L’église Saint Remi aux trésors inestimables

Notre église est consacrée à Saint Remi, Évêque de Reims au Vème-VIème s., ayant baptisé le roi franc Clovis.

Saint Remy est connu pour avoir baptisé Clovis et par la conversion officielle de la nation française. La fiole d’huile miraculeuse, apportée à Remy par la colombe, servit pendant de longs siècles au sacre des rois de France, jusqu’à la grande Révolution. On l’appelait « la sainte Ampoule ». La statue de Saint Remy présente dans l’église de Hantes-Wihéries le montre avec la fiole dans la main droite et sa crosse d’évêque dans la main gauche.

Le baptême de Clovis, huile sur toile de Dejuinne François-Louis, 1837-1840, musée national du Château de Versailles

L’église date de la fin du XVIIème s. mais elle fut réaménagée en style néo-classique au XVIIIème s., plus précisément en 1772, en intégrant une tour plus ancienne dans l’édifice.

Eglise St Remy – Tour et clocher
Eglise St Remy – Tour primitive et construction de 1772

Cependant il y eut un édifice religieux plus ancien : une église à Hantes est mentionnée en 866 dans une descriptio uillarum. De plus, dans une bulle du pape Eugène III datée de 1150, la possession par l’abbaye de Lobbes d’une église d’Hantes est mentionnée.

« Est et in Hamtas (2) Ecclesia .1. aspiciens ad Altare Sancti Petri solvens … ibi sunt de terra arabili bunr .LXI. … et in alio loco bunr .VI.« 

Le plus ancien curé connu de Hantes est l’abbé Wéry (1212).

L’église paroissiale dépendait donc de l’abbaye de Lobbes elle-même dépendant de l’évêché de Liège jusqu’en 1803. Depuis 1803, la paroisse dépend de l’évêché de Tournai.

Elle est construite en moellons calcaires parsemé de grès et encadrés de pierres de taille calcaires. Elle n’est pas très grande. Selon une légende, des manants chargés par le Seigneur d’aller chercher les matériaux de construction refusèrent de faire une église plus grande, la jugeant ainsi à leur goût, de là ses dimensions modestes.

Eglise St Remy: Une pierre de grès (de couleur ocre) maçonnée à côté d’une ancienne pierre de taille calcaire provenant probablement de l’édifice antérieur à 1772.

Eglise St Remy: Incorporée à la maçonnerie, une pierre calcaire particulièrement riche en fossiles.

Des restaurations ont eu lieu en 1900 , on dépava le chœur de l’église et on y découvrit des pierres tombales replacées sur le sentier extérieur allant de l’église au presbytère. En 1905, 3 ans après la décision du Conseil communal on effectua la réfection complète de la charpente.

Extrait du registre du conseil communal en octobre 1902
Alexandre Simon fut également l’architecte de la construction des nouvelles écoles communales

Le 24 août 1914, lors du bombardement du village, l’église et le presbytère subirent de graves dégâts. En 1937, on décapa les colonnes de pierre et on chaula les murs intérieurs. Les rénovations de 1966-1967 furent faites pendant huit mois par plus de quarante paroissiens, tous bénévoles, sous l’initiative de l’abbé Jean Baudson.  Les dépenses furent couvertes par des dons souvent anonymes des paroissiens. Plusieurs fois, l’abbé Baudson découvrit, roulés dans un billet de 20 F., des coupures plus importantes même de 1000 F. De plus de nombreux commerçants offrirent des matériaux. Ce fut un travail titanesque mais aussi un exemple remarquable de solidarité et d’esprit d’initiative.

1967, date importante pour l’Eglise Saint Remy

En 1972, quelques années aprés la rénovation , une cérémonie eut lieu au château Jaumotte (ancien château Lengrand) pour célébrer le 200e anniversaire de l’église.

Cliquez sur une des photos ci-dessous pour ouvrir le diaporama et découvrir la légende correspondante:

Ancienne carte postale – Eglise St Remy de Hantes-Wihéries

L’ensemble mesure en tout 27 m 20 cm.

La tour-porche date du XIIIème s. et était, avant son intégration à l’église du XVIIIème, une tour indépendante. Comment le sait-on ? En 1966-1967, lors d’une observation d’une fissure s’étant formée sous la voûte du clocher, l’abbé Baudson a découvert plusieurs plantes décomposées. La présence à cet endroit de végétaux prouve que la tour a été incorporée au sanctuaire lors de la restauration de l’église en 1772. La fissure, avant cette date, se trouvait à l’air libre.

Eglise St Remy: Intérieur de la tour

Lors de la restauration de 1966-1967, on découvrit dans la tour une poutre datée de 1714 ainsi que des plantes séchées.

La tour incorporée à l’église servant de porche se compose de trois niveaux :

  • un niveau aveugle, dont la base a été refaite en 1871 s’adaptant au chemin nouvellement tracé à nouveau soubassement en pierres de taille. Avant cette date, le pied de la tour allait en s’élargissant vers le chemin.
Tour de l’Eglise St Remy – Niveau aveugle
  • un 2ème niveau muni d’abat-sons fixés dans des ouïes en plein cintre,  munis de lames inclinées vers le bas, un peu comme des persiennes. Ces abat-sons ont plusieurs fonctions : protéger des intempéries la chambre des cloches et le matériel permettant leur fonctionnement ; ventiler les charpentes et renvoyer le son des cloches vers le sol.
Tour de l’Eglise St Remy – 2eme niveau et abat-son
  • La flèche en ardoise est munie aussi de 4 abat-sons. Elle est surmontée d’un coq , replacé là en 1949 après avoir fait une collecte dans le village. Lors de l’inauguration de la toiture du clocher remise à neuf, une fanfare s’installa sur les échafaudages ! Ce fut une fête incroyable au village !
Tour de l’Eglise St Remy – Flèche
Tour de l’Eglise St Remy – Le coq
L’intérieur de l’ancienne tour avec l’escalier qui mène aux cloches
Au niveau des abats-son du clocher, dernière étape avant les cloches

La livraison de la nouvelle cloche destinée à remplacer celle enlevée par les allemands en novembre 1943, eu lieu le 22 mars 1963. On peut lire, incrusté dans la cloche : « Je m’appelle Huberte Remy. Je remplace mon aînée Louise enlevée par les allemands le 9 novembre 1943. Elle invite les fidèles à servir Dieu et son … Faite en 1963 pour la Paroisse de Hantes-Wihéries »

Sur la plus grosse on lit : j’appartiens au village de Brugelette. Fait en 1744. Je m’appelle Marie-Joseph. J’ai pour parrain Denis Joseph Demarbaix et pour marraine Marie Catherine Libion épouse de Gaspard Hanoteau, censier.

