Les curés de Hantes-Wihéries

Introduction

Cette article a pour but de vous décrire les habitants qui se sont succédés à la cure ou presbytère de Hantes.  Le curé était, jusqu’au 19eme siècle, le personnage le plus important du village.  Le mot curé vient du latin « curatus animarum » qui signifie « chargé des âmes ».  Le curé doit donc prendre soin des âmes de ses paroissiens.  Pour être chargé de la cure, il est donc tout d’abord un prêtre qui a reçu, lors de son ordination par l’évêque, la mission de rendre présent le Christ parmi les hommes.  Il peut célébrer l’eucharistie, peut absoudre les péchés et instruire et guider les personnes sur le bon chemin.  C’est finalement l’évêque qui investit le prêtre dans la cure.

La cure se situait en contrebas de l’église à gauche dans le bâtiment qui abritait aussi l’école des garçons jusqu’en 1903.  Il est décrit dans l’inventaire du patrimoine wallon en ces termes : « Bâtisse de la 2eme moitié du XVIIIe siècle, à deux niveaux de briques, soubassement en moellons et chaînes d’angle en harpes.  Baies de type tournaisien simplifié sur appui en affleurement incorporé à un bandeau.  Trois travées avec porte centrale en façade et quatre travées à la face arrière.  Frise dentée sous la bâtière de tuiles à coyau, plantée d’une lucarne à croupe. »

La cure en 1983 – Sce inventaire du patrimoine wallon

Selon les notes d’Albert Noël, on peut situer la construction de la cure vers 1766.  Avant cette époque, le presbytère était situé après l’église dans la rue des fontaines au lieu-dit « maison Lelongfils ».  A propos de la cure, L’abbé Delattre, curé à Hantes entre 1777 et 1803 nous dit : « j’ai joint à la maison pastorale un jardin peu ample que j’ai entouré de murailles (jardin actuel) et un second séparé du presbytère par la rue que j’ai fait entourer de murailles garnies d’arbres fruitiers (jardin actuel des maisons Devouge Joseph).  Il y avait également une blancherie (30 verges) pratique pour le blanchissage du linge parce qu’on y fait couler l’eau facilement, et un petit verger (très probablement ancienne propriété du sieur Riche prés de la brasserie).  Actuellement, la cure ne possède plus qu’un seul jardin, celui attenant à la maison.

Le jardin et les étangs de la cure

La famille de Robaulx avait un droit de passage dans la cour du presbytère, une grande porte donnant accès à la propriété des seigneurs d’Hantes.  Elle était rarement utilisée, parfois pour le passage des arbres abattus.

Façades arrières de l’ancienne école et de la cure en 1983 – Sce inventaire du patrimoine wallon
L’ancienne école et la cure en 1999

Le premier curé connu de notre village est un certain Wéry, fils de Robert, originaire de Thuin. Il apparait en 1212 comme témoin à une donation de 11 bonniers faite par Nicolas de Montignies à l’abbaye d’Aulne. L’abbé de Lobbes avait abandonné à Wéry, sa vie durant, une partie de ses dîmes moyennant une redevance de 6 livres de Valenciennes à payer chaque année durant les fêtes de la Pentecôte.

?-1540 : Maitre Thomas MAIREAU

Sa pierre tombale en pierre bleue et taillée en relief est présente dans l’église de Hantes.  Elle représente un prêtre couvert de ses ornements et portant le calice en main.  Elle porte l’inscription suivante :

« Chi gît maître Thomas Maireau en son temps curet de l’église de céens qui trespassa en l’an de grâce de notre signeur mil v cents quarante.  Passant priez pour son âme.  Miseremini mei Thomae Maireau saltem vos amici mei ».

Pierre tombale du curé Mairiau  – Dessin réalisé en 1880 – Sce société archéologique de Charleroi
Pierre tombale du curé Mairiau – Photographie de C. Warzée en février 2023

1597-1615 : Maitre Théodard TASSIER

Originaire de Thuin, il fut admis le 27 mars 1597 à la cure de Hantes qu’il a obtenue par voie de permutation canonique.  Sa pierre tombale se trouve également dans l’église de Hantes.  On peut y lire cette épitaphe :

« Icy gist mre Téhodare Tassir.  En son temps curé de ceste egle.  Lequelle pensant.  Qu’il n’y a rien de plus certain que la morte at faict mettre ceste de son vivat.  Trespassa le 4 octobre 1615.  Vous qui icy passez Priez qu’en repos soiet les trapassez.  Requiescat i pace. »

Pierre tombale du curé Tassier – Dessin réalisé en 1880 – – Sce société archéologique de Charleroi

La société paléontologique et archéologique de Charleroi avait réalisé la description de cette pierre dans un rapport de 1880 : « Il s’agit d’une dalle tumulaire qui offre un certain cachet artistique malgré quelques fautes dues à l’exécuteur et qui ne se trouvaient certainement pas dans le modèle qui lui a servi.  Cette dalle mesure 1m15 de hauteur sur 0m85, y compris l’inscription qui est en bas.  La partie ciselée est fort bien faite.  Elle porte aux coins, dans quatre médaillons l’emblème des quatre évangélistes.  A droite, en haut, l’homme de St-Mathieu, à gauche l’aigle de St-Jean, à droite, en bas, le lion de St-Marc, à gauche le bœuf de St-Luc.  Ces médaillons sont bien conçus et rendus d’une manière vraiment remarquable.  Le sujet principal est un calice reposant sur un coussin, surmonté de l’hostie et accosté de deux anges, l’encensoir à la main.  Ce calice est placé sous un dais conique orné de feuillages enroulés en volute ».

Pierre tombale du curé Tassier – Photographie de C. Warzée en février 2023

1615-1638 : Maitre Jean DUBOIS

En 1617, il fit placer au chevet de l’église une pierre sculptée représentant un religieux en adoration devant la croix.  Cette pierre porte l’inscription suivante : «  Maiestre Jean du Boies pasteur de Hante fist faiere ce nom de Jesus par le re pi Dubois ».

