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Historique de l’école primaire en Hainaut et Hantes-Wihéries en particulier
Les quelques rares ouvrages consacrés à la recherche sur le début de l’école dans notre province, nous font apparaître que celui-ci a débuté sous l’envahisseur romain, en Gaule, et avait pour but d’instruire la jeunesse dans l’éloquence et la littérature grecque et latine ; cet enseignement étant avant tout divulgué dans toutes les cités importantes de chaque province.
A la fin du IIIe siècle, le christianisme comptait déjà de nombreuses églises et ne pouvait plus accepter une situation en contradiction avec ses dogmes ; elle jugea donc indispensable d’établir des écoles chrétiennes. A l’étude de l’ancien et du nouveau testament, on y ajouta des notions grammaticales.
Le monastère de Lobbes possédait déjà une école au VIIIe siècle et hérita au milieu du IX e siècle du titre de la plus illustre académie des Gaules.

C’est à partir du Xe et XIIe siècle, avec l’accroissement de la population, que l’autorité épiscopale se met à construire de nouvelles églises, à y établir un prêtre et ouvrir une école. L’église va par la suite diriger, organiser, surveiller l’enseignement élémentaire, jusque dans les dernières années du XVIIIe siècle.
L’établissement des écoles dans les villes et les communes rurales du Hainaut a dépendu tantôt de l’existence d’un chapitre ou d’un monastère, tantôt de l’accord du pouvoir local et du curé, tantôt de l’initiative du seigneur ou d’un généreux donateur. L’enseignement était devenu essentiel afin de gérer les finances et les intérêts de la commune.
A la fin du XIXe siècle, aux archives de l’Etat à Mons, on relevait deux actes du 4 novembre 1648 et du 8 mars 1685 relatifs à des propriétés voisines de l’école du village d’Hantes ; prouvant par là qu’un enseignement y était donné.
Au XVIIIe siècle, la période scolaire s’étendait habituellement de la Toussaint à Pâques et lorsque à certains endroits, elle était prolongée, elle était suspendue durant les mois d’août et septembre pour effectuer les moissons. L’instruction religieuse, la lecture, l’écriture, l’orthographe, la grammaire, l’arithmétique et parfois le chant constituaient les principales matières enseignées. La discipline se voulait rigoureuse et l’utilisation de verges était permise pour remédier à la faute qui aura été commise. Toutefois, la cour souveraine du Hainaut, dans un arrêté du 4 février 1777, va interdire l’usage du nerf de bœuf… En contre- partie, les moyens d’encouragement n’étaient pas négligés : distribution des prix, livres, effets d’habillement pour les plus capables et les plus diligents. A Erquelinnes, des pains blancs étaient distribués la veille de la St Martin.
Avant 1794, sur les 440 communes que comptait le Hainaut, 365 possédaient une école.
A la suite de la Révolution française et de l’annexion de notre province au département de Jemappes en 1794, les écoles qui existaient ne furent guère épargnées et se verront soumises aux lois de la République. Un décret du 30 mai 1793 voulait qu’il y ait une école primaire dans tous les lieux de plus de 400 habitants. L’enseignement catholique allait être remplacé par les éléments de la morale républicaine.
Le 16 germinal an VII (5 avril 1799) le citoyen Delattre, instituteur à Hantes-Wihéries se plaint du préjudice que lui causent les différentes écoles particulières dans son canton de Merbes le Château. Le nombre d’enfant était très restreint. Il faut savoir que l’enseignement était devenu libre et que la République permettait à quiconque d’enseigner, moyennant l’obtention d’un certificat de civisme et de prêter le serment de haine à la royauté et à l’anarchie, de fidélité et attachement à la République et à la Constitution de l’an III.
L’école au 19e siècle à Hantes-Wihéries
Dans le village d’Hantes, sous le Régime français, on relève Alexandre Lebeau né le 27 mai 1773 à Clerfayts (Nord) et qui fut successivement Tisserand (1801) Marguillier (1805) Instituteur (1807-1817) et enfin Clerc laïque (1820). Au début du 19e siècle, il est courant de constater que l’instituteur exerce plusieurs métiers en même temps. Alexandre décède le 26 mai 1837, quelques semaines après son fils, décédé le 13 avril.
Durant l’année 1803, dans le département de Jemappes dont nous faisions partie, on comptait 143 écoles primaires pour un total de 9500 élèves.
Durant le Régime hollandais de 1814 à 1830, le gouvernement impérial avait des préoccupations autrement urgentes que le souci de la direction des écoles élémentaires. Guillaume d’Orange laissa au Gouvernement et aux communes le droit d’ériger des écoles d’instruction primaire.
Ce n’est qu’à partir de 1825, que le gouvernement hollandais s’attela sérieusement à la réorganisation de l’enseignement primaire. En 1826, le Hainaut possédait 899 écoles réparties comme suit : 512 écoles primaires dirigées par 354 instituteurs rétribués par les communes ou l’Etat, et 158 instituteurs privés, pour un total de 29687 garçons et 20459 filles. De plus, si on ajoute les 387 petites écoles tenues chacune par une maîtresse, la population d’enfants fréquentant l’école, s’élevait à 57829 élèves.
En 1835, la matrice cadastrale du village d’Hantes-Wihéries nous indique la présence d’une école attenante au presbytère ; école construite un ou deux ans au préalable. Cette école allait être mixte jusqu’en 1871 et celle des garçons jusque 1903, date à laquelle les nouveaux bâtiments allaient être construits (1902).

Jules Joachim Joseph Lebeau, fils d’Alexandre Lebeau est instituteur à Hantes-Wihéries en 1837 ; il décède la même année à l’âge de 19 ans.

Transcription du document ci-avant :
L’an mille huit cent trente sept le treize avril à une heure de relevée (1 heure de l’après-midi) par devant nous Philogène Lengrand Bourgmestre et Officier de l’état civil de la commune de Hantes-Wihéries Canton de Merbes le Château province de Hainaut sont comparus
- Vernet Pierre âgé de quarante quatre ans, maître maçon
- Bertinchamp Emile rentier âgé de vingt et un ans
domiciliés au dit-lieu lesquels nous ont déclaré que le même jour à huit heures du matin que Jules Lebeau profession instituteur âgé de dix neuf ans dix mois né et domicilié à Hantes-Wihéries, fils d’Alexandre Lebeau, Clerc, et Dusmarine Hannequart ménagère, domiciliés au dit-lieu, est décédé en la maison de son père au dit Hantes-Wihéries. Ont les déclarants signé avec nous le présent acte de décès après leur en avoir donné lecture.
Des suites de la Révolution de 1830, la Constitution nationale de 1831 consacra de la manière la plus absolue ce principe : l’enseignement est libre.
En 1835, vingt-neuf communes seulement étaient dépourvues d’écoles primaires. Il fallut attendre 1842 pour voir promulguée la loi organique dite Loi Nothomb. Cette loi obligeait chaque commune à entretenir au moins une école primaire publique ou à adopter une école confessionnelle si celle-ci réunissait les conditions légales.
Dans le moniteur du Hainaut du 28 avril 1837 et pour pourvoir à son remplacement, parait un article mentionnant que la place d’instituteur est vacante à Hantes-Wihéries et que tout individu qui désirerait obtenir cette place, doit s’adresser chez le bourgmestre de l’endroit pour connaitre les conditions.
Jean-Baptiste Lacroix né en 1818, remplace alors Jules Lebeau en 1837 jusqu’en 1874, date à laquelle il décède. Les trois dernières années de ses fonctions (1872,73,74), il recevait une rétribution de 595 francs pour l’instruction des enfants pauvres, une rétribution de 220 francs pour les élèves solvables et un traitement fixe de 800 francs ; soit un total de 1615 francs par an.

Parmi les nombreuses pierres tombales insérées dans les murs de l’église, on peut observer celle de Jean-Baptiste Lacroix avec l’épitaphe suivante :
« A la mémoire de Jean-Baptiste Lacroix, instituteur, secrétaire communal, clerc laïc de Hantes-Wihéries, décédé le 28 août 1874 à l’âge de 56 ans, administré des sacrements, de son épouse Amélie Joseph Melkior, décédée le 16 juillet 1874 à l’âge de 50 ans, administrée des sacrements et de leur fille Anna Joseph Lacroix décédée le 29 août 1851 à l’âge de 3 ans et 9 mois. »

Dans nos campagnes, après le curé, la personne la plus influente était le clerc-laïc. En quelque sorte, il faisait partie du clergé comme son nom l’indique bien.
Portant soutane et surplis à l’église, il chantait à l’église. C’était le véritable auxiliaire du curé.
Souvent il habitait près du presbytère. A cette fonction, s’ajoutait toujours le rôle d’éducateur de la jeunesse sous le contrôle du curé : c’était le magister.

C’est son fils Edmond qui entrera en fonction le premier octobre 1874 jusqu’à l’arrivée de Porphyre Fayt le premier mars 1876.
Le même salaire sera d’application jusque 1880.
1870, séparation de l’école des garçons et des filles
C’est en séance publique du 16 février 1870 que le Conseil communal fut convoqué à l’effet de délibérer s’il convenait de séparer les sexes de l’Ecole communale mixte.
Durant cette année 1869-1870, 43 garçons et 36 filles fréquentaient l’école mixte sous l’enseignement du seul instituteur.
Considérant que la population de cette école est suffisante pour employer deux personnes chargées de donner l’instruction aux enfants de la localité.
Attendu que chaque membre (du Conseil) émet une opinion favorable à cette séparation.
Attendu que d’après les renseignements recueillis, la famille Tassart serait intentionnée à vendre de gré à gré à la Commune une maison et un jardin ici au dit lieu qui pourraient être facilement appropriés pour avoir une école des filles, un logement pour l’institutrice et un jardin.
Le Conseil communal décida sous l’approbation de l’Autorité supérieure :
1° que cette séparation aura lieu le plus rapidement possible;
2° que l’Administration communale est chargée de négocier cette acquisition afin de connaitre quel prix Mme Vve Tassart et ses enfants désirent retirer de cette propriété et de faire toutes les diligences nécessaires pour que cette affaire soit terminée sous peu.
Le 17 juillet 1870, le Conseil examine les plans, devis estimatif et cahier des charges établis par l’architecte Emile Mahieu de Binche :
- Travaux d’appropriations du bâtiment pour en faire une école, logement… 9465 frs
- Achat de la propriété 4500 frs
- Frais d’acte de vente 360 frs
Total de la dépense : 14325 frs.
Considérant que l’Etat et la Province viennent toujours en aide des communes dont les revenus sont insuffisants pour couvrir les dépenses de l’espèce, le Conseil communal arrête :
Pour couvrir cette dépense s’élevant à 14325 frs, on s’adressera par la présente à Messieurs les membres de la Députation Permanente du Conseil Provincial du Hainaut afin d’obtenir un subside du tiers de la dépense et à Sa Majesté notre bien aimé Monarque pour qu’il daigne nous accorder semblable somme. Au moyen des subsides ci-dessus sollicités, la Commune se charge de faire construire ce bâtiment selon plans, devis… Le troisième tiers supporté par la commune sera payé aux vendeurs de la propriété par amortissement avec un intérêt de 5%.
La promesse de vente avait été signée le premier mars par Marie Thérèse Rigal veuve Tassart, ancien facteur de forges à l’usine voisine du Pont d’Hantes, Thérèse Tassart épouse assistée et autorisée (sic) de Bertinchamp Emile (rentier) de Hantes-Wihéries, François Tassart receveur des contributions à Marienbourg, Xavier Tassart receveur des contributions à Momignies et Hortense Tassart épouse assistée et autorisée de Barbier Augustin, brigadier des douanes à Maubray.
On note qu’à cette époque, une femme héritière doit être assistée et autorisée par son mari. D’autres articles du Code civil stipulaient que les femmes mariées ne pouvaient pas signer de contrats, gérer leurs biens, travailler sans l’autorisation de leur mari, percevoir leur salaire, … Les relations sont donc clairement inégalitaires : les femmes sont considérées comme des mineures, au même titre que les enfants et les aliénés. Elles n’ont aucun droit, pas même sur leurs enfants.
Les immeubles lors de la vente étaient repris au cadastre sous le n° 372 et réparti en 2 maisons (section B 72a de 3 ares et 80 centiares contenant 4 places et 72 b de 80 centiares contenant 3 places, ainsi qu’un jardin (n°73 de 5 ares).