A gauche du cœur, la pièce qui sert aujourd’hui de local de stockage de matériel de nettoyage, de toilette, etc… était autrefois appelée « la tribune ». Cette tribune était réservée à la famille de Robaulx qui pouvait ainsi assister à l’office religieux sans être en contact avec le commun des mortels qui se trouvait au sein de l’église. Les seigneurs de l’époque s’étaient certainement octroyé ce privilège à la hauteur du financement de la construction de l’église en 1772. Pour l’histoire, le Seigneur Ecuyer de Hantes, était François Alexandre Joseph de Robaulx de Soumoy né en 1712 et décédé en 1781. Les clefs de cette tribune furent remises définitivement à la Fabrique d’église par Lucille Gillon de Robaulx dans les années 1930.

Eglise St Remy – Vue arrière et entrée des Seigneurs de Hantes

Ci-dessus, la porte d’entrée de la tribune réservée à la famille de Robaulx.

Jadis il y avait un cimetière autour de l’église. En effet, il était de coutume d’enterrer les défunts autour de l’église. Mais à partir de 1784, suite à un décret de l’empereur autrichien Joseph II, les cimetières furent créés en dehors des villes et villages. Joseph II prit cette décision dans le cadre de sa politique d’assainissement et d’hygiène. La présence de cadavres dans les églises ou autour de celles-ci émettait une odeur pestilentielle et corrompait l’air chargé de miasmes responsables, croyait-on, de maladies, d’épidémies. C’est pourquoi dans son décret il ordonna non seulement de créer des cimetières à l’extérieur des villages, mais aussi d’enterrer les morts non pas dans des cercueils, mais dans des sacs de toile de lin, à les placer dans des fosses sans préciser leur emplacement et sans qu’il n’y ait un cortège (famille …). Seul le prêtre accompagnait le défunt. C’est ainsi que Mozart en 1791 a été mis dans un sac de lin, enterré dans une fosse, sans être accompagné, sans qu’un tombeau ne précise l’endroit où il a été enterré.

Le nouveau cimetière devint effectif en 1876 et le terrain avait été offert par la famille Lengrand; Henriette et son frère plus particulièrement.

Le 22 octobre 1876, Philogène Lengrand, bourgmestre à cette époque et au nom de l’administration locale , informe le curé Leclercq et lui fait part qu’à l’avenir les dépouilles mortelles seront déposées au nouveau cimetière.

Le curé s’opposait à la bénédiction du nouveau cimetière prétextant que dans l’ancien, il existait un coin dit des réprouvés pour y recevoir les personnes qui n’ont jamais appartenu ou qui n’appartiennent plus à l’Eglise.

L’administration se révolta contre pareille mesure , elle consenti toutefois, suite à un ancien usage, à laisser un endroit réservé pour les enfants morts sans baptême.

Ce n’est qu’en février 1915 que le  Conseil communal, pour donner du travail aux chômeurs, décide de solliciter l’autorisation des autorités supérieures allemandes de pouvoir désaffecter l’ancien cimetière en vue du dégagement de l’église.

Si les tombes ont disparu, plusieurs pierres tombales ont été conservées et scellées dans les murs de l’église tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de celle-ci.

Parmi les plus anciennes, il y a la pierre tombale de Valentin le Lonfils et de Marguerite Duquesnes. Elle date de 1585-1624 (Christ crucifié avec les défunts en adoration agenouillés et accompagnés de leur saint patron ou parrain, marraine ; très beaux piliers cannelés avec un chapiteau de style ionique). L’épitaphe se termine par ceci « Mourir contat c’est chose dure. Et ne convié à créature. »

Eglise St Remy: Pierre tombale de Valentin le Lonfils et de Marguerite Duquesnes

A côte se trouve celle sans doute de son fils Jean le Lonfils, maïeur de Hantes, et de Jeanne de Monfore, datée de 1611-1619 (même iconographie, si ce n’est que dans le fronton est représenté Dieu mitré entouré d’anges). Dieu était peu représenté, voir interdit pendant un certain temps (iconoclasme). Ce n’est qu’à la Renaissance que des artistes le représenteront.

Eglise St Remy: Pierre tombale de Jean le Lonfils et de Jeanne de Monfore

Cette pierre consiste en un panneau formé par deux pilastres cannelées supportant un fronton reposant sur deux consoles. Le sujet central est le Christ en croix ayant à ses côtés les deux défunts, agenouillés, priants. Ils sont selon la coutume de cette époque revêtus d’habit monastique. Debout derrière eux se trouvent leurs patrons ou leurs parrains (Modèle général de l’époque). En haut dans le fronton, on voit Dieu le Père mitré, entouré de nuages. En dessous, on lit en gothique : « En cest cimetière gist et repose le corps de Jean Le Lofils, en son temps maieur de Hât (Hantes) qui trespassa le 27 août 1611 et Jeanne de Monfore son espouse qui trespassa le 24 janvier 1619. Dieu aye leur âme ».

Deux statues de Sainte Barbe reconnaissable à la tour et la palme de martyre, datées de 1601 (mention de la date sur l’une d’entre elles).

Cette statue de Ste Barbe se trouve incrustée dans le mur à côté de la porte de sortie à l’arrière de l’église. La statue, fortement endommagée par les pluies acides, semble plus ancienne que celle située à l’entrée actuelle de l’église. Il est à remarquer qu’elle est également inversée. Sur l’une, la tour est à droite et sur l’autre, elle est à gauche…

Une statue de Saint Roch, ci-dessous, datée de 1600.

Eglise St Remy: Statue de Saint Roch

Contre le mur du fond de l’église, une statue de Saint Roch et son chien

L’Institut national géographique a placé un repère altimétrique en fonte, à droite de l’entrée de l’église, à 35 cm du sol : on est ici à 137, 702 cm.

Dés l’entrée dans l’Eglise, le visiteur est accueilli par différentes statues disposées en hauteur sur le mur de pierre de la tour.

En haut à droite, on trouve la Statue de Saint Remi de Reims en bois polychromé datant de l’époque 1701-1800 décrite en tout début d’article. A remarquer, derrière Saint Remy, l’arcade de style roman témoin de l’origine de la tour et dessous, la nouvelle arcade en pierres de taille, datant de 1772.

Au centre Saint Nicolas de Myre et à gauche Saint Eloi de Noyon avec son marteau.

Eglise St Remy: Statues de St Eloi, St Nicolas et St Remy

Sur le mur à droite en rentrant dans l’église, on retrouve de nouveau une statue de Sainte Barbe.

Eglise St Remy: Statue de Ste Barbe

Contre le mur de la nef droite, se trouve la statue de Sainte Catherine.

Selon la légende, durant le 4ème siècle après Jésus Christ, elle fut persécutée par l’Empereur Maxentius pour être une chrétienne trop franche et volubile. Elle fut torturée sur une roue puis décapitée en 305

Sous la statue de Saint Nicolas, on trouve d’imposants fonts baptismaux. Disposé à l’entrée de l’Eglise, ce bénitier contient l’eau bénite permettant aux fidèles de se signer (geste montrant sa foi, rompant ainsi avec l’agitation du monde extérieur pour tourner son esprit vers Dieu).