Pierre placée à la demande du curé Jean DUBOIS en 1617 – Photographie de C. Warzée en aout 2016

Sur la dalle funéraire de Jean Dubois, se lit cette épitaphe : «  Ici gist venerable personne mre Jean Dubois en son temps chanoine d’Avesnes puis a esté curé de cette église l’espace de 23 ans décédé le 13 octobre 1638.  Regardez-moi, soupiré et pleurez ma mort… ».

1640-1696 : Lambert LONGFILS

Il démissionna en 1696 et décéda le 29 janvier 1697 à l’âge de 85 ans, ayant été curé de Hantes durant 56 ans.  Il fut inhumé dans l’église sous cette épitaphe :

«  Devixit 29à janrii anno 1697, aetatis suâe 85, pastoratus sui 56, grandaevus ille moribus et vitâ insignis Lambertus le Lonfils hujus parochiae meritissimus pastor, qui in sucessorum benevolus hoc eum vicina domo quae nuper sua sub onere qui infra posteros qui donavit dicito viator.  Requiestat in pace ».

Traduction : Il mourut le 29 janvier 1697, à l’âge de 85 ans, et avait été curé durant 56 ans, Lambertus le Lonfils, distingué par son caractère et sa vie, le curé le plus méritoire de cette paroisse, qui, dans la succession de ses successeurs bienveillants, se disait voyageur dans la maison voisine qu’il venait de donner à ses descendants.

1696-1733 : Maitre Jacques Philippe CANIVET

Natif de Renlies, il y fit restaurer avec ses frères en 1713, la chapelle de Notre-Dame des sept douleurs que son père Jean Canivet, mayeur de Renlies, y avait érigée en 1660.  Ces faits sont encore rappelés aujourd’hui aux passants par l’inscription suivante :

« La chapelle ici érigée l’an 1660 à l’honneur de Nostre Dame des 7 douleurs par Jean Canivet en son temps mayeur de ce lieu et Jeanne Martin son épouse a été rétablie l’an 1713 par trois de leurs enfants, M. Louis, Curé de Ragnies, M. Jacques, Curé de Hantes et Jean Canivet.  Amis lecteurs par charité, dites pour les trépassez : Requiescat in pace. »

Chapelle Notre Dame des sept douleurs – Renlies

La même année, l’archidiacre de Hainaut consignait dans son rapport de visite l’appréciation suivante : Jacques Canivet, homme remarquable selon le doyen du concile de Thuin (Jean-Alexandre Squillart, curé de Nalinnes) ; aucune plainte à son sujet ne m’a été adressée.

Jacques Philippe Canivet démissionna au début de 1733 et décéda à l’âge de 80 ans le 12/12/1736 comme en atteste son acte de décès.

Acte de sépulture du curé Canivet – Extrait du registre de la paroisse St-Remy – 1736

Il fut inhumé dans l’église sous une pierre tombale qui porte :

« Hic jacet Rdus Dominus Jacobus Philippus Canivet quondam hujus parochiae pastor et successor venerabilis Domini Lamberti Longfils hic propre jancentis obiit 12 10bri anno 1736 aetatis suae 80 dicito lector.  Requiescat in pace. »

Traduction : Ici repose M. Jacobus Philippus Canivet, autrefois curé de cette paroisse et successeur du vénérable M. Lambert Longfils, qui y mourut proprement le 12 octobre 1736, à l’âge de 80 ans. Qu’il repose en paix.

Pierre tombale du curé Canivet au centre du chœur de l’église – Photographie de C. Warzée en février 2023

1733-1766 : Maitre Narcisse LAURENT

Narcisse Laurent est né à Neuf-Mesnil le 12 mars 1699, , fils de Michel et Marie Canivet, fermiers de la cense de Dousies dépendance de Maubeuge.  Il fut curé d’Hautmont avant Hantes-Wihéries.

Il fut également inhumé dans l’église de notre village, sous cette épitaphe :       

« Ici repose le corps de vénérable Mre Hiacinthe Narcisse Laurent natif de la paroisse du Neuf Mainille qui après avoir rempli les devoirs dans cette paroisse avec toute la vigilante charité et l’exemple d’un véritable pasteur pendant l’espace de 34 ans, est mort le 6 décembre 1766, âgé de 67 ans.  Requiescat in pace. »

Pierre tombale du curé Laurent – Photographie de C. Warzée en février 2023
Acte de sépulture du curé Laurent – Extrait du registre de la paroisse St-Remy – 1766

1767-1777 : Nicolas DUTRONCQ

Nicolas Joseph Dutroncq est né à Renlies le 09 janvier 1714, fils de Brice François et Marie Catherine Fosset.

L’église de Hantes fut restaurée sous son pastorat en 1772 comme en atteste un chronogramme inscrit sur une banderole au plafond du chœur : « Deo regi saeCVlorVM InVIsEbILI gLoria. »

Sa pierre tombale, dans l’église, porte cette inscription :

« Hic jacet dom Nocolaus Dutroncq ex Renlies, ingenio pollens est parochianorum amor qui per 10 et hujus loci per 9 annos provide et vigilante utrasq Rexit ecclesia obiit 14 de Augusti 1777 aetatis 63. RIP »

Pierre tombale du curé Dutroncq – Photographie de C. Warzée en février 2023
Acte de sépulture du curé Dutroncq – Extrait du registre de la paroisse St-Remy – 1777

1777-1803 : Jean Joseph DELATTRE

Acte de baptême du curé Delattre – Extrait du registre de la paroisse St-Remy – 1738

Jean Joseph Delattre naquit à Hantes le 13 mai 1738, fils de Joseph, fermier des dames de la Thure et bourgmestre du village, et de Marie Angelinne Halbrecq.  Il fit ses humanités à Thuin au collège de l’oratoire.  Il entra dans cette congrégation et fit un an de philosophie à Mons, puis enseigna durant cinq ans aux collège de Bavay et de Soignies.  Il étudia ensuite la théologie à Mons, puis à Louvain, puis encore deux ans à Mons.  Il fut ordonné prêtre à Tournai le 22 décembre 1764 par Mgr de Salm.  Il fut curé de Saint-Sauveur et obtint la cure de sa paroisse natale en 1777.  Dans le registre paroissial, il consigna la note suivante :

Au moment de la révolution Jean Joseph Delattre prêta le serment de la haine à la royauté, comme la plupart des autres curés du concile de Thuin, et s’attira par cet acte l’hostilité d’un grand nombre.  Il se rétracta en 1802 entre les mains de Mgr de Méan et fut nommé en 1803 à la cure de Sars-la-Buissière où il décéda le 19/07/1810.