Après l’achat et les travaux réalisés, les 2 maisons fusionnèrent sous le n° 72.
Le 31 octobre 1870, le Gouverneur de la Province fait connaitre au Collège des Bourgmestre et Echevins qu’il autorise le Conseil communal de nommer une institutrice avant l’exécution des travaux d’appropriation et de tenir provisoirement classe dans la plus grande salle du bâtiment.
Toutefois, considérant que sous peu les travaux seront mis en adjudication et que la démolition des vieux murs et autres changements intérieurs pourront être commencés par l’entrepreneur avant la fin de la mauvaise saison.
Considérant que la cour et le petit terrain de la façade devront recevoir les matériaux de démolition, le déchargement de la chaux, du sable, briques, bois, ardoises etc… et que ces divers encombrements rendront en quelque sorte la classe inabordable pour les enfants.
Considérant que si l’institutrice était nommée actuellement, elle devrait presque aussitôt déloger et qu’il est toujours désagréable de déménager dans un village où les maisons de location sont rares et quelque fois impossibles à trouver.
Considérant que pendant l’exécution des travaux, les filles devront avoir congé, que les parents des élèves murmureront non seulement contre les conseillers communaux mais encore contre l’institutrice qui, indépendamment de sa bonne volonté, ne pourrait pas ouvrir sa classe.
Considérant que ce serait dépenser de l’argent inutilement que de payer le traitement et les émoluments d’une institutrice qui ne pourrait pas faire sa besogne.
Considérant que sous tous les rapports, il est préférable que les travaux soient entièrement exécutés et les places bien assainies avant d’y installer une institutrice.
Le Conseil communal décida que la nomination d’institutrice sera faite ultérieurement lorsque les travaux d’appropriation seront à peu près achevés.
C’est finalement le 16 juillet 1871, que le Conseil communal se réunit pour procéder à la nomination d’une institutrice communale. Trois postulantes se sont présentées et vu les pièces envoyées par chacune d’elles à l’appui de leur demande, il fut procédé par scrutin secret à la nomination dont il s’agit.
Anaïs Delépinne a obtenu 4 suffrages et Laure Godart 3 suffrages. En conséquence, Anaïs Delépinne, originaire de Lens et diplômée de l’Ecole Normale de Brugelette, fut appelée aux fonctions d’institutrice. Elle prit ses fonctions le 1er octobre. C’est la première fois qu’une institutrice entrait en fonction à Hantes-Wihéries.
Avant la séparation des sexes, l’instituteur Jean Baptiste Lacroix, recevait la somme de cent francs pour l’instruction des filles payantes (donc non considérées comme pauvres). Cet argent allant dorénavant chez l’institutrice, le Conseil décida une augmentation équivalente afin de rétablir les revenus de l’instituteur à 800 francs par an. A cela s’ajoutait une subvention pour l’instruction des enfants pauvres.
Le 18 novembre 1871, le Conseil décida du traitement et des émoluments de l’institutrice communale :
- Subvention pour l’instruction gratuite des enfants pauvres : 350 frs;
- Rétribution des élèves solvables : 110 frs;
- Traitement de l’institutrice : 600 frs;
Total 1060 frs par année.
En date du 18 novembre 1871, l’école des filles est toute rénovée mais le mobilier scolaire des deux écoles est dans un très mauvais état. Le Conseil communal va alors considérer plusieurs points et décidera par la suite et en fonction des plans, devis estimatif et cahier des charges établis par l’architecte Mahieu. Voyons ces considérations :
Les anciens bancs-pupitres ont des détériorations telles qu’ils ne peuvent plus supporter le raccommodage , que ces bancs en bois de hêtre, construits en 1829 sont vermoulus, tombent en ruine, ont déjà été restaurés inutilement à diverses reprises. Ils déchirent bien souvent les habillements des enfants, empêchent par leur mobilité des plus vacillantes de pouvoir profiter avec fruit des leçons de calligraphie et autres et qu’il y a urgence de les renouveler entièrement.

Voulant donner au personnel enseignant les plus grandes facilités possibles pour pouvoir inculquer rapidement aux élèves les notions primaires indispensables que réclame l’intérêt de la famille, de la société et que demande avec instances et sollicitudes notre Gouvernement si dévoué à faire jouir des bienfaits de l’instruction pour les enfants en âge de fréquenter les classes.
Attendu que sous tous les rapports, il est extrêmement préférable de fournir immédiatement le matériel complet, matériel qu’on trouve dans toutes les écoles primaires bien organisées, que d’avoir chaque année à acheter partiellement tel ou tel objet manquant.
Après toutes ces considérations, le Conseil décida que le matériel classique pour l’école des garçons et l’école des filles tel qu’il est indiqué aux plans, devis et cahier des charges, sera acheté par la Commune qui allouera 790 frs à son budget de 1872.
Pour couvrir cette dépense calculée à 2365 frs, la Commune s’adressera à la Députation permanente du Conseil provincial du Hainaut afin d’obtenir un subside d’un tiers de la dépense et à Sa Majesté notre bien-aimé Monarque pour qu’il daigne nous accorder semblable somme. Le Conseil supplia les membres de la Députation permanente de vouloir faire auprès de Sa Majesté, la demande nécessaire pour obtenir de sa munificence royale le subside sollicité sur le budget de l’Etat.
Le 11 octobre 1872, considérant que les parents des élèves sont satisfaits de sa conduite et du zèle qu’elle apporte pour bien élever et instruire les filles qui lui sont confiées, le Conseil décida que l’institutrice jouirait d’un traitement annuel de 800 frs.
La Députation permanente refusa l’augmentation sous prétexte que l’école était de troisième catégorie mais la Commune suppléa à ce refus.
Durant l’année 1874, tout en paraissant bien solide de l’extérieur, des travaux supplémentaires furent exécutés à certaines parties du bâtiment de l’école des filles pour en assurer la stabilité. L’entrepreneur Victor Renson de Hantes-Wihéries fut chargé de ces travaux pour la somme de 3732 frs. Renson était charpentier, marchand de bois et exploitait une scierie au bois à vapeur reprise dans la liste des établissements dangereux de la commune en 1878. Renson a remit son exploitation en 1893.

Le nombre d’enfants pauvres à instruire gratuitement durant l’année scolaire 1874/1875 était de 62 garçons et 41 filles. A cela s’ajoutait les enfants payants.
Comme nous l’avons vu précédemment, c’est le 28 août 1874 que décède Jean Baptiste Lacroix. Le 29 septembre, le Conseil se réuni en séance pour procéder à la nomination d’un instituteur communal et décide qu’au vu de la demande du sieur Edmond Lacroix, élève diplômé de l’école normale de l’Etat à Nivelles, professeur agrégé de l’enseignement moyen du degré inférieur et fils de l’ancien titulaire, il est procédé par un scrutin secret à la nomination de Edmond Lacroix par 7 voix pour 7 votants. Il entra en fonction immédiatement.
Jean-Baptiste Lacroix était également secrétaire communal, son fils Edmond l’aidait déjà précédemment et s’était initié aux affaires administratives ; il le remplaça donc également dans ces fonctions.
1875, le nouveau cimetière du village
C’est par un acte passé le 25 janvier par devant Maître Emile Lambot notaire à Merbes le Château que Mr Joseph Lengrand et Mlle Henriette Lengrand firent donation entre vifs et irrévocable, à la commune d’Hantes-Wihéries, d’une partie de verger située en cette localité, champ de la Haute pensée, d’une contenance de 11 ares 22 centiares et prise dans la parcelle cadastrée Section A n°273, à la condition expresse d’y ériger un cimetière public communal. Joseph et Henriette étaient frère et sœur de notre bourgmestre de l’époque, Philogène Lengrand. Cette donation fut acceptée sous réserve de l’autorité supérieure. Ce bien cédé avait une valeur vénale de 800 frs.
Le Conseil communal avait alors considéré que les donateurs étaient tous deux célibataires et que leur fortune les mettait dans une position des plus indépendantes.
Attendu que l’ancien cimetière est insuffisant pour la localité, où la moyenne des décès inscrits sur les registres de l’état civil pendant les cinq dernières années a atteint le chiffre de dix-sept et que par sa situation au centre de la commune (autour de l’église), il est loin de satisfaire aux conditions hygiéniques requises.

Attendu que le terrain cédé convient très bien pour le remplacer, par la nature de son sol argileux et par sa situation à l’est du village.
Considérant que sans cette libéralité, la Commune se verrait sous peu dans l’obligation de créer à grands frais un nouveau cimetière et trouverait difficilement un terrain aussi convenable.
Le Conseil communal décida qu’il y avait lieu d’approuver la-dite donation et que le terrain cédé serait utilisé à l’érection d’un nouveau cimetière et que l’ancien serait supprimé.
Le 17 novembre 1875, la Commune devant faire face aux travaux de clôture du nouveau cimetière, fit un emprunt de 2000 frs auprès de la Société du Crédit communal, remboursable en soixante-six annuités.
Le cimetière fut par la suite agrandi pour atteindre une surface actuelle de 29 ares.
Le 30 janvier 1876, le Conseil communal se réunit en séance pour procéder à la nomination d’un instituteur communal en remplacement de Edmond Lacroix démissionnaire appelé aux fonctions de régent à l’école moyenne de Jumet.
Ayant procédé par un scrutin secret à la nomination dont il s’agit, le Conseil décida de nommer Porphyre Fayt, élève diplômé de l’école normale de Bonne-Espérance et actuellement sous-instituteur à Solre-sur-Sambre. Il obtint 7 suffrages sur 7 votants. Porphyre Fayt est originaire du village, né le 6 juin 1855, fils de Désiré, contremaitre de carrières, et Charlotte Dartevelle.
Edmond Lacroix fut également remplacé dans ses fonctions de secrétaire communal. C’est Cincinnat Renaux âgé de 24 ans et domicilié à Hantes-Wihéries qui fut élu par six suffrages sur 6 votants.
Cincinnat Renaux avait un fils, Marius né en 1873 et qui fit carrière au sein de l’armée en terminant Lieutenant-Général (le plus haut grade de l’armée belge). Marius Renaux est enterré dans le cimetière d’Hantes. Nous reviendrons sur ce personnage dans un article qui lui sera dédié.