C’est en réalité les anciens fonts baptismaux de l’église de Wihéries.

Village de Wiheries: Extrait de l’album de Croy
Village de Wiheries: Extrait de l’album de Croy, La chapelle Saint Géry en 1598

A partir de 1598, le duc Charles de Croÿ décide de faire peindre toutes ses propriétés par son peintre Adrien de Montigny et son équipe. Si l’implantation des bâtiments était correcte, il ne se privait pas d’enjoliver les vues au gré de sa fantaisie.

Carte de +- 1740 représentant la quartier de la chapelle Saint Géry. A noter, les similitudes avec le dessin d’Adrien de Montigny en 1598. Comme on peut le voir sur cet extrait de carte, c’est la rivière « L’Am » aujourd’hui appelée La Hantes, qui marquait la frontière entre le village de Wihéries et le village de Hantes; distincts jusqu’en 1793 mais réellement en 1803.

Sur ce plan du cadastre primitif de 1834, on peut voir la chapelle en bleu (579) et se rendre compte qu’elle se trouvait en amont de la chapelle actuelle de Notre Dame , à une distance de +- 25 mètres de la rue de Wihéries. La comparaison avec les maisons de l’époque et toujours actuelles, nous permet d’ estimer que l’édifice faisait approximativement 15 mètres de longueur sur 7 mètres de large de quoi accueillir une trentaine de fidèles. D’après le plan, le cœur est orienté vers l’Est.

A remarquer également que le pont d’Arcole n’est pas encore construit et que l’on franchit la Hantes à l’aide d’une passerelle jetée sur un petit îlot comme on peut le voir au milieu à gauche sur ce plan. L’autre option pour rejoindre le village était d’emprunter la ruelle qui descend sur la Hantes pour continuer sur le  » Pié Voye » (une voie d’accès à pied).

Ce Pié Voye permet encore aujourd’hui de rejoindre le village à pied en cas d’inondation moyenne.

Le 11 septembre 2016, on a renoué quelque peu avec les traditions du passé puisqu’une procession fut organisée dans le but de réinstaller la statue de la Vierge au sein de la chapelle Notre Dame de Lourdes de Wihéries. Cliquer ci-dessous pour faire défiler les photos.

Via l’onglet « contact », au début du mois d’octobre 2023, nous avons reçu le message suivant : Bonsoir, pour le projet Baptisteria Sacra Index de l’université de Toronto au Canada, je cherche des informations et des images des deux fonts baptismaux dans l’église de Hantes-Wihéries. Sauriez-vous me conseiller qui pourrait m’aider ? Merci d’avance de votre opinion. Pol Herman

Nous avons repris contact avec ce monsieur qui nous a alors précisé ceci :

De par leur conception, ils sont trés rares en Belgique.Il n’existe qu’un ou deux fonts avec une forme carrée comparable (Eglise Saint Servais de Liège & Cathédrale Notre-Dame à Tournai). Peut-être que les fonts portent une marque de tailleur de pierre, qui pourrait aider à identifier sa provenance?

Nous avons alors observé minutieusement l’objet et à notre plus grande surprise, nous avons trouvé deux marques identiques gravées dans la pierre.

Monsieur Herman nous a ensuite conseillé de contacter Monsieur Jean-Louis Van Belle, directeur du Centre International de Recherches Glyptographiques (CIRG), nous précisant qu’ Il était le plus grand spécialiste belge des signes lapidaires.

Nous avons contacté Monsieur Van Belle qui a eu la gentillesse de nous répondre très rapidement : je connais bien cette marque , il s’agit de la marque de  Jacques LE VASSAL  qui vécut dans la seconde moitié du XVIe s et qui fut maître de carrière à Feluy-Arquennes. On  a retrouvé à ce jour sa marque dans une bonne vingtaine de communes en Belgique.

Très belle découverte au final et merci à ces deux messieurs.

Eglise St Remy: Marque de Jacques Le Vasssal gravée sur les fonts baptismaux

En haut à gauche des fonts baptismaux, sur le mur, le visiteur remarquera un fragment en chêne de l’abat-voix. Il surmontait la chaire de vérité, une croix était placée au milieu (voir photo de 1945). Il s’agissait d’une sorte de dôme, de dais destiné à renvoyer la voix du prêtre vers les fidèles afin de la rendre plus audible (en l’absence de micro). Il est de style Louis XIII. Il porte la date de 1646 ainsi que des initiales et le mot/nom (?) « bourgeois ». Cet artefact permet de dater la chaire de vérité !

Eglise St Remy: Fragment en chêne de l’abat-voix daté de 1646
Eglise St Remy: Chaire de vérité en 1945

Lorsqu’on passe sous l’imposante voute en pierre de taille, on pénètre dans la base de la tour. Celle-ci a été remaniée en 1621 mais sa base date du XIIIème s., plus précisément de 1200. La voûte est constituée de roches d’éclatement maçonnées.  

Eglise St Remy: Voute de la base de la tour de l’Eglise

A l’intérieur, on peut observer un imposant Christ en croix.

Eglise St Remy: Christ en croix

Il est contemporain de Charles-Quint. Il date de 1501-1550.

Il provient de l’ancienne église/chapelle de Saint Géry de Wihéries.

Il était jusqu’en 1914 suspendu à la voûte au-dessus de la nef centrale, à l’entrée du chœur. Il fut endommagé lors du bombardement le 24 août 1914 (la toiture de l’église fut détruite). La croix ne put être restaurée, aussi le Christ fut remis sur une nouvelle croix.

L’ancienne croix

Au Vème s., le Christ sur la croix est représenté triomphant (Christus triumphans) « droit, majestueux, vêtu d’un long manteau royal, les yeux ouverts, bien vivant et vainqueur de la mort ». Au Xème s., il apparaît en homme résigné (Christus patiens), puis dès le XIème s. en homme souffrant (Christus dolens) arqué sur la croix, couvert du simple perizonium sur le bassin, les yeux clos, le visage marqué, les côtes saillantes, les plaies sanguinolentes, comme c’est le cas ici. Au XVIème s., la Contre-Réforme catholique luttant contre les protestants incite fortement les artistes à représenter le Christ en croix dans une posture plus pathétique , comme ici, pour plus de dévotion, pour susciter davantage d’émotion. C’est l’époque du maniérisme. Dans les premières représentations, le Christ est percé de quatre clous (deux aux pieds et deux aux mains), puis l’iconographie des trois clous s’impose, même si c’est anatomiquement peu plausible (le maintien du crucifié sur le poteau étant rendu impossible en raison des métatarses brisés). Les trois clous sont peut-être une allusion à la Trinité. Généralement le pied droit est surimposé sur le gauche : la droite est le symbole du bien, de la justice, et cela depuis l’Antiquité.