1803-1810 : Gilles-Auguste MAYOLEZ

Né le 14 mars 1736 à Ghoy-la-Buissière, Gilles-Auguste Mayolez fit ses humanités au collège de Binche.  Ses parents, Gilles et Bethléem Romarin, étaient négociants d’ardoises et de marbre.  Il étudia la philosophie durant deux ans à l’Université de Douai et la théologie durant quatre ans au séminaire de Beuvrages.  Il fut ordonné prêtre le 19.12.1761 par Mgr d’Higneville de Milliancourt, évêque auxiliaire de Cambrai.  Il fut nommé coadjuteur à Frameries en 1762, puis vicaire à Angre et Onnezies en 1765.  En 1776, il obtint la cure de Sars-la-Buissière et, en 1803, celle de Hantes-Wihéries.  En 1810, il retourna à Sars-la-Buissière où il décéda le 14.12.1829 à l’âge de 93 ans.

1810-1812 : Augustin DELFOSSE

Né le 21.9.1753 à Wodecq, Augustin-Ghislain Delfosse fit ses humanités à Ath.  Il étudia la philosophie durant un an et demi à l’Université de Douai et entra à l’abbaye de Bonne-Espérance, où il fut reçu sous le nom de Frère Jean-Baptiste et où il étudia la théologie durant sept ans.  Il fut revêtu de l’habit religieux le 26 juin 1775, fit profession le 27.9.1778 et fut ordonné prêtre le 18.9.1779.  Durant quatre ans, il remplit à l’abbaye les fonctions de sacristain, puis fut nommé vicaire, d’abord à Courcelles en 1786, puis en 1793 à Anderlues, où il demeura et continua à exercer son ministère durant la révolution.  Il fut nommé curé de Croix-lez-Rouveroy en 1808, puis de Hantes-Wihéries en 1810, et enfin de Thoricourt en 1812.  Il démissionna en septembre 1826 et fonctionna encore comme vicaire à Bois-de-Lessines durant un an.  C’est là qu’il décéda le 5.6.1831.  Il avait fondé dans l’église de Vellereille-les-Brayeux deux obits solennels pour lui et ses confrères religieux, et quatre messes en l’honneur de Notre-Dame de Bonne-Espérance.

1812-1815 : Charles-François SURY

Charles-François SURY naquit à Mons le 5.2.1741, fils de Pierre Louis et Catherine Preis.  Il fit ses humanités au collège des Jésuites dans sa ville natale et entra dans l’ordre des Récollets, où il étudia la philosophie durant deux ans et la théologie durant quatre ans.  Il fut terminaire durant huit ans au couvent de Troisvierges (G.D. Luxembourg), puis occupa la chaire de la cathédrale d’Anvers durant un an, et celle de la cathédrale de Namur durant trois ans.

Prédicateur éminent, il exerça encore le ministère de la Parole dans les collégiales d’Andenne et de Sainte-Waudru à Mons durant plusieurs années.  En 1794, il obtint d’entrer dans le clergé séculier.  Il fut vicaire, puis curé de Boussu en 1796, desservant en même temps la paroisse d’Hornu dont le curé avait prêté le serment de haine à la royauté.  En 1803, il obtint la cure de Merbes-Sainte-Marie ; en 1807, celle de Froidchapelle et enfin en 1812, celle de Hantes-Wihéries, où il décéda le 20.12.1815.

Pierre tombale du curé Sury – Photographie de C. Warzée en aout 2016

Représentation du crâne et des os au bas de la dalle:

Le crâne et les os allongés sont l’image réaliste de ce qui restera du corps.

Ceux-ci étaient les éléments de la dépouille qui, généralement constituaient les ossuaires, constructions correspondant à la préoccupation de la Résurrection.

Si les os allongés sont identifiés comme les tibias, ils suggèrent la terre, en opposition au crâne, l’organe le plus proche du ciel.

1816-1837 : Pierre-François ANDRE

Pierre-François-Louis André est né à Thuin le 10 juin 1766.  Il fit ses humanités au collège des Oratoriens dans sa ville natale.  Après avoir étudié la philosophie à l’Université de Douai, il revint à Thuin où il continua ses études durant quatre ans.  Il devint bénéficiaire du chapitre Saint-Théodard de Thuin et fut nommé vicaire de la paroisse de Thuin le 30 avril 1793.  Après 1803, il fut vicaire à la fois à la Ville-Haute et à la Ville-Basse.  Suite à une réclamation de la municipalité de Thuin, l’évêque de Tournai décida par sa lettre du 9.3.1804 que le vicaire prêcherait alternativement dans les deux églises.  La ville lui avait alloué un traitement de 300 francs par an.  Il fut nommé en mars 1816 à la cure de Hantes-Wihéries, où il mourut le 3 avril 1837.  Julienne André, au service de son frère curé, était décédée le 1er mars 1834 en la cure de Hantes.

Acte de décès du Curé André en 1837 – Extrait des registres d’état-civil de la commune

1837-1861 : Henri-Joseph LECLERCQ

Henri-Joseph Leclercq est né à Binche le 25.11.1806, fils de Dominique, distillateur, et Sophie Françoise Mercier.  Il fut ordonné prêtre le 1.8.1835.  Vicaire à Saint-Ghislain durant deux ans, il obtint la cure de Hantes en 1837 et démissionna en 1861 pour prendre sa retraite à Binche, où il décéda le 20.11.1878.

1861-1882 : Melchior COLLIGNON

Melchior Collignon naquit à Namur le 12.2.1812 et fut ordonné prêtre à Tournai le 19.9.1846.  Il fut vicaire à Givry, puis curé à Bray en 1857.  Nommé à la cure de Hantes-Wihéries en 1861, il se retira en 1882 et décéda à Binche le 8.1.1892.