Le 24 janvier 1877, le Conseil communal se réunit afin de procéder à la nomination d’une nouvelle institutrice primaire. Trois candidates s’étant présentées, c’est par bulletin secret que Mlle Jeanne Desorbay fut élue par 4 suffrages contre 2 pour Daugneau Cÿdalÿse et 1 pour Pauline Leblan.
Mademoiselle Desorbay diplômée de l’Ecole Normale de Gosselies était en intérim à Estaimpuis, elle prit ses fonctions le 1er mars 1877 avec un salaire de 1365,75 francs par an.

Les membres du Conseil communal étaient composés de : Philogène Lengrand (bourgmestre), de Antoine Melkior et Joachim Denamur (échevins), Emile Bertinchamp, Pierre Pallard, Edmond Leriche et Désiré Fayt, conseillers.
Le 29 août 1877, conformément à la loi du 22 sept 1842 et après avoir entendu le bureau de bienfaisance et connu ses propositions, le Conseil communal prend la décision suivante : le nombre d’enfants pauvres à instruire gratuitement s’élève à 103 : 60 garçons et 43 filles.
Rappelons que les bureaux de bienfaisance ont été instaurés suite au traité de Concordat conclu entre l’église et le gouvernement de Napoléon Bonaparte en 1801. Ils furent remplacés en 1925 par les CAP (Comités d’Assistance Publique) devenus en 1976, les CPAS (Centre public d’action sociale). En 1874, le Bureau de bienfaisance possédait 7,61 hectares dont il percevait la location pour alimenter sa trésorerie.

Extrait de la loi du 22 septembre 1842 :
ART. 5. Les enfants pauvres reçoivent l’instruction gratuitement.
La commune est tenue de la procurer à tous les enfants pauvres dont les parents en font la demande, soit dans son école communale, soit dans celle qui en tient lieu, ou dans toute autre école spécialement désignée à cet effet par elle, en conformité des art. 3 et 4.
Le conseil communal, après avoir entendu le bureau de bienfaisance, fixe, tous les ans, le nombre d’enfants indigents qui, dans chaque commune, doivent recevoir l’instruction gratuite, ainsi que la subvention à payer de ce chef, ou, s’il y a lieu, la rétribution due par élève. Cette liste, ainsi que le montant de la subvention ou la quotité de la rétribution, est approuvée par la députation permanente, sauf recours au roi.
ART. 6. L’instruction primaire comprend nécessairement l’enseignement de la religion et de la morale, la lecture, l’écriture, le système légal des poids et mesures, les éléments du calcul, et, suivant les besoins des localités, les éléments de la langue française, flamande ou allemande.
L’enseignement de la religion et de la morale est donné sous la direction des ministres du culte professé par la majorité des élèves de l’école.
L’année 1879 et la première guerre scolaire
Les libéraux, qui sous la conduite d’Hubert Frère-Orban avaient fait campagne sur le thème de l’anticléricalisme, obtinrent la majorité absolue à la Chambre et au Sénat. Leur première décision fut la création d’un ministère de l’Instruction publique, confié à Pierre Van Humbeeck, un anticlérical notoire. Chaque commune devait avoir au moins une école primaire officielle qui ne dispenserait pas d’instruction religieuse. L’article 4 reconnaissait cependant à ces écoles la faculté d’organiser, à la demande des parents, un cours d’instruction religieuse en dehors des heures de classe.
C’est dans ce contexte que le Collège échevinal d’Hantes-Wihéries écrivit à Monsieur le curé Collignon le 3 septembre afin de connaître sa position :
Monsieur le Curé
Afin de satisfaire à une circulaire de Mr le Ministre de l’Instruction publique en date du 17 juillet 1879, nous avons l’honneur de vous prier de nous faire connaitre le plus tôt possible si, sous l’emprise de la nouvelle loi, vous consentez à donner dans les écoles de la Commune, l’enseignement religieux aux élèves. En attendant votre réponse… Philogène Lengrand Bourgmestre.
La réponse du curé Collignon ne se fit pas attendre et en date du 5 septembre, celui-ci s’adresse à Messieurs les Bourgmestre et Echevins :
Je m’empresse de répondre à la lettre du 3 courant que vous avez bien voulu m’adresser. Le régime des écoles introduit par la nouvelle loi, est intrinsèquement mauvais. De sa nature, il tend à la ruine entière de la religion, et par conséquent de la société. Il ne m’est donc pas permis de coopérer à l’exécution de ladite loi. Je ne puis en conséquence, user des salles d’école, pour y enseigner, aux enfants, la Doctrine catholique. Cette décision prise après mûres réflexions, m’est fort pénible. J’ai passé presque toute ma vie au milieu des enfants. Depuis dix-huit ans, que je suis curé dans cette paroisse, j’espère avoir rendu quelques services aux maîtres et aux élèves. Ce refus n’a rien d’hostile contre vous M.M. avec qui j’ai toujours marché la main dans la main pour le bien de la Commune ni contre les instituteurs que je plains, et que j’ai su si bien apprécier, il m’est uniquement dicté par motif de conscience. Veuillez agréer Messieurs…… J.G Collignon curé d’Hantes.

Faisant suite au refus de Mr le Curé Collignon de donner le cours de religion, l’Administration communale va alors s’adresser à l’instituteur Porphyre Fayt et à l’institutrice Mlle Desorbay afin de connaitre de suite s’ils consentent à faire réciter les leçons de religion aux vœux de la loi du 1er juillet 1879 et moyennant l’indemnité fixée pour cet enseignement.
Mlle Desorbay répondit :
Ne trouvant dans la demande que me fait l’Administration communale rien qui puisse blesser ma conscience, je crois pouvoir accepter de remplir les fonctions de donner les leçons de religion aux élèves de ma classe.
En date du 24 septembre, Porphyre Fayt avait également accepté de donner le cours de religion.
Dans sa séance du 11 décembre 1879, le conseil communal décide que l’instituteur et l’institutrice recevront chacun une indemnité de 100 francs par an pour l’enseignement de la religion.
Durant cette année 1879, on dénombre 117 enfants pauvres à instruire gratuitement.
L’année suivante, dans sa séance du 10 août 1880, le Conseil communal va fixer la date des congés scolaires. Afin de permettre à l’instituteur d’assister au cours normal temporaire de dessin créé par le Gouvernement à Namur, les vacances des garçons commenceront le 25 août. A l’école communale des filles, elles commenceront le 1er septembre. La rentrée des deux écoles aura lieu le 1er octobre.
En cette fin d’année 1880, cinq citoyens du village vont adresser une plainte au Gouverneur de la Province, relativement à l’établissement d’un débit de boissons et d’un magasin de papiers peints dans la maison affectée au logement de l’instituteur… L’instituteur, Porphyre Fayt, habitant chez ses parents quelques maisons plus loin, la maison « de commerce » avait été louée à Oscar Sturbois. Celui-ci avait reçu l’autorisation verbale de l’Administration communale qui, estimant qu’il entretenait cette maison d’une manière très convenable, décida qu’il n’y avait pas lieu de lui retirer cette autorisation et il put continuer à exercer son commerce.

L’année se termine par une lettre du Commissaire d’arrondissement de Thuin, relativement à la création dans la commune, d’un cours d’adultes pour garçons et filles. Considérant que les revenus de la commune sont à peine suffisants pour faire face aux dépenses tout à fait indispensables, considérant que ce cours n’aurait pas la chance d’être suivi en cette commune où peu de personnes sont illettrées et que du reste pareille création a été tentée sans succès il y a plusieurs années, le Conseil décida qu’il n’y avait pas lieu de créer un cours d’adultes dans la localité.
Ce dernier phénomène est lié à l’accroissement de la population des écoles primaires. Dans un premier temps, le rôle de l’école d’adultes s’est limité à remplacer l’école primaire pour ceux qui n’avaient guère trouvé l’occasion d’y aller, ou d’y aller plus ou moins régulièrement. Les progrès de la scolarité ont diminué progressivement l’utilité de cette fonction.
Ces cours pour adultes et grâce à la loi de 1883 sur le vote capacitaire, allaient néanmoins permettre à certains hommes d’acquérir un diplôme et de ce fait d’être repris sur les listes électorales comme électeurs communal et provincial.
Cet extrait de liste électorale de 1893 nous montre les 3 types d’électeurs ; communal, provincial, général (Chambre)
De 1870 à 1880, le nombre d’enfants pauvres à instruire gratuitement était passé de 79 à 112.
1881, ouverture d’une section gardienne
C’est suite à une lettre au Bourgmestre de Binche rédigée par Mlle Desorbay, institutrice primaire à Hantes, que l’Administration communale va s’adresser à ce même bourgmestre en ses termes :
L’élève de notre école communale qu’il s’agit de nommer maîtresse d’école gardienne à Hantes-Wihéries, est la nommée Pantot Mélanie Marie Joseph, âgée de quinze ans, vous nous feriez un sensible plaisir en autorisant cette Demoiselle à suivre les cours des Jardins d’enfants de votre ville afin de lui donner les connaissances nécessaires pour instruire les enfants de notre commune.
En espérant que vous prendrez la demande de Mlle Desorbay en considération, nous vous prions….
Philogène Lengrand
Mélanie Pantot est née à Hantes-Wihéries le 24 novembre 1865. Son père Agénor Pantot était contre-maître de carrière et sa mère, Céline Maghue était couturière.