Eglise St Remy: Christ en croix, détails

Sur la croix, on retrouve les symboles traditionnels des évangélistes.  Ces symboles sont :

En haut à gauche : l’aigle pour Jean, en haut à droite : le lion pour Marc, en bas à gauche : le bœuf pour Luc et en bas à droite : l’homme pour Mathieu. Ils sont souvent représentés avec des ailes.

Dans la base de la tour, on trouve aussi des statues de Saint Jean l’Évangéliste et de la Vierge Marie.

Ces deux statues se trouvaient à l’origine dans la Chapelle du Calvaire. Celles qui se trouvent dans celle-ci sont des copies en plâtre.

Elles sont en chêne polychromé et datent de 1491-1510.

Photo de 1945 montrant les statues originales de St Jean et Marie en bois de chêne polychromé, d’une hauteur de 69 cms.

Le bénitier

Dans le fond de l’église, près de la porte de sortie, un joli petit bénitier sculpté dans du marbre de St Anne, typique de notre région, est incrusté dans le mur. Il est daté de 1818. Autrefois, les processions sortaient et rentraient par la porte donnant sur la cure. Ce bénitier permettait de la sorte aux participants de se signer.

Eglise St Remy: Bénitier en marbre de Ste Anne
Eglise St Remy: Bénitier, détail
Eglise St Remy: Procession

Sortie de procession par la porte arrière de l’église. Les porteuses du dais de la Vierge à l’Enfant : à l’arrière gauche Paulette Huart, à l’arrière droit Denise Huart, à l’avant gauche Mireille Delfosse et à l’avant droit Bertha Meunier.

Eglise St Remy: le choeur

La couverture du chœur est constituée de fausses voûtes en berceau.

La couverture du coeur est faite au moyen d’ une ossature en bois
La couverture de la nef centrale et des nefs latérales est constituée de voûtes en briques maçonnées.
Une charpente absolument splendide

Lors de notre visite dans les combles de l’église, deux objets attirèrent notre attention. Une caisse munie d’une petite poulie et un système de contre-poids, probablement abandonnés par des ouvriers charpentiers. Cet appareillage a du servir à monter divers objets de faible encombrement. L’inscription sur la caisse « Chocolat de la Couronne – F. Wauters » nous a permis de découvrir que cette marque a été déposée le 24 novembre 1898. Il s’agit donc vraisemblablement d’objets laissés lors de la réfection de la toiture en 1905 ou lors des réparations suite aux dégâts du bombardement du 24 août 1914.

Deux éléments permettent de dater l’église :

Eglise St Remy: Blason de Paul Dubois, Père-abbé de Lobbes en 1753

Lors de la restauration de l’église en 1966, derrière le bas-relief représentant Jésus au jardin des oliviers, qui à l’origine était placé au-dessus du maître-autel, les restaurateurs bénévoles de 1966 firent une très belle découverte : un blason en stuc aux armes de Dom Paul Dubois, originaire de Charleroi, élu Père abbé de Lobbes en 1753, avec la devise « Fortiter et recte » « Avec courage et droiture ». Le blason reprend les clefs croisées, symbole de Lobbes, avec de part et d’autre la mitre et la crosse représentatifs de la fonction de Père-abbé. Ce blason est personnalisé par la présence de trois glands. La présence de ce blason souligne le rôle actif du Père abbé Paul Dubois dans la reconstruction de l’église Saint Rémi en 1772. Le curé de Hantes s’appelait alors Nicolas Joseph Dutroncq, sa pierre tombale se trouve dans le choeur de l’église.

Hantes, terres de Lobbes

En 868, le village de Hantes était une possession de l’abbaye de Lobbes.  Les abbayes de la Thure et d’Aulne y avaient aussi quelques propriétés. Et tout comme les 71 autres paroisses dépendant de Lobbes, Hantes devait se rendre une fois par an, le 25 avril, le jour de la Saint-Marc, en procession. Ce type de pèlerinage s’appelait « bancroix ». On partait au lever du soleil et on revenait en fin de journée. Seuls les fermiers les plus aisés y prenaient part. Le cortège qui arrivait le premier à Lobbes, était alors félicité par les religieux, et le prêtre qui l’avait conduit, recevait une paire de gants blancs. Les pèlerins ne se contentaient pas d’y apporter l’offrande de la bancroix (un pain et une obole) ; ils y ajoutaient une offrande commune qu’ils nommaient consortia (« cotisation ou participation » sous forme d’avoine) et une autre qu’ils nomment Maille ou obole de Saint-Pierre (= de l’argent) et qu’ils déposaient pour le salut de leur âme et pour la conservation des fruits de la terre. L’avoine servait à faire une partie de la bière des frères. Les mailles ou les oboles de Saint-Pierre servaient pour le pain et le vin de la messe. Le pain et l’obole des bancroix étaient employés pour la nourriture des frères et pour le luminaire de l’église de Lobbes.

Sur l’arc triomphal, il y a un chronogramme.

Eglise St Remy: Chronogramme

« Deo regI saeCULorUM InVIsIbILI gLorIa »

= D + I + C + V + L + V + M + I +V + I + I + I +L +I + L + I

= 500 + 1 + 100 + 5 + 50 +  5 + 1000 + 1 + 5 + 1 + 1 + 1 +50 + 1 + 50 + 1= 1772

Le bas-relief représentant Jésus au jardin des oliviers

Il était placé jadis au-dessus du maître autel. Il est plus ancien que le maître autel. Il date en effet entre 1591 et 1610. En bois polychromé.

Eglise St Remy: bas-relief « Jésus au jardin des oliviers

Il représente Pierre (à droite armé d’une épée avec laquelle il coupera l’oreille du centurion), et Jacques et Jean à gauche, tous trois endormis dans le jardin des oliviers. Seul est éveillé Jésus qui prie à genoux. Un ange lui tend un calice. Boire le calice signifie dans la tradition chrétienne que le Christ a accepté le sort qui l’attend (« Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne. », Luc, 22,42). Il boit le calice des souffrances et des péchés du monde jusqu’à la lie.

Eglise St Remy: le choeur en 1945

Sur cette photographie datant de 1945 et antérieure au Concile Vatican II qui eu lieu de 1962 à 1965, plusieurs détails intéressants sont à remarquer:

(1) Présence de la fenêtre, aujourd’hui rebouchée, qui permettait aux de Robaulx d’assister à la messe de leur tribune.

(2) Le bas-relief de Jésus au jardin des oliviers se trouvait tout en haut du maître autel. C’est derrière celui-ci que l’on découvrit en 1966 le blason de Dom Paul Dubois.