Nous pouvons vous raconter deux anecdotes concernant le curé Collignon.

Disparition des archives

En juillet 1879, faisant suite à une dépêche du Ministre de la Justice, le curé Collignon s’adresse au Président de la Fabrique d’église :

Monsieur le Président. L’état des libéralités faites à la Fabrique d’église d’Hantes-Wihéries avec les renseignements réclamés par la dépêche de Mr le Ministre de la Justice en date du 14 décembre 1878, n’est pas encore terminé et je ne puis vous dire l’époque où j’aurai dûment rempli cet état.

Rappelons que la libéralité est un acte par lequel quelqu’un procure à autrui un avantage sans contre partie. Un document rédigé entre les 2 parties.

Vous le savez comme moi, Monsieur le Président, lors de la première invasion des Français (1792) la plus grande partie des archives a été cédée par divers habitants d’Hantes. Plusieurs autres ont été égarées par la négligence du Sieur Miot, ancien receveur de la Fabrique et sans la vigilance de Mr Lengrand, bourgmestre, nous aurions perdu le reste. Il faut donc pour procurer ces renseignements que : 1° Je m’adresse à plusieurs familles 2° Que je parcoure tous les anciens comptes et autres papiers 3° Que je m’adresse à la mémoire de quelques vieillards qui puissent m’éclairer sur cet objet.

Ce n’est pas la besogne qui m’effraie poursuit le curé Collignon ; j’étudie ces vieux papiers avec grand plaisir mais il me faut le temps de parfaire cet ouvrage.

Finalement en juin 1880, le bourgmestre s’adresse au Gouverneur de la Province et lui avoue que la Fabrique d’église ne possède plus les titres relatifs aux libéralités car les renseignements font défauts . La Fabrique restait néanmoins propriétaire de ces biens.

Accusations

En novembre de cette même année de 1879, le curé Collignon allait devoir faire face à une accusation de pratique illégale de la médecine de la part d’une certaine Adèle Desorbay, parente de l’institutrice de l’époque. Après enquête auprès des membres de sa famille, le bourgmestre s’adressa au Procureur pour lui signifier que cette dame était atteinte d’aliénation mentale. Elle voulait que son frère quitte femme et enfants pour aller habiter avec elle à Renlies. « Pour sauver son âme » disait-elle… »

Plus de peur que de mal pour notre brave curé Collignon.

1882-1885 : Alphonse CORNET

Alphonse Cornet est né à Frameries le 19.8.1846, fils de Alexis, employé de charbonnage, et Marie Augustine Coupez.  Il a été ordonné prêtre le 4.6.1871.  Après avoir été vicaire à Houdeng-Goegnies, puis à Sivry, il fut nommé à la cure de Hantes en 1882.  En 1885, il devint pour 34 ans curé de Grand-Reng.  Il fut ensuite aumônier de l’Ecole des Arts et Métiers d’Erquelinnes, dirigée par les Frères des Ecoles chrétiennes.  Il prit enfin sa retraite à Frameries, où il décéda le 6.9.1929.

Dans sa séance du 20 février 1884, le Conseil de la fabrique d’église de Hantes-Wihéries, en présence du curé Alphonse Cornet, membre de droit, décide de vendre une parcelle de terrain (section B 175) à César Riche-Dubois, brasseur, pour le prix de 868 francs.  Le produit de cette vente sera affecté aux travaux du presbytère qui menaçait sur certains points de tomber en ruine.

Le 1er avril 1885, toujours en présence du curé Cornet, le Bureau des Marguilliers de la Fabrique d’église, considérant que les ressources actuelles de la -dite fabrique ne lui permettent plus de remplir convenablement les obligations et charges que la loi lui impose, décide que toute chaise placée dans l’église sera frappée d’une taxe annuelle d’un franc payable d’avance par son propriétaire. L’échéance aura lieu le 31 décembre de chaque année. Passé cette échéance, le bureau se réserve le droit de faire expulser les chaises dont la taxe n’aura pas été payée. Le règlement sera affiché dans l’église.

1885-1888 : Jean-Louis BASTIN

Né le 1.3.1851 à Luttre, Jean-Louis Bastin fut ordonné prêtre le 10.10.1875.  Après avoir été curé de Hantes, il occupa le presbytère de Péronnes-lez-Binche où il décéda le 7.12.1892 à l’âge de 41 ans.

1888-1894 : Jules-César PLISSART

Né le 28.3.1836 à Grandmetz, Jules-César Plissart fut ordonné prêtre le 18.6.1859.  Il fut curé de Quévy-le-Petit en 1873, de Peissant en 1885 et enfin en 1888 de Hantes-Wihéries.

En séance du 6 octobre 1889, le Conseil de la Fabrique d’église, considérant la diminution des  revenus de la Fabrique et que ceux-ci sont devenus insuffisants pour subvenir à ses besoins et considérant que le placement des décorations et des tentures funèbres dans l’église occasionnent des dégradations qui augmentent les charges de la Fabrique, décide à l’unanimité : Un droit de cinquante francs sera payé à la Fabrique d’église de cette commune chaque fois qu’aux funérailles il sera fait usage des décorations et des tentures funèbres.

Après le décès du curé Plissart, le 11.4.1894, un certain curé Van Haeren fut désigné comme desservant provisoire.

Acte de décès du Curé Plissart en 1894 – Extrait des registres d’état-civil de la commune

1894-1904 : Jean-Louis CARBON

Né à Rumes le 18 avril 1837, Jean-Louis Carbon fut désigné en 1894 pour la paroisse de Hantes-Wihéries, où il décéda le 27 juillet 1904.

C’est en séance du 15 novembre 1894 qu’apparait le nom de Louis Carbon .

Le 2 avril 1899, le bureau des Marguilliers de la Fabrique d’église arrête comme suit le tarif de la sonnerie des cloches aux funérailles.

Le curé Louis Carbon décède le 27 juillet 1904.

Acte de décès du Curé Carbon en 1904 – Extrait des registres d’état-civil de la commune

Il laissait un testament fait le 24 septembre 1902 par devant Maître Quintens, notaire à Solre sur Sambre, par lequel il lègue à la Fabrique d’église de Hantes-Wihéries la somme de trois cents francs à charge de faire célébrer chaque année, à perpétuité, à l’heure ordinaire de la paroisse, un obit pour le repos de son âme.