Rappelons que c’est Friedrich Fröbel qui est à la base de la conception pédagogique des « jardins d’enfants » et qui eut un retentissement mondial au XIXe siècle. Les institutrices étaient également nommées « des froebéliennes ». A l’origine, il s’agissait de s’occuper des jeunes enfants pendant que les mères se rendaient au travail afin d’améliorer sensiblement le revenu du ménage. Les allocations familiales n’existant pas à cette époque.
Le 4 mars 1881, le Bourgmestre s’adresse alors à l’Inspecteur de l’enseignement pour lui déclarer qu’il a l’honneur de lui faire connaître que la commune d’Hantes-Wihéries compte ouvrir une section gardienne mixte annexée à l’école des filles et ce à la rentrée des vacances de Pâques. Cette ouverture ne pourra se faire plus tôt car la Demoiselle choisie comme institutrice suit actuellement les cours des écoles gardiennes de Binche et se dispose à les continuer jusqu’aux vacances prochaines. Il précise toutefois qu’entre temps, l’une des tantes de notre institutrice communale continuera à tenir l’école gardienne qui existe de fait depuis trois ans…
C’est donc le 26 avril 1881 que le bourgmestre d’Hantes s’adresse à Monsieur Weyland, Inspecteur de l’enseignement primaire à Monceau sur Sambre, pour lui faire connaitre que le Conseil communal vient de faire choix de Mlle Mélanie Pantot comme maîtresse de l’école gardienne de cette commune. Il précise que cette demoiselle a suivi les cours Froëbel à Binche et est porteuse d’un certificat de capacité délivré par Madame S. Masi, directrice du Jardin d’enfants en ladite ville.
L’école du village étant ouverte depuis une semaine, des mesures vont être prises immédiatement pour l’acquisition de l’ameublement ainsi que pour le complément du mobilier des classes des garçons et des filles.
Etant donné le jeune âge de Mélanie Pantot et avec l’accord de ses parents, elle se verra octroyer un salaire de 600 francs par an.
En date du 13 juin, le bourgmestre adresse un courrier au Commissaire d’arrondissement ; il s’exprime en ces termes :
« Le zèle qu’elle apporte à l’éducation des petits enfants de la commune, les capacités dont elle fait preuve depuis son installation, engagent le Conseil communal à solliciter du Gouvernement le maintien de cette personne aux dites fonctions ». Rappelons que Mélanie Pantot n’a que quinze ans.
Liste des enfants nés du 1er octobre 1874 au 30 septembre 1877 et qui se trouvent dans les conditions voulues pour fréquenter l’Ecole Gardienne :
Dans un courrier adressé au Commissaire d’arrondissement en date du 20 juillet, le Bourgmestre Lengrand entend justifier le choix et l’engagement de Mélanie Pantot. Il s’exprime en ces termes :
La commune ne possédant pas de logement, elle avait un grand intérêt à nommer cette demoiselle qui habite avec ses parents ; d’un autre côté il n’existait pas même de local convenable pour y établir l’école gardienne. Mlle Desorbay, institutrice à l’école primaire des filles de cette commune a abandonné deux places de son logement qui sont maintenant affectées à l’école gardienne, Mlle Desorbay n’a pris cette décision qu’en vue de faciliter la nomination de Mlle Pantot, son ancienne élève.
Dans le cas où une personne étrangère aurait été appelée aux fonctions de maitresse de notre école gardienne, ne devait-on pas non seulement construire un logement mais encore un bâtiment d’école ? Mlle Desorbay n’aurait certes pas cédé deux places de sa maison pour y établir cette école. Enfin les ressources de la commune sont insuffisantes pour lui permettre d’intervenir pour si peu que ce soit dans les frais de nouvelles constructions. Voilà les motifs qui ont engagé le C Cal à choisir Mlle Pantot et ce choix a été des plus heureux, attendu que cette Mlle fait preuve de beaucoup de zèle et tient son école à la satisfaction de l’Administration communale et des parents des élèves qui apprécient les bons soins qu’elle donne à leurs enfants.
Nous prions donc le Gouvernement de valider la nomination provisoire en attendant que cette personne soit porteuse du certificat de capacité acquis.
Le 10 septembre 1882, à l’âge de 16 ans, Mélanie Pantot enseignait à 59 enfants…

Cette photographie a été prise par Auguste Schüffler photographe à Hantes-Wihéries. En 1884, le bourgmestre d’Hantes fait parvenir une note au bourgmestre de Laneffe dont il semble que Schüffler y résidait au préalable: « cet individu travaille depuis plus d’un an dans les environs de Mons (Cuesmes je crois), il ne réapparait à Hantes-Wihéries qu’une fois par semaine, il occupe ici une petite maison dans laquelle se trouvent ses meubles et ses appareils photographiques.«


Né à Osthausen (Allemagne) et décédé le 16 septembre 1899 (célibataire) au hameau de Wihéries.
Jeanne Desorbay accueillait 59 filles en primaire. Un total de 118 enfants étaient alors scolarisés dans ce bâtiment.

Le 1er décembre 1881, faisant suite à une demande de l’instituteur, de l’institutrice et de la maîtresse de l’école gardienne, le Bourgmestre transmet à l’inspecteur de l’enseignement primaire, un nouveau projet d’ameublement des écoles. L’inspecteur est prié de faire ses observations afin de pouvoir procéder dans le plus court délai possible à l’adjudication du mobilier.
« Espérant que vous reconnaitrez l’opportunité du nouveau projet, nous vous prions d’agréer, Monsieur l’Inspecteur, l’assurance de notre considération distinguée. »
Voici la liste établie du matériel pour l’école des garçons ; ce qui nous donne avec exactitude ce que l’on trouvait dans une classe il y a 140 ans.
| 1 Armoire bibliothèque | 180 frs |
| 1 Planche noire fixe de 3 mètres de longueur sur 1 mètre 40 de hauteur dont la moitié (celle de droite) sera quadrillée pour le dessin, avec rapporteur, les équerres, 1 compas en bois et un mètre | 40 frs |
| 1 Estrade ayant 3 mètres de longueur, 1 m,50 cm de largeur et 25 cm de hauteur 7,5 fr/m | 33,75 frs |
| 1 Collection de 24 tableaux de l’histoire de la Belgique, par Gérard, collés et vernis sur carton | 60 frs |
| 60 Tableaux d’histoire naturelle par Degrace de Huÿ collés et vernis | 100 frs |
| 4 Cartes Belgique, Europe, Province et Communes | 110 frs |
| 1 Porte-cartes | 60 frs |
| 1 Collection d’instruments de physique (Van Havermack) | 150 frs |
| 1 Boulier compteur sur pied | 20 frs |
| 1 Chaîne d’arpenteur avec 10 fiches | 6 frs |
| Solides géométriques manquants | 10,14 frs |
| 1 Porte-manteaux et porte-parapluies de 2 m 50 de longueur avec broches en fonte émaillée, bac en zinc avec robinet en cuivre | 62,5 frs |
| Honoraires de l’architecte | 24,97 frs |
| Total | 857,36 frs |

Matériel pour l’école des filles :
| 1 Planche noire de 3m45 de longueur et 1m25 de hauteur à 7 frs 50 le mètre | 32,34 frs |
| 2 Estrades ayant l’une 3m45 de longueur et l’autre 2m05 sur 1m50 de largeur et 0.25 haut | 57,75 frs |
| 1 Collection de 24 tableaux de l’histoire de la Belgique par Gérard | 60 frs |
| 1 Collection de tableaux d’histoire naturelle par Blandot, comprenant 60 feuilles collées sur carton solide et vernies, ayant 0.60 sur 0.45 | 100 frs |
| 3 Cartes, Europe, provinces, communes | 75 frs |
| 1 Train de cartes | 60 frs |
| 1 Globe terrestre de 0.33 de diamètre monté sur pied | 25 frs |
| 1 Horloge cadran | 36 frs |
| 1 Collection de 14 solides géométriques (h.0.30cm) | 25,25 frs |
| 1 Thermomètre | 2 frs |
| 1 Porte-manteaux et porte-parapluies de 2 m50 de longueur avec broches en fonte émaillée, bac en zinc avec robinet en cuivre | 62,5 frs |
| Honoraires de l’architecte | 16,08 frs |
| Total | 551,92 frs |

Matériel pour l’école gardienne (Mobilier Froebel):
| 20 Bancs pupitres à 2 places dits quadrillés n° 1.2.3.4 | 400 frs |
| 1 Table bureau avec chaise cannée | 65 frs |
| 1 Petite armoire ayant 1m10 c de hauteur, 0.80 de largeur et 0.35 de profondeur | 30 frs |
| 1 Christ en croix | 10 frs |
| 1 Thermomètre | 2 frs |
| 1 Horloge-cadran | 36 frs |
| 8 mètres courant de porte-manteaux à 2 frs le mètre | 16 frs |
| 1 Tableau mural noir quadrillé rouge de 1 m sur 0.80 | 10 frs |
| 15 Tableaux d’animaux de Leutermann sur toile | 40 frs |
| 10 Tableaux notion industrielles par Hachette | 15 frs |
| 10 Tableaux arts et métiers par Hachette | 15 frs |
| 6 Tableaux arbres, arbustes, et plantes Hachette | 8 frs |

| 5 grands tableaux coloriés par Screiber, représentant 300 sujets divers de 1.95 sur 0.80 , montés sur toile avec bâtons | 18 frs |
| Matériel Froebel : | |
| 1 Grosse balle (Maîtresse) | 3,75 frs |
| 50 Petites balles (Elèves) | 12,7 frs |
| 1 Boite du 2eme don (Maîtresse) | 10 frs |
| 1 id 3eme id ( id) | 3,5 frs |
| 30 id 3eme id (élèves) | 12 frs |
| 1 id 4eme id (Maîtresse) | 3,5 frs |
| 30 id 4eme id (Elèves) | 12 frs |
| 1 Boite grand modèle du 5eme don (Maîtresse) | 6,5 frs |
| 1 id 5eme don (Elèves) | 15 frs |
| 400 Planchettes carrées | 12 frs |
| 400 Triangles rectangles isocèles | 10,6 frs |
| 200 Triangles équilatéraux | 5,3 frs |
| 200 Triangles rectangles scalènes | 7,7 frs |
| 200 Triangles obtusangles | 6,8 frs |
| 500 Lattes | 7,5 frs |
| 1000 Bâtons blancs longs | 4 frs |
| Honoraires de l’architecte | 28,94 frs |
| Total | 821,70 frs |