(3) La chair de vérité surmontée de son abat-sons.

(4) Des statues ornaient les pilastres

(5) Le poêle

(6) Les bancs de communion disparurent après le Concile et les travaux de rénovation de l’église en 1967

(7) Un chemin de croix ornait tout le pourtour de l’église

Eglise St Remy: Décoration de l’église lors de l’ordination sacerdotale de Maurice Delbruyère, natif de Hantes-Wihéries, en 1950.

Le Maître-autel

Il est en bois peint et sculpté et date du XVIII é siècle. Le tableau représente « Le coup de lance » et est une copie réalisée au XVIIIème s. du tableau de Pierre-Paul Rubens dont l’original datant de 1600-1640 est conservé au Musée des Beaux-Arts d’Anvers.

Eglise St Remy: Copie du 18eme du « Coup de lance » de Rubens

Le tabernacle : un cylindre tourne afin de présenter, lors de la fête du Saint-Sacrement (le 2ème dimanche après la Pentecôte), l’ostensoir contenant l’Ostie sacrée. Le fait que cet ostensoir soit caché tout le long de l’année souligne le mystère sacré de la transsubstantiation (littéralement la transformation d’une substance en une autre. Dans la théologie catholique, c’est la doctrine selon laquelle au cours de l’eucharistie, au moment de la consécration, les espèces du pain et du vin deviennent le Corps et le Sang du Christ tout en conservant les caractéristiques physiques et les apparences originales) qui s’opère lors de l’eucharistie.

Eglise St Remy: Tabernacle

A droite, tel qu’il apparaissait le 2eme dimanche après la Pentecôte avec l’ostensoir.

Eglise St Remy: Ostensoir
Eglise St Remy: Tabernacle, détails

Chi-Rho est le monogramme de Christ, constitué du chevauchement des deux premières lettres du nom grec du Christ : X et P tandis que l’Alpha et l’ Oméga sont la première et la dernière lettres de l’alphabet grec, elles indiquent que Christ est le début et la fin de tout selon la citation de l’Apocalypse.

La cuve de l’ancienne chaire de vérité (1646)

Eglise St Remy: Cuve de l’ancienne chaire de vérité surmontée de l’ambon.
Détail de la chaire de vérité

Dans la symbolique chrétienne, le dragon ailé, cracheur de feu, à la queue de serpent comme c’est le cas sur la chaire, est synonyme du mal et de satan. Ici, il apparait comme écrasé et entouré d’anges et dominé par le prêtre lors du sermon.

A l’origine, la cuve était placée en hauteur sur une colonne à droite. Mais depuis le Concile Vatican II, les chaires des églises (chaire de vérité vient du mot latin « cathedra » , « siège » qui était à, l’origine le siège où se tenait l’évêque prêchant) ont été supprimées afin de rendre les célébrations eucharistiques plus conviviales. De plus depuis l’utilisation des micros, il n’est plus nécessaire que les chaires de vérité surmontées d’un abat-voix se trouvent au milieu de la nef. La cuve sert aujourd’hui d’ambon, c’est-à-dire de pupitre pour la lecture des Saintes Écritures et la prédication.

La crédence

Eglise St Remy: Crédence
Eglise St Remy: Statue de la vierge, détails

La représentation de Marie avec un serpent sous ses pieds représente son triomphe sur le mal et son rôle dans la rédemption de l’humanité. Ce symbolisme vient de l’histoire biblique du serpent dans le jardin d’Eden, où il a tenté Adam et Eve de manger la pomme de l’arbre interdit.

Elle est de style Louis XV, datant entre 1741 et 1760, en chêne, et le plateau est en marbre (de Rance ?)

Le mot « crédence » vient du latin « credere » signifiant « croire ». A l’origine ce meuble était une table sur laquelle on déposait les mets et boissons destinés à être goûtés par un serviteur avant de les servir au maître, afin de voir si ceux-ci n’avaient pas été empoisonnés. Cela permettait de les juger « dignes de confiance ». Ici ce meuble fait office de table où sont déposés les objets (calices/ciboires, patènes …) liturgiques pour communier …

Les fonts baptismaux près de la sacristie

Le socle (la base) des fonts de 1737 date bien du 12ième siècle. C’est une base de fonts romans en calcaire carbonifère. Elle est décorée de quatre griffes d’angles sous forme de feuille lancéolée à nervure médiane. La cuve originale (maintenant disparue) était posée sur un large fût central et sur quatre colonnettes.

Eglise St Remy: Fonts baptismaux de 1737

La nef latérale gauche : l’autel est dédié à Marie, la Vierge à l’enfant.

Eglise St Remy: Nef latérale gauche, autel de la vierge Marie
Eglise St Remy: Statue de Ste Anne

L’autel est surmonté de la statue de Sainte Anne, mère de Marie.

Jadis des angelots à la trompette de style baroque surmontaient cet autel. Mais après avoir été restaurés, l’un de ceux-ci fut placé dans le chœur, au-dessus de l’ambon.

Angelot de style baroque

Sous l’étoffe blanche de cet autel, se trouve l’emplacement d’une pierre de consécration. Cette pierre rappelle que l’église avait été consacrée à la suite de la construction de l’édifice. Elle comportait cinq croix, 4 dans les coins et une au centre et faisait ainsi référence aux cinq plaies du Christ. Les plaies du Christ ou Saintes plaies sont les cinq plaies des deux mains et des deux pieds de Jésus de Nazareth crucifié et cloué sur la croix, et de sa plaie au flanc droit faite par le centurion Longin avec son javelot. (voir photo plus haut « Le coup de lance »).

Eglise St Remy: Pierre de consécration
Eglise St Remy: Pierre de consécration, sceau au dos

De gueules à dix losange d’argent posés 3., 3., 3., et 1., l’écu posé devant un saint Remy tenant de la dextre une crosse et posant la senestre sur l’écu, le tout d’or.

Au dos de cette pierre, on observe les vestiges d’un cachet de cire rouge qui pourrait être le blason d’Hantes et qui représenterait Saint Rémy surmontant un écu composé de 10 losanges

Voici la Copie de la délibération du conseil communal en date du 8 avril 1931 demandant à l’autorité supérieure l’autorisation de reprendre les anciennes armoiries communales

« Le conseil communal considérant que la commune possédait autrefois les armoiries de la famille de Lalaing consistant en un sceau portant un écu et 10 losanges par 3,3,3,1surmonté d’un buste d’évêque (St Remy) tenant la crosse à la main droite. Vu la copie d’un acte sur parchemin auquel est appendu un sceau en cire verte faisant partie du chartrier de l’abbaye de la Thure et portant la reproduction de l’ancien sceau d’Hantes. Considérant qu’il est désirable de voir conserver tout ce qui rappelle le passé de nos communes. Vu l’arrêté royal du 6-2-1837 , à l’unanimité, a résolu de solliciter de l’autorité supérieure, de pouvoir reprendre les anciennes armoiries de la commune telles qu’elles sont ci dessus décrites. »

Arrêté royal autorisant le sceau communal

L’autorisation fut accordée le 21 décembre 1931.