Le registre de la fabrique d’Eglise mentionne ceci à propos de ce don :

« Attendu que d’après l’arrêté royal du 12 mars 1880, le tarif pour un obit annuel à l’heure ordinaire fondé par disposition testamentaire est fixé comme suit :

  • Le célébrant    3,50 frs
  • Le clerc             1,75 frs
  • L’enfant de chœur   0,20 frs
  • Les droits de la Fabrique  1,75 frs
  • Total 7,20 frs

Attendu qu’une somme de 300 francs convertie en fonds publics belges produit un intérêt annuel de 9 frs ;

La Fabrique décide d’accepter le legs comme avantageux, sous réserve d’approbation. Le trésorier fera le nécessaire pour soumettre la présente délibération à l’avis du Conseil communal et également d’obtenir les pièces à produire devant l’autorité diocésaine. »

Le curé Carbon avait déjà, en 1903, fait construire sur fonds propres, la chapelle de Wihéries à l’emplacement de l’ancien cimetière.

1904-1907 : Noël TENRET

Né le 25.12.1864 à Rance, Noël Tenret fut ordonné prêtre le 25.2.1888.  Vicaire à Fontaine-l’Evêque (Saint-Vaast), puis à Chimay, il devint curé de Hantes en 1904, puis en 1907 de Seloignes, où il décéda le 8.5.1929.  Berthe, sœur du curé, habitait elle aussi au presbytère et devait probablement s’occuper du ménage.

1907-1919 : Emile MONSEUX

Né le 8.10.1872 à Bassily, Emile Monseux fut ordonné prêtre le 31.12.1895.  Après avoir enseigné au collège de Binche et à l’Ecole Commerciale et Consulaire de Mons, il fut vicaire à Quaregnon, La Bouverie et Quiévrain.  Nommé à la cure de Hantes en 1907, il la quitta pour celle de Neufvilles (La Gage) et enfin pour celle de Strépy, où il décéda le 9.11.1933.

Son nom apparait en séance de la fabrique d’église le 5 avril 1908.

Comme nous l’avons déjà expliqué dans l’article sur l’histoire de l’école communale, les relations entre les paroissiens ainsi que la commune et le curé Monseux n’étaient pas au beau fixe.  On peut ressentir l’ambiance tendue de cette époque dans le registre de la fabrique d’église qui relate ceci :

« 6 avril 1913 : Problèmes entre l’administration communale sauf le bourgmestre et la fabrique d’église à propos de la propriété de la chapelle du Calvaire.  Chacun revendiquant la propriété, la fabrique estimait qu’il y avait lieu de faire cesser l’entreprise faite par la commune et d’intenter une action possessoire.

Le ton se durcit :

Le 15 août 1913 vers 2h de l’après-midi, le sieur Brunebarbe échevin s’est introduit dans la chapelle du Calvaire, a fait décrocheter la porte d’entrée par Melkior serrurier, a fait sauter le tronc et a enlevé le montant des offrandes.  Constatation a été faite par la gendarmerie d’Erquelinnes.  Le Conseil de fabrique émet l’avis de poursuivre les sieurs Brunebarbe et Melkior pour vol, sacrilège et profanation. »

1919-1940 : Joseph BERTEAUX

Né le 4 avril 1880 à Thuin, Joseph Berteaux fut ordonné prêtre le 9 juin 1906 à Tournai par Mgr Walravens.  Après avoir été vicaire à Morlanwelz et chapelain à Lobbes-Bonniers, il fut curé de Hantes et décéda à Thuin le 13.11.1940.

Pierre tombale du curé Joseph Berteaux inhumé dans le cimetière de Thuin

Son nom apparait en séance de la fabrique d’église du 4 avril 1920.

En 1921, le curé Berteaux fait la proposition au Conseil de Fabrique d’interpeller l’Administration communale à propos de la réfection de la toiture de l’église détruite au bombardement du 24 août 1914.  Il se félicite de l’état d’avancement des travaux mais, par l’intermédiaire de la Fabrique, il prie d’urger la besogne avant les pluies habituelles d’automne et attire l’attention sur l’état de vétusté des échelles et des rampes intérieures de la tour de l’église.  Un curé soucieux de son patrimoine en quelque sorte.

La lettre adressée à l’Administration communale signale également qu’en ce qui concerne les dépenses habituelles du culte, à force d’économies, celles-ci sont assurées sans avoir recours aux subsides de la commune mais qu’il faut aussi reconnaitre hautement que la générosité des catholiques pratiquants d’Hantes-Wihéries a aussi aidé dans une large mesure [sic].

Un curé fédérateur à n’en pas douter.

C’est également grâce à la générosité des paroissiens, qu’en 1923 , la Fabrique pu acheter un plancher d’église d’une valeur de 1000 francs financé à trois quart par cette générosité.  Le curé Berteaux fut chargé d’expédier le projet d’assurance du mobilier d’une valeur de trente mille francs.

En 1931, Madame Lucile Gillon  propriétaire du château d’Hantes, remet entre les mains du curé Berteaux, les clefs de la tribune avec pouvoir d’en user mais avec la réserve d’y laisser deux chaises à sa disposition.  Il faut savoir qu’au préalable, cette pièce située à gauche du cœur permettait aux châtelains d’assister à la messe sans être vus et sans être en contact avec les autres fidèles.  Ce privilège date très probablement de la reconstruction de l’église en 1772 où la famille de Robaulx avait dû largement financer ces travaux.

En 1939, le Conseil de Fabrique estime que Mr le curé Berteaux ferait bien de faire une nouvelle démarche auprès de Mr le Bourgmestre pour lui signaler l’état de la flèche du clocher. Le 2 juillet 1939, le bourgmestre ,Admire Delfosse, répond qu’il fera ce qu’il pourra pour activer les travaux de réparation au clocher et aux gouttières.