La méthode Froebel
Cette méthode d’apprentissage a été créée par un pédagogue allemand Friedrich Fröbel (1782-1852) vers 1837. Son invention reposait sur un ensemble de 13 « dons » (cadeaux) conçus et fabriqués en bois afin de solliciter l’éveil des jeunes enfants et d’en favoriser l’imagination. Les différents dons (boites) pouvaient être mélangés pour donner d’innombrables combinaisons.
Fröebel est à l’origine de la création des « jardins d’enfants » (kindergarten)qui allaient succéder aux « asiles d’enfants » où les enfants étaient placés dans de simples garderies durant le travail des parents.
Le don 1 était constitué de 6 balles de couleurs différentes ; le don 2, de cubes, cylindres et sphères ; le don 3, d’un cube divisé en 8 cubes ; le don 4, d’un cube divisé en 8 briques ; le don 5, 21 cubes et des prismes triangulaires…. Les possibilités de jeux étaient donc infinies.
Aujourd’hui et souvent sans le savoir, on utilise encore la méthode Frœbel et son matériel éducatif est toujours d’actualité dans les écoles de par le monde.
En ce début d’année 1882, pour faire face aux dépenses occasionnées par l’enseignement communal (engagement de l’institutrice, matériel, travaux …), et considérant que la situation financière de la commune exige de nouvelles ressources et que le grand nombre de chiens qui existent dans le village est une cause de trouble et de danger, le Conseil communal va prendre plusieurs arrêtés :
Art 1 : A partir du 1er janvier 1882 il sera établi une taxe communale de quatre francs sur chaque chien. Cette taxe est applicable et uniformément pour toutes les espèces de chiens, y compris les lévriers.
Art 2 : Sont exemptés de cette taxe : A) les chiens qui servent à conduire les aveugles, à raison d’un par aveugle B) ceux qui servent habituellement à trainer des estropiés et des impotents (sic), à raison de deux chiens par individu C) les jeunes chiens, aussi longtemps qu’ils sont nourris par leur mère.
Toujours pour faire face à ses besoins et estimant que les ressources de la commune sont insuffisantes, le Conseil va également voter une taxe de cinq francs sur les débits de boissons alcooliques. Etaient réputés débitants au détail ceux qui vendaient et qui livraient par quantité de cinq litres et en dessous et ceux qui, soit chez eux, soit ailleurs, mais dans un lieu accessible au public donnent à boire des boissons alcooliques. Il y avait à Hantes-Wihéries, 53 personnes qui payaient la patente pour vendre de l’alcool. L’amende pour les contrevenants était fixée au double du droit et en cas d’insolvabilité, il encourrait une peine de un à cinq jours d’emprisonnement !
Ce droit de débit en détail perdura jusqu’en 1919 au moment où Emile Vandervelde fera voter une loi interdisant toute vente d’alcool titrant plus de 18° dans le but de contrer l’alcoolisme qui avait gagné fortement les classes laborieuses. Cette fameuse loi et le fait que l’occupant allemand démantela la majorité des distilleries afin d’en détourner le cuivre hautement stratégique, eurent pour effet de faire s’effondrer le marché du genièvre et de favoriser fortement la bière comme boisson de consommation courante dans les débits de boissons. C’est suite à cette loi que les particuliers cessèrent de vendre « la p’tite goutte » à une ou deux « mastoques » (centimes). Tout le monde a connu, dans les armoires de ses grands-parents, ces tous petits verres, vestiges du passé.
Le 1er février 1882, l’administration locale informe Mlle Desorbay qu’elle a décidé que pour la bonne entente continuelle entre l’école primaire des filles et l’école gardienne, cette dernière serait sous sa surveillance et sa direction, d’autant plus que l’école gardienne est une annexe à l’école des filles.
Le même jour, l’administration communale adresse également un courrier à Mlle Pantot pour lui signifier qu’elle est sous la surveillance et la direction de Mlle Desorbay.
Le 28 novembre 1883, Mlle Desorbay va tomber gravement malade et de ce fait, le Bourgmestre va tenir informé l’Inspecteur de l’enseignement et, qu’aux termes de l’article 12 de la loi du 1er juillet 1879, il y a lieu de désigner une intérimaire.
Jeanne Desorbay décédera finalement le 3 décembre à 8 heures du soir, à l’âge de 27 ans ; son corps sera inhumé dans le cimetière de Renlies.

A la lecture du compte établi à la suite de son décès, on imagine que malgré la maladie dont elle souffrait, Mlle Desorbay a probablement travaillé jusqu’à son décès. En effet, les calculs ont été établis sur base de 11/12eme de l’année 1883. Les différents éléments pris en compte étaient : son traitement fixe, l’instruction pour les enfants pauvres, l’enseignement de la religion, les fournitures classiques, le chauffage, le balayage de la classe et les prix distribués. Si on retire les 600 frs déjà perçus, il restait 1057 frs. A cela, il fallut déduire les frais suivants :

Le 6 décembre, conformément à l’Art. 1413 de l’Instruction primaire, une annonce est placée au Moniteur, annonçant que la place d’institutrice est vacante. L’annonce précise que le traitement est de 1600 frs avec logement et jardin.
Durant le mois de décembre 1883, c’est Mlle Eugénie Dardenne qui assura l’interim.
Le 26 décembre 1883, à l’issue des différentes candidatures reçues, c’est Mlle Octavie Brulez de Mont Saint Geneviéve qui fut nommée institutrice primaire à l’âge de 21 ans, par 7 suffrages sur 7 votants. Elle était élève diplômée de l’Ecole Normale primaire de Tournai et avant cette nomination, elle était sous-institutrice communale à Lobbes. Son traitement fixe sera de six cents francs et d’une rétribution de quinze francs vingt cinq centimes pour l’instruction gratuite de chaque élève indigent.
Pour l’année scolaire 1884/1885, le bureau de bienfaisance prit la résolution d’instruire gratuitement pour l’école primaire : 115 enfants pauvres (57 garçons et 58 filles) et 55 enfants pour l’école gardienne (34 garçons et 21 filles). La rétribution pour chaque élève solvable était fixée à 11 francs par an et était perçue au profit de l’instituteur, institutrice, chacun pour ce qui le concerne.
Le 18 décembre 1884 ; le Conseil communal se réunit en séance à l’effet de réviser le traitement et le casuel de la maîtresse de l’école gardienne à partir du 1er janvier 1885 et prend les résolutions suivantes :
- La maîtresse de l’école gardienne jouira d’un traitement fixe de quatre cents francs
- Aucun élève ne sera plus admis à la gratuité de l’enseignement
- La rétribution à payer par chaque élève est fixée à un franc par mois, elle sera perçue au profit de la maîtresse de l’école gardienne et sera payée par anticipation
- Les élèves devront se pourvoir à leurs frais des fournitures classiques dont ils pourront avoir besoin.
Le dernier jour de l’année 1885, signe l’union de notre institutrice gardienne Mélanie Pantot et Constant Baillon, menuisier, né et domicilié à La Buissière. On peut supposer qu’ils sont partis habiter dans la cité des marbriers mais Mélanie continua d’enseigner à Hantes jusqu’en date du 19 mars 1888.
Durant le mois d’octobre 1886, le Conseil communal, jugeant que durant les hivers, le ruisseau qui coulait dans le sentier reliant la place communale et la rue d’En bas, représentait un danger pour les habitants et les enfants qui se rendaient à l’école, décida de supprimer ce filet d’eau et de la remplacer par une pompe et un réceptacle. Habitant juste en face, ces travaux furent payés par le bourgmestre lui-même.
C’est en date du 19 mars 1888 que le Collège des Bourgmestre et Echevins va faire connaitre à l’Inspecteur de l’enseignement que Madame Mélanie Pantot vient de leur adresser sa démission car elle est appelée aux mêmes fonctions à l’école communale de La Buissière. Le Collège ajoute qu’il sera pourvu à son replacement dans le plus bref délai possible, l’avis annonçant cette vacance d’emploi venant d’être transmis à la Direction du Moniteur pour insertion. Le traitement et les émoluments seront de 750 francs par année.
Le 11 avril Mlle Hortense Laure Godart après scrutin est nommée institutrice gardienne par 7 suffrages sur 7 votants. Hortense Godart était née à Givry le 21 avril 1868 et était diplômée de l’école de Gosselies. Il parait évident que cette demoiselle venait de La Buissière … étant donné que dans le courrier adressé au Commissaire d’arrondissement, le Bourgmestre d’Hantes y joignait un certificat délivré par Mlle Smets, institutrice à La Buissière ainsi qu’un certificat émanant de l’Administration communale de ce même village. Un transfert en quelque sorte.
L’année 1889, le 20 octobre, fut marquée par le décès du Bourgmestre Philogène Lengrand à l’âge de 85 ans. Il avait été élu en 1836 et exerça son maïorat 53 ans sans discontinuer. Un record de longévité. Une page importante de notre village se tournait.


La semaine précédant le décès de Philogène Lengrand et lors de la ducasse du village, un jeune garçon fut touché par une balle lors d’un tir au canard. Malheureusement, quelques semaines plus tard, Georges Omer Ghislain décédera des suites de sa blessure.
Cette pratique de « distraction » était courante dans les villages voisins. Le bourgmestre indisposé au moment des faits, n’ayant pu désigner un échevin mais ayant toujours fait confiance au garde-champêtre lors de festivités précédentes et attendu que la conduite de cet agent n’a jamais laissé à désirer, tout en regrettant le malheur arrivé, le Conseil communal à l’unanimité est d’avis qu’il n’y a pas lieu d’infliger au garde-champêtre l’une des peines disciplinaires prévues en l’article 53 du Code rural…. Bien triste fin d’année 1889 dans le village d’Hantes-Wihéries.



En séance du 25 décembre 1889, Joachim Denamur contre-maître de carrière, est désigné par 4 voix comme Bourgmestre faisant fonction.
Faisant suite aux élections d’octobre 1890, c’est Adolphe Horgnies, nouvellement élu, qui sera désigné Bourgmestre en date du 11 janvier 1891.En cette année 1890, le village compte 803 habitants.
En décembre 1891, voilà quasi 15 ans que Porphyre Fayt est instituteur primaire des garçons . Au fil des ans, il a toujours entre 50 et 60 élèves pour les 6 années mais de toute évidence cela ne nuit en rien à la qualité de son enseignement puique en date du 13 décembre, le Conseil communal lui adresse une lettre de félicitations pour les résultats obtenus au concours primaire. Le 13 décembre, suite à la démission du secrétaire communal, Cicinnat Renaux sous le coup de poursuites judiciaires, Porphyre Fayt sera nommé secrétaire communal intérimaire juqu’en août 1892 où il sera remplacé par Gabriel Monfils. Dans sa séance du 30 octobre 1892, le conseil, moins son père échevin(Désiré Fayt) qui se retire, décide d’une augmentation de salaire de 100 francs au vu des excellents résultats remportés par ses élèves.
L’école des garçons était située dans le bâtiment jouxtant le presbytère ; c’est là que le Conseil communal se réunissait également.
Le 2 juin 1893, cinq ans après avoir pris ses fonctions d’institutrice gardienne, Hortense Laure Lodoïska Godart décède à l’âge de 25 ans. Mademoiselle Désirée Massart, née à Haulchin le 6 avril 1869 sera nommée institutrice gardienne, le 22 juin, après avoir reçu 4 suffrages sur 7 votants.
Au mois de mai 1894, le Conseil communal décide d’organiser un festival de musique aux frais et tout spécialement au nom de la commune. Les frais de la fête décidée pour le 15 juillet, seront repartis comme suit : 15 frs en trop portés au budget de 1893, 40 frs en trop portés au budget de 1894 et une somme de 150 frs à porter au budget de 1895. Le Conseil nomma 2 délégués, Emile Piette et Emile Brognez à l’effet de faire une collecte dans le village.