Le pélican, symbole de l’amour du Christ

Toujours dans la nef gauche dédiée à la Vierge et l’Enfant, en dessous de la statue de Sainte Anne, on peut observer cette représentation. Il s’agit d’un pélican entouré de ses jeunes se nourrissant de son sang. Le pélican est donc devenu dans l’église catholique, le symbole de l’amour du Christ qui donna sa vie pour tous les hommes, afin que tous aient la Vie.

L’agneau, symbole de l’innocence, de la pureté et du sacrifice

L’agneau immolé sur l’autel, pattes liées et le sang coulant de son cou, a toujours été un symbole fort le l’église chrétienne. L’agneau symbolise l’innocence, la pureté et le sacrifice. Il représente le Christ, dont le sacrifice unique sauve l’humanité de la mort. Dans le nouveau testament L’agneau est associé à la Passion du Christ. Jean le Baptiste le désigne comme « l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ».

Le confessionnal, en chêne, de style néo-classique, est daté entre 1801 et 1850.

Eglise St Remy: Confessionnal

Au IIIème s. la confession était publique, unique et réservée aux fautes graves. Puis à partir du VIème-VIIème s, le prêtre entendait en privé, plusieurs fois, la personne et donnait une pénitence proportionnée à la faute. Le confessionnal est apparu au XVIème s. durant la Contre-Réforme, lors du concile de Trente en 1545, suite à une réflexion sur le sacrement de pénitence, réaffirmant la nécessité de se confesser au moins une fois par an.

La nef latérale droite : l’autel dédié à Saint Hubert de Liège.  

Eglise St Remy: Nef latérale droite, Autel de St Hubert en 1945

Saint Hubert est invoqué contre la rage et les maladies mentales, il est le patron des chasseurs, le protecteur des chiens et des chevaux et est fêté le 3 novembre. Sur la peinture au centre de l’autel, un cerf blanc apparaît au saint, entre les bois duquel brillait, selon le récit hagiographique, un crucifix.

Eglise St Remy: Peinture signée Gérard Jacobs, 1937

Gérard Jacobs est un peintre belge né à Anvers le 29 octobre 1865 et décédé à Flessingue au Pays-Bas le 14 février 1958 à l’âge de 93 ans.

Saint Hubert

Hubert est né au VIIème s.et est issu de la noblesse franque. Depuis le XVème siècle, on dit que le seigneur Hubert était si passionné de chasse qu’il en oubliait ses devoirs. La légende rapporte qu’il n’avait pu résister à sa passion un Vendredi Saint et n’ayant trouvé personne pour l’accompagner, était parti chasser seul. À cette occasion, il se trouva face à un cerf extraordinaire. En effet, celui-ci était blanc et portait une croix lumineuse au milieu de ses bois. Hubert se mit à pourchasser le cerf mais celui-ci parvenait toujours à le distancer sans pour autant se fatiguer. Ce n’est qu’au bout d’un long moment que l’animal s’arrêta et qu’une voix tonna dans le ciel en s’adressant à Hubert en ces termes : «  Hubert ! Hubert ! Jusqu’à quand poursuivras-tu les bêtes dans les forêts ? Jusqu’à quand cette vaine passion te fera-t-elle oublier le salut de ton âme ? ». Hubert, saisi d’effroi, se jeta à terre et humblement, il interrogea la vision :
« Seigneur ! Que faut-il que je fasse ? » La voix reprit : « Va donc auprès de Lambert, mon évêque, à Maastricht. Convertis-toi. Fais pénitence de tes péchés, ainsi qu’il te sera enseigné. Voilà ce à quoi tu dois te résoudre pour n’être point damné dans l’éternité. Je te fais confiance, afin que mon Église, en ces régions sauvages, soit par toi grandement fortifiée. » Et Hubert de répondre, avec force et enthousiasme : « Merci, ô Seigneur. Vous avez ma promesse. Je ferai pénitence, puisque vous le voulez. Je saurai en toutes choses me montrer digne de vous ! » Il devint en effet évêque de Tongres et de Maastricht, dont le siège se trouvait à Liège. On lui attribue la fondation de la cathédrale Notre-Dame et Saint Lambert de Liège.
Eglise St Remy: Statue de St Hubert

Une statue en chêne polychromé datée entre 1701 et 1800 (79 cm) le représente aussi avec sa crosse d’évêque et son cor de chasse. La confrérie de Saint Hubert a été créée à Hantes-Wihéries le 3 mars 1627 par le pape Urbain VIII. Après la révolution française, elle fut rétablie par un prescrit du pape Grégoire XV le 18 février 1840. Hantes et ensuite Hantes-Wihéries a toujours voué un culte particulièrement important à Saint Hubert et de nombreuses manifestations avaient lieu dans le village. Distribution des pains bénis pour les paroissiens et leurs animaux, défilé de cavaliers, sonnerie de cors de chasse…

Souvenir de la Saint Hubert en 1906
La Saint Hubert de 1967 sur la place de Robaulx face au Café des sports.
La Saint Hubert de1967 sur la place du jeu de balle

Une messe avait lieu devant l’école communale.

Procession à Hantes-Wihéries et statue de St Hubert

A l’avant plan, la statue de Saint Hubert portée par Cyrille Janssens et Albert Hoquet, derrière, la statue de Sainte Barbe portée par Ulysse Deriaz et Gérard Desoil. Procession de 1947.

Procession à Hantes-Wihéries

Derrière le curé et l’Harmonie L’Union, s’en suivaient les bannières de procession.

Une partie des bannières de procession

Procession à Hantes-Wihéries

La procession se rendait au reposoir de la chapelle Saint Ghislain en passant devant le café Chez Marius Meunier. Les chemins qu’empruntait la procession étaient abondamment recouverts de fleurs coupées.

Au début des années 70, les processions avaient toujours lieu dans le village. Ici, Willy Duterne et Léon Warzée quittent l’église munis des lanternes de procession.
Intérieur du café de Charleroi, en face de l’Eglise

Le café de Charleroi, situé juste en face de la sortie de l’église, avait l’habitude de recevoir les hommes après la messe dominicale ou après la rentrée des processions afin de prendre l’apéro et de commenter les événements de la semaine.

Eglise St Remy: Statue de St Ghislain

L’autel dédié à Saint Hubert est surmonté d’une statue de Saint Ghislain de Mons accompagné de son ourse. Selon la légende, une ourse allaitait ses petits. Menacée par les chasseurs du roi Dagobert, elle emporta les vêtements de Ghislain, venu défricher la région, et s’abrita dessous. Conduit par un aigle (jusqu’à aujourd’hui, l’aigle et l’ourse sont restés les emblèmes de la ville de Saint-Ghislain) jusqu’à eux, le moine vit là un signe du ciel. Il éleva en ce lieu un humble monastère. Saint Ghislain est le saint patron des femmes enceintes et de la petite enfance.