1940-1946 : Louis DELMEE

Né à Houtaing le 16.10.1897, Louis Delmée fut ordonné prêtre à Tournai par Mgr A. Crooij le 6.8.1922.  Vicaire à Braine-le-Comte depuis 1937, il fut nommé curé de Hantes en 1940.  En 1946, il fut nommé à la cure d’Anvaing et prit sa retraite en 1969 à Ransart.

C’est lors de la réunion de la fabrique d’église du 6 octobre 1940 qu’apparait le nom du curé Louis Delmée.

Le 5 janvier 1941, le curé fait savoir au Conseil de Fabrique qu’il a placé un feu continu dans l’église et qu’il ne réclamera rien à la Fabrique pour régler cette installation.  Pour le charbon, il se contentera de collecter chez les paroissiens afin de payer ces frais.  A l’avenir si la situation de la Fabrique devient prospère il lui demandera d’intervenir.

En réunion du 2 janvier 1944, le curé Delmée met le Conseil de Fabrique au courant de l’enlèvement des cloches et des pièces justificatives de cet enlèvement. Un procès -verbal ayant été dressé par Mr Deflandre, huissier de justice à Merbes-le-Château. Les dégâts étant toutefois insignifiants. Le Conseil apprend ensuite qu’il va être question prochainement de la réquisition des tuyaux d’orgue. Le curé Delmée va chercher à échapper à cette réquisition dans la mesure du possible.

Voici la note laissée par le curé Delmée à propos de l’enlèvement de la cloche :

A la conférence des prêtres du 4 mai 1943, Monsieur le Doyen nous transmit l’ordre de l’autorité allemande concernant le recensement des cloches. Pour y répondre nous avons du remettre toutes les caractéristiques de ces cloches, hauteur, diamètre, poids, inscriptions, âge et nom du fondeur. Ces détails pour nos deux cloches furent remis à Mr le Doyen quelques jours après.

Sur la plus grosse on lit : j’appartiens au village de Brugelette. Fait en 1744. Je m’appelle Marie-Joseph. J’ai pour parrain Denis Joseph Demarbaix et pour marraine Marie Catherine Libion épouse de Gaspard Hanoteau, censier.

Sur la plus petite on lit : j’appartiens à la ville et communauté de Saint Ghislain. Quoique non animée, la bénédiction m’a été accordée. Je fus et serai Louyse pour servir Dieu et son église. Mes parrain et marraine sont le sieur Simon Wanicq greffier de cette ville et dame Brigitte Carpelle. Anno 1772. (Albert Noël)

L’une de ces cloches provenait de la chapelle de Wihéries.

Vers la mi-juillet, un samedi vers 10 heures , on me signala la présence d’un feldwebel allemand (équivalent à un adjudant et bien souvent commandant une compagnie) au clocher. A sa descente, il m’informa qu’une équipe d’ouvriers viendraient enlever la grosse cloche.

Ayant appris que les allemands ne prenaient pas les cloches antérieures à 1730, étant donné que la grosse date de 1744, j’ai tenté de la préserver en écrivant à Anvers au Comité chargé par le ministère des Sciences et des Arts de veiller sur nos cloches historiques.

Le 9 novembre avant midi, un camion de la firme Van Campenhout d’Haren-Nord, avec 7 à 8 hommes et d’un feldwebel allemand arrivait procéder à l’enlèvement . Je fus agréablement surpris d’apprendre par le chef ouvrier qu’il avait ordre de prendre la petite cloche et non la grosse cloche. C’était la réponse à ma requête auprès du Comité d’Anvers.

L’enlèvement terminé, un reçu provisoire sur papier rose barré de vert me fut remis, daté de Charleroi le 9 novembre 1943.

Un reçu définitif de la Kreiskommandatur de Charleroi daté du 1er décembre 1943 me parvint ensuite avec les mêmes indications que le précédent mentionnant en plus le poids de 460 kilos.

Monsieur le huissier Emile Deflandre fit un constat le 17 novembre 1943 des dégâts occasionnés à l’église par cet enlèvement.

La procession du 15 août 1945

Le dais de procession utilisé par le curé Delmée lors de la procession du 15 août 1945 était un baldaquin mobile qui abritait le Saint sacrement. Il était constitué d’une armature en bois munie de 4 hampes, couverte d’un ciel de lit et de quatre pentes ornées de broderies. Le prêtre portait l’ostensoir ; une pièce d’orfévrerie destinée à contenir l’hostie consacrée et à l’exposer à l’adoration des fidèles. Lorsque le prêtre installe l’hostie consacrée dans la lunule, il la soustrait au regard des fidèles grâce au voile huméral et celui-ci ne touche la monstrance (ostensoir) qu’avec ce voile (comme sur la photo).

Entourant le baldaquin au 1er plan : Julien De Temmerman suivi de Marcel Dubois, à gauche (sur la photo) Edgard Brulez et derrière lui Georges Warzée.

A l’avant de la procession, se trouvait le groupe des filles portant la statue de la Vierge.

De gauche à droite : Rachelle Clippe, Marie Mouchart, Béatrice Fourdrain, Bertha Meunier et Alexisa Philippe. A l’arrière : Paulette et Denise Huart.

A l’arrière sur la photo, on reconnait cette bannière de procession.

Une des quatre pentes ornées de broderies différentes

L’ostensoir porté par le prêtre, contenait dans la lunule centrale l’hostie consacrée.

1946-1949 : Jean TONDEUR

Né le 15.3.1906 à Villers-Saint-Ghislain, Jean Tondeur fut ordonné prêtre à Tournai le 27.7.1930.  Il fut d’abord vicaire à Jumet (Chef-Lieu), puis chapelain de Jumet (Heigne) en 1935.  En 1939, il est nommé vicaire à Châtelineau et fut curé de Hantes de 1946 à 1949, puis de Ronquières de 1949 à 1977.  Il fut ensuite aumônier de la maison de repos de Braine-le-Comte.

Lors de la réunion du 28 avril 1946, le nom de J.Tondeur apparait.

Le 2 octobre 1949, le Conseil apprend avec satisfaction que la réfection de la toiture du clocher, la révision des toitures et la réfection des bacs va commencer incessamment ; ce n’est pas trop tôt ni sans besoin ; le coq sera remis en place. Le dossier est établi pour le remplacement de la cloche enlevée par les allemands.

