambre, en 1876, M. Jennepin a découvert un tumulus contenant des objets de l’époque romaine ainsi qu’une garniture pectorale celtique formée de trois chainettes en bronze composées chacune de cinq plaques ajourées et incrustées d’une sorte de mastic rouge. Voici une photographie de la reconstitution de cet objet par M. Camille Poncelet. Un fragment original de chainette est exposé au musée du Cinquantenaire à Bruxelles (voir sources n°7).

A 300 mètres du lieu de cette découverte, M. Jennepin a fouillé un autre tumulus de dimensions plus importantes et formé d’un amoncellement de schiste. A 180 cm de profondeur, il mit à jour une pierre plate large et épaisse et maintenue dans sa position par d’autres pierres posées verticalement. Sous cette dalle, on a trouvé des ossements, un tranchant de hache, deux couteaux, un marteau et un fragment de silex. Selon l’historien Jennepin, il s’agirait d’une tombe gauloise d’une grande rareté. Voici les croquis réalisés lors de la découverte de cette sépulture (voir sources n°12).


- A Cousolre en France, des fouilles réalisées en 1888 ont permis de découvrir des monnaies gauloises en or et en bronze. En 1910, à proximité du poste de douanes de Bersillies, des enfants ont découverts une hachette celtique en bronze coulée dans un moule. On peut supposer qu’un oppidum se trouvait sur le territoire de cette commune (voir sources n°8).
- Plus loin de notre village, à Thuin, les gaulois avaient érigé un oppidum dans le « Bois du Grand Bon Dieu ». Il s’agit d’un promontoire de 13 ha surplombant la rivière de la Biesmelle. Il était défendu d’un côté par un fossé et un talus de terre et, de tous les autres côtés, par les versants abrupts de la colline. Les fortifications datant de l’âge du fer ont été identifiées en 1980. Cette même année, un trésor a été trouvé par hasard sur le site. Il s’agit de 70 statères nerviennes en or. Il s’agit de pièces de monnaie qui auraient circulé entre 90 et 50 av J-C (voir sources n°9).

En 2018 et 2019, de nouvelles fouilles ont été entreprises sur le site par l’Université libre de Bruxelles. On y a retrouvé des vestiges exceptionnels (voir sources n°10 et 11).

Une chaîne-ceinture en bronze avec incrustations d’émail rouge conservée dans un état remarquable. Il s’agirait d’une parure féminine.

Une épée gauloise d’apparat avec une lame en fer complète de 90 cm et un manche composé d’une succession de disques en bronze

De nombreux fragments de poterie gauloise. Les chercheurs ont pu reconstituer un magnifique pot à provisions type du 1er siècle av J-C.
Ces fouilles n’ont pas permis de mettre à jour des habitations ou des tombes. Les chercheurs pensent donc que l’oppidum de Thuin n’était pas habité mais était utilisé lors des fêtes populaires. Les Gaulois vivaient dans des petits villages, se rassemblaient lors de fêtes dans des endroits publics protégés par des fortifications, souvent au sein des oppida. Cela pourrait avoir été le cas du Bois du Grand Bon Dieu.
Article rédigé par Jérôme
Merci pour tous ces articles très intéressants. Mon papa était originaire d’Hantes-Wihéries et j’apprécie beaucoup en apprendre plus sur son village.
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