Emile Piette, photographié ici durant la Première guerre, faisait partie du Comité de la soupe et des repas scolaires. Il était né en 1867 ; avant 1890, il habitait rue Leval, ensuite à la rue du moulin. Il était marbrier de profession. Il sera nommé receveur communal le 30 avril 1900.
Profitant de l’organisation du festival, c’est en juin 1894 que le Conseil communal décide que chaque année, le troisième dimanche de juillet, il sera organisé une seconde fête communale, par la Jeunesse, lorsque toutefois, celle-ci se trouve en nombre pour l’organisation. L’Administration était tout-à-fait désintéressée, tant que pour l’organisation.
C’est d’ailleurs pour garantir le succès de la ducasse de la jeunesse que le Conseil sera par après unanime pour adopter un règlement sur les divertissements publics : Taxe de 15 francs à tout cabaretier qui fera danser les jours de fêtes communales, approuvées par l’Administration communale de 5 à 10 heures du soir et taxe de 5 francs par soirée à tout cabaretier qui fera chanter tous les jours de fêtes communales.
Au vu de la nouvelle loi du 15 septembre 1895 sur l’instruction primaire, le Conseil communal décide dorénavant d’accorder l’instruction gratuite à tous les enfants fréquentant les écoles communales.
Quelques mois plus tard, le 26 janvier 1896, au vu d’une circulaire ministérielle du 1er octobre 1895, le Conseil communal décide de fixer une rémunération fixe pour l’instituteur et les 2 institutrices. Monsieur Porphyre Fayt recevra 1750 frs, Mlle Octavie Brulez 1550 frs et Mlle Massart institutrice gardienne recevra 800 frs de traitement annuel.
1896, un tournant pour les nouvelles écoles communales
Le 14 juin 1896, en séance du Conseil, le Bourgmestre donne lecture d’une lettre de Monsieur le Commissaire d’arrondissement de Thuin concernant la construction d’une nouvelle école communale des garçons et logement pour l’instituteur. Cette lettre faisait suite au rapport établi par l’Inspecteur provincial de l’enseignement primaire. Suite à cette annonce, le Conseil décida à l’unanimité qu’il n’y avait pas lieu de construire de nouvelles écoles communales attendu que les locaux n’étaient pas insuffisants pour le nombre d’enfants fréquentant régulièrement l’école, contrairement à ce que disait le rapport de l’Inspecteur. Le Conseil affirmant également les faibles ressources de la commune.
Le 15 juillet 1896, le Conseil communal reçoit une lettre de Mr le Commissaire d’arrondissement avec en annexe le rapport de l’Inspecteur cantonal de l’enseignement primaire qui juge utile et urgent de construire de nouveaux locaux. Malgré ce rapport le Conseil communal prend la décision suivante :
Attendu que la commune se trouve dans une situation pécuniaire relativement mauvaise, vu ses très faibles ressources, et étant donné le désir du Conseil de ne former à l’avenir qu’un seul groupe scolaire comprenant écoles des garçons, des filles, écoles gardiennes et logement, considérant qu’il est de toute nécessité pour construire de nouvelles écoles de disposer d’un emplacement sain et répondant aux conditions d’hygiène, attendu qu’il est même impossible de trouver un emplacement réunissant toutes ses conditions hygiéniques, par ces motifs le Conseil décide de patienter quelques temps encore pour la construction d’un groupe scolaire complet.

Le 20 juillet 1896, le Bourgmestre donne lecture d’un rapport de l’Inspecteur cantonal invitant le Conseil communal d’Hantes-Wihéries à revenir sur sa décision du 14 juin 1896. Celui-ci reste sur sa position estimant que certains point du rapport sont erronés.
Le 18 octobre 1896, le Conseil communal revoit sa délibération du 20 juillet :
Vu le rapport de Monsieur l’architecte provincial à la suite de sa visite des bâtiments communaux en compagnie de Monsieur l’inspecteur principal, demandant la construction d’une école gardienne, d’une école des filles, logement, etc…et le transfert de l’école des garçons dans les locaux de l’école des filles ; le Conseil communal à l’unanimité des membres présents, décide de ne pas donner son approbation pour le projet ci-dessus ; toutefois le Conseil reconnait la nécessité de construire de nouveaux locaux scolaires, mais de construire un seul groupe scolaire comprenant, école gardienne, écoles de garçons, école des filles, logement du personnel enseignant ainsi qu’un salon communal.
Décision présente sera portée à la connaissance de Monsieur le Commissaire d’arrondissement comme il le demande dans sa lettre du 14 courant.
Décide à l’unanimité des membres présents :
Qu’il y a lieu de construire un groupe scolaire comprenant l’école des garçons, l’école des filles, l’école gardienne, le logement du personnel enseignant ainsi qu’un salon communal.
Dans sa séance du 5 novembre 1896, et suite au courrier renvoyé au Commissaire d’Arrondissement, le Bourgmestre invite le Conseil a rédiger un rapport motivé des raisons pour la suppression de l’école des filles en invoquant les raisons suivantes :
« Danger pour les enfants sortant de l’école dans une rue fréquemment habitée par des attelages diverses » (sic)

A gauche de la photo, la maison de l’ancien bourgmestre Philogène Lengrand et dans le fond à droite l’ancienne école des filles et l’école gardienne.
L’année 1897 se passe sans que le Conseil communal ne puisse se mettre d’accord sur le choix à faire concernant la construction de nouveaux locaux scolaires. Le 14 mars, le Conseil décide ce qui suit :
Adolphe Horgnies, Désiré Fayt, Alexandre Wautier, Bourgmestre et Echevins maintiennent leur décision prise en séance du 10 janvier dernier, c’est-à-dire , la construction d’école des filles, école gardienne, logement , etc…
Victor Anciaux, Conseiller, maintient aussi sa décision de tout construire un seul groupe scolaire.
Agénor Pantot et Victor Renson, Conseillers, décident que la construction d’une seule salle gardienne suffit pour répondre aux besoins de la situation de la commune, les ressources de la Commune ne permettant pas la construction de tout un groupe.
Cette salle avait été imaginée dans le jardin de l’institutrice.
Le 27 août, le Conseil décide de faire blanchir les écoles communales intérieurement pendant les vacances de septembre et extérieurement pendant les vacances de Pâques de l’année suivante.
Le 22 octobre, Mlle Octavie Brulez, institutrice , annonce une épidémie de coqueluche dans l’école.
Le 31 décembre 1897, un arrêté royal retire à la commune d’Hantes-Wihéries, les subsides de l’État et de la Province en faveur du service annuel ordinaire de l’enseignement primaire étant donné que les démarches en vue d’effectuer les travaux ne sont toujours pas commencées.
Le 30 janvier 1898, le Bourgmestre, Adolphe Horgnies donne lecture de l’arrêté Royal en date du 31 décembre 1897 par lequel les subsides de l’Etat et de la Province en faveur du service annuel de l’enseignement primaire, sont supprimés aussi longtemps que la Commune n’aura pas pris les mesures nécessaires pour organiser dans des conditions convenables, le service matériel des écoles primaires.
Le Conseil revient alors sur ses délibérations en date du 8 avril et du 13 juillet 1897, et à l’unanimité des membres présents, vote la construction d’une école des filles, avec logement, etc…et d’une école gardienne. Communication de la présente sera adressée à l’autorité supérieure en la priant de prendre en considération la délibération de ce jour pour les subsides supprimés pour le mois de janvier 1898.
Le Conseil communal est finalement unanime dans sa décision mais n’a toujours pas choisi de faire bâtir un groupe scolaire complet.
Le 25 novembre, le Conseil est appelé à choisir un emplacement pour les écoles communales et il choisit le terrain sis sur le Jeu de balle, servant actuellement au jeu de balle et appartenant à la Commune.

Le 18 mai 1899, le Conseil Cal approuve finalement les plans, devis et cahier des charges des travaux des écoles, logements et Maison communale au prix de 58.563,37 frs.
Un rapide calcul de salaire de l’époque par rapport à un salaire moyen actuel, nous donnerait une équivalence de prix de l’ordre de plus ou moins 750 000 €. Probablement la plus importante dépense jamais faite dans notre village.
Le 3 août, le Conseil communal après avoir pris connaissance d’une lettre de Me le Gouverneur, décide qu’après les travaux des nouveaux bâtiments scolaires, l’école de filles et le logement de l’institutrice seront loués au profit de la commune et que l’école des garçons servira à remiser tout le matériel de la commune.
Le 17 décembre 1899, le Conseil communal, en prévision de la non-approbation par l’autorité supérieure de l’emplacement des nouvelles écoles sur le terrain appartenant à la commune et sis sur le Jeu de balle, approuve l’emplacement pour les dites écoles sur la prairie appartenant aux demoiselles Deprez sise au lieu- dit : jeu de balle, à l’angle de la rue du jeu de balle et de la rue de Wihéries et prie le Collège échevinal de se mettre en rapport avec la famille Deprez quant au prix d’achat de ce terrain.
Le plan Popp de l’époque reprenait ces parcelles comme étant un verger.


Au 19e siècle la rue du jeu de balle s’appelait le chemin des vaches.

Pour débuter ce 20e siècle, regardons les différents personnages politiques qui constituent le Conseil communal en ce début des années 1900.
Le bourgmestre : Adolphe Horgnies, né le 19 juin 1845 à Hantes-Wihéries. Cultivateur demeurant à Wihéries. Son père était artiste vétérinaire.
Les deux échevins :
- Désiré Fayt, né le 4 juin 1825 à Hantes-Wihéries. Débuta sa vie professionnelle comme journalier, ensuite ouvrier carrier puis scieur de marbre et finalement contre-maître de carrière. Il habitait rue d’En bas. (n°12 actuellement)
- Omer Melkior, né le 22 mars 1857 à Hantes-Wihéries. Décédé le 12 février 1931. Il était maréchal ferrant et habitait rue de la place (aujourd’hui rue du Calvaire,4).
Les conseillers :
- Adolphe Renaux, né le 10 juin 1844. Constructeur, il habitait rue de la place, au coin de la ruelle
- Vital Anciaux, né le 10 février 1843 à La Buissière. Ouvrier carrier, il habitait rue du moulin.
- Agénor Pantot, né le 17 septembre 1840 à Hantes-Wihéries, décédé le 12 décembre Contre-maître de carrière, il habitait rue de la place.
- Louis Laurent, né le 21 septembre 1852 à Hantes-Wihéries. Il était négociant et habitait rue du chêneau.
Le 22 février 1900, le Conseil communal, afin de pouvoir faire face à la dépense qui résultera de la construction de nouveaux locaux scolaires, vote une augmentation de 20 centimes additionnels au principal des contributions directes (personnel, foncier, patente) pour un terme de cinq années.
Le Conseil Cal pour faire face à ses dépenses ordinaires vote les nouvelles taxes suivantes pour un terme de neuf années.

Aujourd’hui, on parlerait de rage taxatoire…
Le 29 mai 1900, n’ayant pu aboutir à une solution avec les Demoiselles Deprez, le Conseil communal décide de distraire de la voirie vicinale ‘chemin n°7’, la place dite du jeu de balle nécessaire à l’emplacement des écoles communales, et, de passer outre de l’opposition formulée par Mme Gillon de Robaulx et de Rossius de Robaulx à l(enquête de commodo et incommodo qui a eu lieu le 26 mai 1900.
Les sœurs de Robaulx étaient propriétaires de la parcelle n°236 qui se trouvait entre la place du jeu de balle et le sentier de la valle ; aujourd’hui rue Leval. Le terrain avait une sortie dans cette rue.
Le 14 juillet, le Conseil approuve le dossier relatif à la demande d’autorisation d’acquérir le parcelle de terre du jeu de balle n°236 appartenant à la famille de Robaulx.