Le 23 octobre de cette année, un maître ardoisier, après avoir collecté dans le village et porteur du coq enrubanné de rubans de toutes les couleurs, replaça le coq au faîte du clocher aux accents de Vers l’Avenir et de la Brabançonne.

Le maître ardoisier porteur du coq enrubanné

La liesse populaire et le groupe des musiciens. La salle du café des sports nouvellement agrandie avec les briques de l’ancienne brasserie.

Ces hymnes étaient exécutés par un groupe de musiciens de l’Harmonie l’Union, de la commune.

Certains musiciens se trouvant à l’intérieur de la tour tandis que d’autres se trouvaient à l’extérieur sur un échafaudage à la base du clocher.

Michel Pieront, neveu d’Hector Thon, ancien bourgmestre de Hantes nous a fait part d’une petite anecdote amusante concernant le curé Tondeur: « juste après la guerre , l’abbé s’est fait arrêter par la douane dans le train vers Jeumont.  Il était en possession de parfum de contrebande.  Sur ce , l’évêque l’a éloigné des tentations et il est devenu curé de Ronquières. »

1949-1958 : Hubert MENAGER

Né le 9 avril 1908 à Thuillies, Hubert Ménager a été ordonné prêtre à Tournai le 28.7.1929.  Vicaire à Thuin (Ville-Haute) en 1936, puis curé de Hantes en 1949, il fut nommé à la cure de Sivry en 1958 et prit sa retraite à Froidchapelle en 1974.

Au centre de la photo et à gauche l’abbé Ménager. Derrière, le curé Maurice Delbruyère (le jour de son ordination en 1950) et le suivant, sa maman. A droite de la photo: Arsène Polet, son épouse et la petite Danièle.

Le 5 mars 1950, arrivée du curé Hubert-Joseph Ménager. Ce jour- là, on apprend que le dossier de notre cloche, volée par les allemands, commencé le 20 octobre 1948 et délaissé jusqu’à ce jour, vient d’être composé en son entier et comprend l’attestation ministériel de la disparition définitive de la cloche A VI 498 pesant 460 kilos, l’estimation 1939 de la cloche et de son placement dans la tour de l’église par le fondeur Michiels de Tournai.

Finalement, le Conseil de Fabrique décide de faire appel, pour l’adjudication, à chacun des quatre fondeurs belges.

Les communions de 1956

1 – Claudine Gillard ???

2- Clothilde Binamé

3 – Marie- Thérése Govens

4 – Andrée Hennebert

5 – Le curé Ménager

6 – Jacques Germain

7 – André Hennebert

8 – jean-Michel Sebbe

9 – Pierre Vandendaele

10 – Christian Binamé

11 – Marcel Lison

12 – Gérard Wallemme

13 – René Debonnet

14 – Georges Wallemme

15 – Jacqueline Hachez

16 – Ginette Glicard

17 – Marcel Cuvelier

18 – Marie Térèse Hennuy

19 – Elvire Schneider

20 – Claudine Demest

21 – Jocelyne Robaux

1958-1963 : Joseph BAUDSON

4 octobre 1959 arrivée du curé Joseph Baudson

Lors de la réunion extraordinaire du 22 janvier 1961, le Conseil à l’unanimité propose d’accepter la soumission de la firme Michiels et la plus avantageuse pour la somme de trente- quatre mille cinq cents francs.

La mission de 1961

Durant 2 semaines, le curé Joseph Baudson organisa une Mission au sein de notre paroisse.

Une mission paroissiale est une retraite spirituelle « dans la vie courante » adaptée aux communautés paroissiales, particulièrement dans les paroisses de campagnes. Durant généralement plusieurs jours ou même toute une semaine, elle consiste en une série d’exercices spirituels (processions, adoration du Saint-Sacrement, récitation du chapelet, confessions, messes, etc..) Souvent une croix ou large crucifix, était érigé en un lieu public comme mémorial de la mission.(Wikipedia)

En août 1982, Léon Warzée, membre de la Fabrique d’église, avait invité les autres membres à assister à la cérémonie organisée par les « Frères de Châtelet » en vacances à la Ferme de Grand Pré et au cours de laquelle ils se proposent de replanter la « Croix de la Mission » détériorée par les intempéries et restaurée par les soins de Léon Warzée.

40 ans plus tard, le 29 mars 2022, la Croix est complétement remplacée par Léon et Alain.

Le 29 avril 1962, suite au décès de Mr Michiels, la Fabrique décide de recommencer la procédure légale et de faire une fois de plus appel pour le remplacement de la cloche aux fonderies de cloches connues dans le pays.

La firme Marvana de Vichte s’avéra être la plus avantageuse avec un prix de 45 540 frs, cloches placées, majorées de 6500 frs pour accessoires pour un total de 52040 francs.

Le 22 mars 1963, lors de la fourniture de la cloche, c’est le curé Joseph Baudson, délégué par la Fabrique, qui se rendra avec le camion amenant la cloche à la bascule publique tenue par René Jouve à Solre sur Sambre et il y a été constaté que le camion pesait 4170 kilos. Après déchargement de la cloche, il s’est de nouveau rendu à la même bascule publique et il a été constaté que le camion sans la cloche ne pesait plus que 3710 kilos, soit une différence de 460 kilos, poids net de la cloche sans le battant. Celui-ci pèse 13 kilos. Le curé Baudson remis le ticket de bascule aux fabriciens.

Les travaux de suspension de la nouvelle cloche étant actuellement terminés, la Fabrique d’Eglise reconnait que tant la cloche elle-même que les travaux de suspension dans le clocher donnent entièrement satisfaction.

1964-1969 : Jean BAUDSON

Né à Fontaine-Valmont le 12 juin 1921 et ordonné prêtre le 29.7.1945, Jean Baudson fut vicaire à Erquelinnes (Sainte-Thérèse), puis à Jumet (Chef-Lieu) en 1948.  Curé de Boussu-lez-Walcourt en 1953, de Hantes en 1964, professeur de religion à Rance, Mons et Jemappes de 1968 à 1978.  Il fut ensuite animateur de la pastorale des malades à Mons et résidait à Erbisoeul.