L’autel de Saint Hubert renferme également une pierre de consécration et dont les croix ressemblent plus à celles peintes sur le pourtour de l’église.

Eglise St Remy: Pierre de consécration
St Hubert, tradition des petits pains bénis

Ce dimanche 12 novembre 2023, une messe fut célébrée par le curé Pascal Cambier en l’honneur de Saint Hubert. Renouant avec la tradition, des petits pains bénis furent offert à la cinquantaine de paroissiens présents à l’office.

Saint Joseph

A gauche de l’autel de Saint Hubert, se trouve la statue de Saint Joseph. Dans l’iconographie la plus répandue Saint Joseph est souvent représenté avec une canne de laquelle poussent des lys, symbole de la pureté de la Vierge, Ces lys ont aujourd’hui disparus mais encore très légèrement visibles sur la photo de l’autel ci-haut.

Lors de la restauration de 1966, on découvrit deux épitaphes se faisant vis-à-vis encadrées toutes deux d’une moulure en stuc :

Du côté de l’autel Saint Hubert : « Dom Monument de Jean Philippe Pécriaux, échevin de Hantes et de Anne Joseph Candreu, son épouse et leurs enfants. R.I.P. » Il s’agit ici de Anne Joseph Candredon qui épousa Jean Philippe Pecriaux, Maître de Forges à l’usine de Grand Pré, le 27 janvier 1754 en l’Eglise Saint Remy. Anne était la fille de Jean Candredon, mentionné comme marchand et mercier à Hantes en 1752. Le couple donna naissance à cinq enfants dont Jean Philippe fils qui pris la relève des forges jusque dans les années 1830.

En vis-à-vis : « Dom. Monument du Sieur Jean Jacques Bertinchamps fermier propriétaire de ce lieu et de Demoiselle Marie Françoise Joseph Bricourt son épouse. R.I.P. ». Jean Jacques Bertinchamps était né à Ligny le 30 juillet 1706, censier locataire de terres de l’Abbaye de Lobbes mais propriétaire du terrain sur lequel on bâtit l’église. Il était courant de voir des propriétaires donner des terrains pour le salut de leur âme. Son épouse Marie Françoise Joseph Bricourt était née le 10 mai 1706 à Ferrière-la-Grande dans le nord de la France. Le couple a donné naissance à cinq garçons et deux filles entre 1737 et 1749. En 1752, Jean Jacques Bertinchamps est censier à Hantes avec sa femme, six enfants, deux oncles, un frère, deux valets, une servante, un berger, une garde des vaches et un ouvrier d’aoust (extrait d’un recensement de la commune). Il est décédé le 11 décembre 1786, veuf et Confrère du vénérable.

Eglise St Remy: Epitaphe de Jacques Bertinchamps et Françoise Bricourt
Extrait du registre des sépultures de la paroisse St Remy – Jean Jacques Bertinchamps, inhumé en 1786

Les croix de consécration sur les murs intérieurs de l’église

Lors de la restauration de 1966, on découvrit sous les neuf couches de chaux, douze anciennes croix de consécration peintes sur les murs. Il ne s’agit nullement d’un chemin de croix, mais de signes de la consécration de l’église par l’évêque. Elles sont au nombre de 12 pour évoquer les 12 apôtres et ont été bénites par l’onction du Saint-Chrême, mélange d’huile végétale naturelle et de parfums, destiné à l’onction et utilisé dans le baptême, la confirmation et l’ordination qui sont des sacrements, et lors de la consécration d’une église ou de son autel, et l’huile des catéchumènes, également connue sous le nom d’huile d’exorcisme, utilisée pour donner la force du Saint-Esprit à celui qui va être baptisé et pour qu’il se détourne du mal, de la tentation, du péché.

Eglise St Remy: Croix de consécration

La colombe

Eglise St Remy: Le colombe, bas-relief

Au plafond du chœur de l’église, on trouve ce joli bas-relief représentant une colombe entourée d’épis. Dans la Bible, c’est une colombe qui annonce à Noé la fin du Déluge : depuis lors, elle est le symbole de la paix. Dans l’art chrétien primitif, la colombe représente aussi la communauté des fidèles. Puis elle devient l’incarnation du Saint-Esprit. Elle est aussi un modèle de fidélité. Avec l’affirmation du dogme de la Sainte Trinité (un Dieu unique en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit), la colombe devient au Moyen Âge l’incarnation du Saint-Esprit. Placée en aplomb de l’église, elle donne ici l’impression de descendre sur les fidèles rassemblés en son sein.

Les vitraux

Eglise St Remy: Un vitrail

Les vitraux dans une église représentent une partie importante dans la conception de l’édifice. Ceux-ci sont avant tout destinés à contribuer très largement a créer une ambiance divine à l’intérieur de l’église. La lumière produite à travers les verrières inonde tout l’édifice et favorise ainsi le recueillement et la prière. Les vitraux sont souvent utilisés pour représenter des scènes bibliques, des personnages, des Saints…etc à destination des fidèles qui, autrefois ne savaient ni lire ni écrire. Dans l’église de Hantes-Wihéries, les motifs sont simples, géométriques et répétitifs, conséquents probablement de moyens financiers limités.

Vitrail en « œil de bœuf » situé au-dessus de la porte arrière de l’église

A quand remonte le placement de ces vitraux ?

Eglise St Remy: Nom du fabricant sur un vitrail

A la construction de l’église en 1772, c’est impossible. Deux documents nous laissent à penser qu’ils furent placés entre 1885 et 1912. Dans le centre d’un des vitraux, on retrouve un écusson représentant les initiales du fabricant : C. Delmenico-Verhelle . Nous possédons un document de ce fabricant sous forme de lettre et la missive est oblitérée de 1912.

Celestin Delmenico se marie le 30/09/1885 à Mons avec Sidonie Verhelle. 

Dans l’acte, il est vitrier, originaire de Sant’Antonio dans le Tessin en Suisse mais domicilié à Mons en 1885. Sidonie est montoise et sage-femme. En 1896, le magasin de glaces Delmenico-Verhelle est mentionné dans l’Annuaire du commerce Didot-Bottin à Mons.

Sidonie est décédée le 10 décembre 1911 à Mons dans sa demeure sise rue notre-dame.

Celestin se remarie le 29/01/1913 avec Marie Thérèse Merlin.  Il est négociant dans l’acte.

Il ne profita guère de sa nouvelle femme puisqu’il décède la même année. Le Journal de Charleroi du 05/01/1914, mentionne des résultats d’adjudications : 4eme lot vitrerie et masticages Vve C. Delmenico à Mons, 30 % de rabais. 