Le dimanche 19 août à 9 h du matin, convoqué en urgence, le Conseil Cal à l’unanimité, autorise le Collège échevinal à acquérir la parcelle 236 et au besoin, à prendre les mesures nécessaires pour procéder à l’expropriation de cette parcelle. Le Conseil autorise également le Collège a prendre les dispositions nécessaires pour la création d’un chemin vicinal d’une largeur de 3 mètres le long de cette parcelle.
Une semaine plus tard, le Conseil Cal après avoir pris connaissance du résultat de la démarche faite par Désiré Fayt et Omer Melkior (échevins) près de Mesdames Gillon de Robaulx et de Rossius de Robaulx, relativement à l’acquisition de la parcelle du jeu de balle, leur appartenant, décide à l’unanimité de proposer à cette famille d’acquérir la parcelle pour le prix de 3200 frs pour environ 40 ares.
Comparé à ce jour, cela représenterait plus ou moins 10 000 € par 10 ares.
Pour la première fois dans le village, en septembre 1900, on nomma Emile Piette afin de procéder au numérotage des maisons en vue d’opérer au recensement décennal de la population. Il en coûtait 20 centimes par numéros.
Le 28 janvier, ayant reçu réponse de la famille de Robaulx déclarant qu’ elle s’opposait à la vente de leur parcelle de terrain, le Conseil Cal décida d’adresser une requête à Monsieur le Ministre de l’Intérieur et de l’Instruction publique, lui exposant toutes les démarches faites par l’Administration Cale près de la famille de Robaulx et le priant de donner son avis pour savoir si la Commune pouvait exproprier ce terrain ou bâtir définitivement sur le trieu du jeu de balle.
En attendant la réponse de Mr le Ministre et toujours à la recherche d’un terrain, le Conseil décide de s’adresser à Monsieur Edmond Lengrand de Merbes le Château, tuteur de Paul Lengrand ; petit fils mineur de Philogène Lengrand et propriétaire d’un terrain à Hantes appelé « cour de Lobbes » sur lequel la Commune aurait construit les nouvelles écoles
Son père Adolphe, décédé en 1899 à 55 ans, Paul n’avait que 18 ans en 1901. Le projet n’aboutit pas et c’est sur ce terrain que quelques années plus tard, Paul Lengrand fit bâtir son château de style éclectique connu aujourd’hui plutôt sous le nom de « château Jaumotte » . Paul Lengrand, d’après ma grand-mère, fut le premier à posséder une automobile à Hantes.
Ce château était devenu un restaurant dans les années 1970
Le 24 mars 1901, le Conseil Cal décide d’écrire à Mmes de Robaulx pour leur demander leur dernier prix pour toute la parcelle leur appartenant et sise sur le trieu du jeu de balle.
Le 20 mai, le Conseil communal, après avoir pris connaissance de la lettre de Mme Gillon de Robaulx adressée à Monsieur le Notaire E.Lambot, demandant le prix de 4792 frs 50 pour 33 ares 50 centiares de leur parcelle, décide de demander à l’autorité supérieure l’autorisation d’acquérir cette parcelle pour la construction de locaux scolaires . Le terrain était ainsi passé de 10 000 frs de l’hectare à 14 375 Frs.
En séance du 1er juillet, le Conseil approuve les plans et devis estimatifs des écoles communales suivant les modifications apportées et s’élévant d’après le devis dressé par Mr l’architecte Simon de Namur à la somme de soixante deux mille deux cent quarante quatre francs et trente trois centimes .

Le 12 décembre, les tous premiers travaux sont mis en œuvre.
Le dernier jour de l’année 1901 se termine par un Conseil qui, après avoir pris connaissance de la demande du Cercle artistique de Hantes-Wihéries, tendant à ce que la nouvelle salle communale a construire puisse être disposée de façon à donner des soirées dramatiques, décide de proposer ces travaux supplémentaires à Mr l’architecte Simon et reporte son autorisation à une séance ultérieure.
Le 22 février 1902, le Conseil communal, afin de couvrir sa part d’intervention dans les frais résultant de la construction de locaux scolaires et communaux, décide d’emprunter par l’intermédiaire de la Société du Crédit Communal, la somme de 43 000 francs. L’arrêté Royal du 30 mai approuve cette délibération.





Après consultation des plans et des différents aménagements prévus par l’architecte Simon, le Conseil décide à l’unanimité, en date du 11 mars 1902 :
- La suppression des citernes, conduits et pompes à eau potable aux logements des nouvelles écoles;
- La suppression de deux cabinets d’archives pour agrandir la salle communale ; une salle d’archives sera construite au grenier du bâtiment communal;
- La suppression des fours à cuire le pain dans les logements et remplacés par une armoire au cas ou à l’avenir on voudrait construire des fours.
C’est durant le mois de mars 1902, que le Conseil Cal après avis favorable de la Fabrique d’église, décide d’accorder l’autorisation à Mr le curé Carbon de construire à ses frais personnels, une chapelle sur l’ancien cimetière de Wihéries.

Le 15 avril 1902, la région est secouée par des mouvements de grèves importants, partout sur leur passage, les grévistes forceront les ouvriers des établissements à cesser le travail. Les maçons occupés à la construction de l’école n’échapperont pas à la règle et s’arrêteront quelques jours. Le 21 avril, le Conseil général du Parti Ouvrier vote la reprise du travail et tout rentre dans l’ordre.
Ces grèves avaient été menées par le Parti ouvrier belge en vue d’obtenir le suffrage universel en réponse au système de vote plural qui existait à cette époque. En fonction des capacités et de la fortune, le citoyen avait de une à quatre voix. Le suffrage « un homme une voix » ne fut en vigueur qu’en 1919.

Notre instituteur Porphyre Fayt, en 1902, avait 3 voix en tant qu’électeur général et provincial et 4 voix en tant qu’électeur communal.
Durant le mois de juillet, notre instituteur, qui était certainement un colombophile amateur, avait demandé à ce qu’il soit laissé une ouverture dans la toiture de la maison de l’instituteur actuellement en construction pour y établir un pigeonnier. Malheureusement, le Conseil Cal repoussa cette demande. Par contre, le Conseil avait décidé de construire des murs de clôture aux jardins des instituteurs et institutrices ; d’une largeur de 36 cms et de 2 mètres de hauteur. Il fut décidé également que le défoncement nécessaire le long des murs des habitations du personnel enseignant pour la plantation des arbres fruitiers, aura lieu après l’achèvement des murs et lorsque la maçonnerie sera bien sèche. La plantation de ces arbres fruitiers étaient destinés à donner le cours d’arboriculture faisant partie du programme de l’enseignement primaire à cette époque.

C’est durant cette année 1902 que des travaux importants furent entrepris à l’église du village. Il s’agissait de démolir les toitures existantes et de les remplacer par des nouvelles toitures en ardoises à crochets, y compris les gouttières et les tuyaux de descente. Le devis et le cahier des charges avaient été établis par le même architecte que celui choisi pour la construction des écoles ; Monsieur Simon de Namur. Le devis s’élevait à la somme de 5160 francs. Monsieur Henri Clément de Manage remporta le marché avec une soumission de 4953,60 francs.
Si à la fin de 1886, la division belge comptait au total 6 900 kilomètres de lignes téléphoniques et 3532 abonnés répartis dans sept villes, dont Bruxelles , Anvers , Charleroi , Gand , Verviers et Liège, c’est le 21 octobre 1902 que le Conseil autorise l’administration des Télégraphes à Bruxelles, à placer treize poteaux nécessaires à la construction d’une ligne téléphonique de l’Etat, sur les chemins de la commune d’Hantes-Wihéries.
1902, c’est également l’année où les premières réunions ont lieu concernant la création d’une ligne de chemin de fer vicinal dans notre région. C’est donc tout naturellement que le Conseil Cal est appelé à fixer son chiffre d’intervention pour la formation du capital nécessaire à la construction et à l’acquisition du matériel d’exploitation du chemin de fer vicinal de Binche à Beaumont. Le Conseil vote à l’unanimité sa part d’intervention pour la commune à la somme de 33000 francs.
Durant le mois d’octobre, la commune décide de vendre les anciens bâtiments scolaires et communaux et d’en donner la jouissance en date du 1 juin 1903 ; le temps que les travaux des nouvelles écoles soient complétement terminés. Finalement, il fut décidé de les louer étant donné que le produit de la vente ne pouvait servir au remboursement des emprunts.
En ce début d’année 1903, différents travaux supplémentaires d’aménagements intérieurs auront lieu, principalement de la menuiserie. Il fut également décidé d’amener de la « bonne terre de sucrerie » dans les jardins en remplacement d’une terre très pauvre.
Avant la construction des nouvelles écoles, cet endroit était appelé « le trie » ce qui signifiait autre fois, un terrain inculte.
On procéda également au placement de graviers de la Meuse sur la surface des cours de l’école.
C’est finalement en date du 9 mai 1903 que le Conseil communal approuve l’adjudication du déménagement des écoles communales ainsi que les dernières fournitures telles dix stores, de la peinture, etc.

Au mois de juillet 1903, le Bourgmestre A.Horgnies, donne lecture d’une lettre de Monsieur le Commissaire d’arrondissement à Thuin, relative à l’institutrice gardienne Mlle Massart ; cette lettre informait le Conseil que la Commission provinciale des pensions du Hainaut, après avoir pris l’avis des médecins a estimé à l’unanimité des 4 membres présents que Mlle Massart ne pouvait reprendre sa classe avant 6 mois, et qu’il y avait lieu de la placer dans la position de disponibilité. Le Conseil protesta contre cette décision et décida de placer Mlle Massart dans la position des personnes pouvant être mises à la pension ; les parents des élèves s’opposant à la reprise de l’institutrice, prétextant qu’elle était contagieuse.
Par suite d’un Arrêté Ministériel en date du 31 juillet, Mlle Massart fut finalement placée dans la position de disponibilité pour cause de maladie avec traitement d’attente de 533,33 francs par an, dont les 2/5e seront payés par l’Etat, 2/5e par la Commune et 1/5e par la Province.
Par bulletins secrets et à l’unanimité, Mlle Hermine Dautez fut nommée institutrice gardienne provisoire à partir du 1er août 1903. Cette même année, le Conseil approuve les listes d’instruction gratuite des enfants fréquentant les écoles primaires : 65 garçons et 61 filles.
En cette fin d’année 1903 et en vertu de la loi de 1895, le Conseil accorde l’augmentation quadriennale de 100 frs à Mlle Octavie Brulez. Mr Prophyre Fayt, instituteur primaire, malgré qu’il lui manquât un mois pour avoir ses 20 ans de service, le Conseil passa outre de la loi du 14 août 1903 et porta son traitement à 2000 francs par an.