Monsieur l’abbé Baudson avait été installé dans la paroisse de notre village le 26 janvier 1964.  Durant les cinq années passées à Hantes, l’abbé Jean Baudson déploya une activité vraiment débordante qui lui permit de faire du village une véritable communauté où tous, croyants et incroyants tentaient de vivre fraternellement. Il éditait de ses mains, un journal paroissial hebdomadaire et fut à la base de la restauration de l’église Saint-Remi. En effet, en date du 2 octobre 1966, pour la peinture de l’église, le Conseil de Fabrique avait pris connaissance du devis de Mr Lerot et regretta de ne pouvoir disposer de la somme minimum de 137.720 frs ou de 170.663 frs (dépenses maximales) et décida de faire repeindre l’église si de la main d’oeuvre bénévole se présente. Cette restauration commencée fin 1966 permit à de nombreux travailleurs volontaires ayant œuvrés durant de longs mois, de doter le village d’un sanctuaire remarquable où toutes les richesses historiques et archéologiques furent misent en valeur avec infiniment de goût.

Le curé Jean Baudson

Une partie des bénévoles. Ci-dessous Andrée Warzée et en dessous Madeleine Thon et Huberte Goven

Durant le ministère du curé Jean Baudson, on assiste à la fin du Concile Vatican II. Commencé le 11 octobre 1962, il s’achève le 8 décembre 1965 et va entraîner nombre de changements au sein de l’église catholique romaine. Dorénavant, le prêtre qui tournait le dos aux fidèles ne dit plus la messe en latin depuis l’autel du fond du coeur (1) mais bien sur un autel proche des paroissiens et autour duquel on peut tourner (2). Les bancs de communion derrière lesquels les participants communiaient agenouillés vont disparaître (3). La chaire de vérité (coin inférieur droit sur la photo du haut) redescend pour être visible de toute l’assemblée (4). Disparition du coeur des flambeaux de procession (5). Les saints ont disparus du coeur de l’église (6). Le curé Jean Baudson avait profité des travaux de 1966 et 1967 pour effectuer tous ces changements.

1969-1982 : André MEULEMANS

Né à Couillet en 1920, André Meulemans entre chez les Chanoines Réguliers de Latran, où il fut ordonné prêtre en 1943.  Nommé curé de Hantes-Wihéries en 1969, il a quitté cette paroisse en juillet 1982 pour celle de Gerpinnes.

C’est le 14 décembre 1969, après la prière récitée par le Président Marcel Hennuy, que celui-ci adresse au nouveau curé Dom André Meulemans, les souhaits de bienvenue dans la paroisse. Le nouveau curé prend ses fonctions de secrétaire de la Fabrique d’église.

En 1972, on procéda au replacement des grillages des fenêtres de l’église et en 1973, on fit réparer les orgues.

En 1980, le curé Meulemans fait remarquer la vétusté, le froid et l’humidité qui règne à la cure. La nouvelle administration communale et son échevin des travaux, Mr Molord, ne sont pas opposés à ce que l’on réalise les travaux nécessaires. En 1981, les travaux sont réalisés et consistent en un placement de chaudière, une douche et une meilleure isolation. Le receveur communal de l’époque ayant toutefois refusé le paiement d’un radiateur électrique prétextant que c’était un bien meuble qui pouvait être emporté …

Le curé Meulemans
L’abbé Meulemans habitait à la cure au 16, rue de l’église – Cachet postal de 1980

Les différents curés après la désaffectation de la cure

1983 : Gustave COLLET

A partir de 1983, l’abbé Gustave Collet est responsable de la paroisse de Hantes-Wihéries.  Né à Montigny-le-Tilleul en 1921 et ordonné prêtre le 27/08/1947, il était curé de Merbes-le-Château entre 1969 et 1982.  Il est décédé à Bruxelles le 20 juillet 1998.

C’est le 25 avril 1983 que , avant de passer à l’ordre du jour proprement dit, Marcel Hennuy Président, souhaite la bienvenue à Mr le curé Collet et l’assure des dévouements des Membres de la Fabrique. Il rappelle ensuite les nombreuses réalisations de Mr l’abbé Meulemans au cours de son passage dans notre paroisse. Sur sa proposition, le Conseil marque son accord pour réserver , dans la mesure des possibilités, le petit capital laissé par l’ancien curé à une intervention éventuelle dans la peinture intérieure de l’église en insistant cependant sur le fait qu’il s’agit d’oeuvres paroissiales. Il émet alors le voeux qu’un petit mot de remerciement soit envoyé à Mr l’abbé Meulemans.

Le 2 mai 1984, après ratification par l’administration communale, le Conseil de Fabrique marque son accord pour louer la cure à une dame d’Anderlues. Cela marque la fin de plus de 200 ans d’occupation par les différents curés.

1987 : Mr le curé François

C’est le 3 septembre 1987 qu’apparait le nom du curé J. François dans la paroisse d’Hantes-Wihéries. Il assura les fonctions de secrétaire jusqu’au 17 mars 1992.

En 1997, le bâtiment de l’église est estimé à 55 millions et 920 mille francs belges ( +- 1 375 000 €) et le contenu à 5 millions de francs.

Août 1999: Mr le Doyen Ampain

13 décembre 2002: Mr le Doyen Michel Myle

17 mars 2012: Mr le Doyen Michel Pleyers

30 octobre 2022: Monsieur le curé Pascal Cambier

est devenu le nouveau curé de l’unité pastorale de Solre-sur-Sambre, couvrant les entités communales d’Erquelinnes et de Merbes-le-Château.

Monsieur le Doyen Michel Pleyers (à gauche) et Monsieur le curé Pascal Cambier (à droite)

Ce travail a été réalisé par Christian et Jérôme sur base d’un article de journal écrit par l’Abbé A. Soupart dans le Journal Le rappel (Date postérieure à 1982). Les coupures de presse nous ont été prêtées par Michèle Philippe d’Erquelinnes et Jean Marc Noiret de Hantes-Wihéries que nous remercions vivement. Nous tenons également à remercier la Fabrique d’église pour son aide précieuse