Les vitraux ont donc été placés entre 1885 et 1913 et probablement en 1905 lors du remplacement de la toiture de l’église.

Enveloppe avec entête au nom de Delmenico-Verhelle, fabricant des vitraux de l’Eglise St Remy – Document J. Dubois

Le vitrail proche de l’autel de Saint Hubert renferme une vitre rouge au nom de Célestine Meynart.

Eglise St Remy: Un vitrail, détails

Qui est-elle ? Célestine Meynart est née le 26 mars 1770 (deux ans avant la construction de l’église) à Estinnes au Val. Son père, Laurent Meynart était maieur des Deux Estinnes et de Bray. Le 19 mai 1795, elle épouse Léonard Joseph Dubois qui fut Notaire impérial à Merbes le Château et qui décéda le 4 avril 1828. De leur union, le 11 août 1810, à Merbes le Château, naquit une fille unique, Thérèse Désirée Dubois. Vingt et un an plus tard, à Merbes le Château et le 5 octobre 1831, elle épouse Alexandre Félicité de Robaulx qui, à cette époque, siège comme député à la Chambre des représentants à Bruxelles. Rappelons que la famille de Robaulx avait largement contribué à la construction de l’église. On peut donc imaginer qu’à une date inconnue, Célestine Meynart soit venue habiter au château d’Hantes avec sa fille et son gendre Alexandre de Robaulx.

Le château avant l’incendie du 24 août 1914

Elle y vécut jusqu’à sa mort le 28 février 1860 où elle périt dans l’incendie ( une intoxication au monoxyde de carbone) dans une chambre en compagnie de sa servante , Delphine Lannoy âgée de 20 ans.

Extrait du Journal Le bien public daté du 2 mars 1860

Petites erreurs du journaliste de l’époque, Célestine Meynart n’était pas veuve de Robaulx mais veuve Dubois et il ne s’agit évidemment pas de gaz carbonique mais bien de monoxyde de carbone.

Les orgues ont été réalisés par Pierre-Jean De Volder, facteur d’orgues mais aussi violoniste de la ville et de la cathédrale d’Anvers, compositeur de deux opéras, cinq messes, de concertos et symphonies, etc. Il est né à Anvers en 1767 et est mort à Bruxelles en 1841.

Eglise St Remy: L’orgue

Une tradition rapporte que les orgues auraient été placées provisoirement dans l’église royale de Laeken, en attente de l’achèvement des grandes orgues de Schyven. Les orgues ainsi construits pour Laeken en 1831 par Pierre-Jean De Volder se sont retrouvées à Hantes en 1873.

Le facteur d’orgue Marchand de Perwez a restauré en février 2020 l’orgue de l’église Saint Remy d’Hantes-Wihéries. Le travail consista principalement au nettoyage des tuyaux du sommier et du faux sommier.

Eglise St Remy: Restauration de l’orgue en 2020

Lors de cette restauration, le remplacement du moteur du soufflet a permis de dégager l’arrière de l’instrument laissant ainsi apparaître un blason en relief ainsi qu’un christogramme comportant les lettres IHS, ancienne abréviation du nom de Jésus-Christ. C’est Saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus en 1537 (les Jésuites) qui rajouta une croix au-dessus du H.

Eglise St Remy: Christogramme derrière l’orgue

Avant l’installation des orgues en 1873, ce blason était bien visible de tous les fidèles rassemblés dans l’église.

On peut observer des graffitis inscrits par les souffleurs entre deux cantiques. Ceux-ci attendaient le signal de l’organiste pour actionner manuellement le soufflet permettant ainsi de produire l’air nécessaire à la bonne marche de l’orgue.

Eglise St Remy: Graffitis gravés sur l’orgue

Dans le chœur : dalle funéraire de Louis-Ignace de Robaulx, 1727-1734 (seigneur de Hantes). Cette dalle de marbre noir était auparavant peinte en blanc pour imiter le marbre ! Il faut bien admettre que la version « imitation marbre blanc » était nettement plus lisible que la version actuelle.

Eglise St Remy: Dalle funéraire de Louis-Ignace de Robaulx

C’est sous les de Robaulx que l’église en 1772 fut réaménagée.

Dans le chœur : dalle funéraire du curé Théodart Tassir, 1615 : aux quatre coins se trouvent le symbole des quatre évangélistes : l’aigle de St Jean, l’Homme ailé de St Matthieu, le taureau ailé de St Luc et le lion ailé de St Marc. Au centre un calice surmonté d’une hostie sous un dais et de part et d’autre un ange en adoration.

Eglise St Remy: Dalle funéraire du curé Théodart Tassir

Dans le chœur, pierre tombale de Thomas Maireau (1540) : prêtre couvert de ses ornements tenant un calice en main ainsi que d’autres pierres tombales d’anciens curés (Photos voir article sur les curés de Hantes).

Au pied de la chaire de vérité, dalle funéraire de Barthélémy Dubois, mayeur de Hantes, sa femme, son fils et sa belle-fille. Barthélemy est né à Hantes le 17 janvier 1680 et décédé le 12 mai 1724. Il était marié à Marie Anne Sotteau ou Sottiaux décédée le premier mai 1752. Entre 1702 et 1722, le couple a donné naissance à treize enfants.

Eglise St Remy: Dalle funéraire de Barthélémy Dubois

Un des fils, Jean joseph, est inhumé avec son épouse Marie Catherine Cornet, aux cotés(mayeur de ses parents. En 1752Hantes, Jean Dubois réside à Hantes-Wihéries avec sa femme, sans enfants, un neveu et unesa nièce. Il exerce la profession de marchand et tailleur. Le couple a eu deux enfants par la suite: Jean Philippe et Léopold, cultivateur à Strée, décédé en 1805.

Eglise St Remy: Dalle funéraire de Jean Bertaux

Dalle funéraire de Jean Bertaux, fermier de la cense des dames de la Thure, de ses deux femmes et ses enfants. Jean Bertaux, originaire de Cousolre, est décédé le 19 mars 1709 à Hantes. Il avait d’abord épousé Barbe Le Lonfils qui est décédée le 4 décembre 1691. Le couple avait donné naissance à trois enfants: Jenne Françoise (1675), Alexandrine (1677) et Jean Jacques (1679). Bertaux se remaria le 7 juillet 1694 avec Anne Barthelemine Legrand. Ils eurent sept enfants entre 1694 et 1708, tous baptisés à l’Eglise St Remy: Marie Jenne, Pierre, Marie Marguerite, Catherine, Jean Jacques, Marie Elisabeth et Jean.


Article rédigé par Fabienne, Christian & Jérôme

Photos de Christian Warzée

Remerciements particuliers à la Fabrique d’église et à Marie-Thérèse Goven.