Le 17 mai 1904, se conformant à une circulaire du Comité provincial du Hainaut concernant le 75e anniversaire de l’Indépendance nationale, le Conseil vote un crédit de huit cent francs, destiné à l’inauguration des locaux scolaires et communaux (en 1905) et à diverses fêtes à organiser dans les différents quartiers de la commune. Le Conseil se réserve toutefois la faculté de ne pas dépenser cette somme si le Conseil provincial n’alloue pas un subside en rapport avec le crédit voté ou si les finances de la commune ne le permettaient pas en 1905.
En ce qui concerne la fête communale de juillet 1904, la commune décida d’inviter les Sociétés de musique du Canton afin de participer au concert donné le 17 juillet. Le 14 août à 3 heures de relevée (aujourd’hui on dit après- midi) eut lieu la distribution des prix aux écoles communales. La cérémonie se déroula dans la cour de l’école des garçons.
Hantes-Wihéries, avant-gardiste en matière de code de la route…
C’est le 30 septembre 1904 que le Conseil communal décide de dresser un règlement relatif aux automobiles qui circuleront dans l’intérieur de la commune ; ceux-ci devront rouler à 10 kilomètres à l’heure ainsi que les motocyclettes. Quant aux cyclistes et aux voitures de maître, dans les courbes, ils devront marcher au pas d’hommes…
Cette année- là, il n’y a que quelques centaines de véhicules en circulation en Belgique

En 1903, la France produit 30000 véhicules et la Belgique à peine 3000.
Les chemins du village sont à cette époque constitués de terres battues et de pierrailles. Seuls deux chemins reconnus de grande communication existent entre Solre- sur- Sambre et Fontaine Valmont d’une part et entre le Calvaire et la frontière française d’autre part ; c’est-à-dire passant par le jeu de balle et la rue de Wihéries.
Au mois de juillet, les festivités pour le 75e anniversaire de l’Indépendance et l’inauguration des nouveaux bâtiments scolaires eurent lieu comme prévu.
Il fut également prévu d’acquérir pour la Société dramatique, le théâtre pour le prix de 150 francs.
Le mois de septembre 1905 verra le décès du bourgmestre Ad Horgnies ; il sera remplacé le 9 décembre par Armand Baudson.
C’est en avril 1906 que le Conseil décide de demander le prix de badigeonnage des écoles communales aux deux plafonneurs de la commune et autorise Mr le Bourgmestre a commander le plafonneur ayant soumis le plus bas prix. En 1900, il y avait deux plafonneurs en activité à Hantes-Wihéries : Antoine Allard de Wihéries et Hubert Blairon de la rue d’En Bas.
Quelques mois plus tard, en septembre, le Conseil se prononce sur le principe de faire procéder au renouvellement du mobilier scolaires des classes gardiennes, des garçons et des filles, et se réserve d’approuver le devis estimatif de ces travaux après que l’inspection scolaire aura présenté ses propositions relatives à cet objet.
Au mois de décembre, Mlle Désirée Massart institutrice gardienne qui était en disponibilité depuis juillet, reçoit un avis favorable à sa demande de pension et le Conseil accepte sa démission.
La nomination de la nouvelle institutrice en remplacement de Mme André Dautez, institutrice provisoire depuis 6 mois, eu lieu le 29 décembre. C’est par 6 bulletins contre un que Mlle Louise Claux fut nommée au traitement de 700 francs par an.

Le 30 octobre 1906, attendu que par suite de la construction de nouveaux locaux scolaires communaux, les anciens bâtiments de la commune n’ont plus de destination publique, que ces bâtiments sont loués au profit de la commune, que leur état de vétusté malgré un entretien annuel, les frais de réparation et d’entretien sont une charge pour la commune, le Conseil communal décida d’exposer en vente publique les anciens bâtiments scolaires divisés en 4 lots et évalués à 10000 frs.
La vente de ces anciens locaux représentait un bienfait pour la commune, attendu que le produit de cette vente sera affecté à des travaux d’assainissement et d’hygiène.
Le 19 octobre 1907, le Conseil communal approuve la vente publique du 17 septembre, passé par devant Mr le Notaire Albert Wins de Merbes le Château, des anciens bâtiments scolaires et communaux et s’élevant à la somme de 12400 francs.
En ce début de siècle, les habitants, les travailleurs, les écoliers empruntent très souvent tous les sentiers qui sillonnent notre village, c’est sans doute la raison qui pousse le Conseil à décider de faire afficher dans la commune que les cultivateurs ne pourront plus labourer les sentiers reconnus à l’atlas des chemins vicinaux de 1841, sous peine de se voir poursuivre devant les tribunaux en conformité de la loi sur la police des chemins vicinaux.



La classe des filles de primaire en 1907 avec l’institutrice Melle Octavie Brulez 

Louise Claux deviendra Mme Brulez après son mariage avec Edgard Brulez. Ils auront une fille, Andrée, qui épousera René Mesureur, commissaire voyer et conseiller communal à Hantes-Wihéries.
Le 31 janvier 1909, dans le salon communal situé à l’étage des nouveaux locaux scolaires, la Société Harmonique des Réunis va obtenir l’autorisation d’organiser une soirée musicale. Celle-ci sera responsable de tous accidents qui pourraient résulter de cette soirée et se verra imposer à ses frais la personne habituelle en charge du nettoyage.
En 1909, on ne badine pas avec la discipline à l’école primaire. En séance du 14 février, Mr le Bourgmestre donne connaissance au Conseil Cal d’une réclamation de l’épouse Fernand Moyaux, relative à la punition infligée à son enfant, punie au pain sec. Le Conseil décida que cet enfant pourra rentrer en classe aussitôt qu’elle aura subi sa punition et la mère sera invitée à être honnête et respectueuse vis-à-vis des membres du personnel enseignant…
Il apparait que cette punition dura au moins 10 jours étant donné que suite à la décision du Conseil Cal en date du 14 de ce mois, l’enfant de Fernand Moyaux ne pouvait rentrer en classe, que, aussitôt qu’elle aurait subi la punition qui lui était infligée par l’institutrice ; or cet enfant est rentré à l’école hier 24 de ce mois et la mère a frappé l’institutrice, Mlle Octavie Brulez et lui a porté des coups causant une incapacité de travail. Le Conseil à l’unanimité protesta contre de tels procédés et décida que l’enfant Moyaux serait exclue de l’école. Le Collège pris Maître Vilain de Thuin pour réclamer des dommages et intérêts à la mère de l’enfant, au nom de la commune, pour les faits qui lui étaient reprochés et pour le tort fait à l’enseignement communal. A la suite de cette affaire, le Juge de Paix de Merbes le Château rendit son jugement et condamna la mère de l’enfant à payer la somme de 77,50 frs pour dommages et intérêts.

Mademoiselle Octavie Brulez photographiée ici en 1891Durant les 15 jours de congé de Mlle Brulez, c’est Mlle Marthe Dubois de Labuissière qui la remplacera.

Le garde-champêtre, un personnage important dans le village
A cette époque, le garde-champêtre est un personnage qui jouit d’une autorité importante. Il dresse procès-verbal pour le moindre fait de vol, braconnage ou de glanage dans les champs, ne laissant rien passer ; il est craint de tous. Pour quelques pommes ou bottes de paille, il fait rapport au Conseil communal. Jules Vainqueur est né à Hantes en 1836 et prend ses fonctions en 1872. Durant 38 ans, il exerça ses fonctions avec rigueur. En 1905, après 33 ans de service, le Conseil Cal lui fit la remarque d’une certaine « nonchalance » et du lui adjoindre un garde-champêtre auxiliaire non rémunéré. En mai 1906, le Bourgmestre donne connaissance au Conseil de l’Arrêté Royal accordant la médaille commémorative à l’occasion du règne de Sa Majesté Léopold II Roi des belges à Mr Vainqueur Jules en raison de ses 34 années de service. Il fut remercié pour ses bons et loyaux services.
Le 3 décembre 1909, le Conseil décida de placer le garde-champêtre à la pension et de proposer à ce fonctionnaire, une pension annuelle de 200 francs et de l’inviter à donner sa démission, faute de quoi il sera pris des mesures d’office à son égard.
Le 5 janvier 1910, le Conseil à l’unanimité décida de révoquer le garde-champêtre Jules Vainqueur invoquant la raison qu’il ne voulait pas accepter la pension proposée. Finalement, le 13 janvier, Jules Vainqueur remis finalement sa démission moyennant une pension de 200 francs par an. Le Conseil décida de faire publier la vacance de cet emploi dans les communes de La Buissière, Merbes le château, Erquelinnes, Solre sur Sambre, Montignies Saint Christophe et Fontaine Valmont. Les conditions requises étaient les suivantes : être âgé de 25 à 35 ans, le titulaire ne pourra, ni par lui-même ni par personne interposée exercer aucun commerce, ni tenir des bêtes à cornes ; le traitement est fixé à 800 francs par an. Après avoir reçu 8 candidats, Constant Delbruyère, après scrutin, sera nommé garde-champêtre.

En ce mois de juillet 1910 ; le Conseil communal décide de faire peindre toute la menuiserie extérieure des bâtiments communaux, écoles et maisons d’instituteur et d’institutrices, pendant les vacances d’août et septembre. Pour pouvoir réaliser les travaux au prix de cent francs, il n’y eut pas cette année- là de distributions des prix.
C’est le 12 janvier 1911 que le Président du Conseil communal, Adolphe Renaux, annonce à l’assemblée que le Bourgmestre Armand Baudson est décédé à l’âge de 43 ans. Son fils Nestor et son petit-fils Yvan exploitèrent la ferme dans le tournant de la rue de Wihéries.
C’est Jules Harboux qui sera Echevin faisant fonction de Bourgmestre. Faisant suite à l’arrêté Royal du 20 août 1912, Jules Chabeau sera nommé en qualité de Bourgmestre.fred
Dans sa séance du 29 avril 1912, sur la proposition de Mr l’Echevin Armand Brunebarbe, le Conseil communal à l’unanimité, décide d’adresser à l’autorité supérieure un vœu en faveur du suffrage universel à vingt et un ans.
Le 18 juin 1912, le Conseil communal décide que la distribution des prix aux élèves des écoles primaires aura lieu le 15 août à 4 heures de relevée (ap midi) et que la rentrée des classes aura lieu le 23 septembre à 8h ½ du matin. Durant cette même séance, il est décidé que la fête du mois de juillet 1912 aura lieu le dimanche 21 juillet et il est également décidé de n’inviter que les Sociétés musicales de la commune et la Société des carabiniers hantois pour organiser le cortège.
Le 29 juin, le Conseil revoie sa décision du 18 juin et décide finalement d’inviter les deux sociétés musicales de Solre sur Sambre et la fanfare de Montignies Saint Christophe pour assister à la fête communale du 21 juillet. Suite à la lettre de Mr A.Wins, président de la Société Gymnastique de Merbes le Château, le Conseil décide d’inviter cette société à donner une fête le dimanche 11 août.
Le 21 août 1912, le Conseil communal prend connaissance de l’Arrêté Royal du 20 août nommant Jules Chabeau en qualité de Bourgmestre. A cette occasion, le sceau communal lui est remis par le Bourgmestre sortant ; Vital Horgnies.
La journée d’un cantonnier en 1912
C’est le 1er septembre 1912 que le Conseil décide à l’unanimité de placer des réverbères dans les rues du village. Le cantonnier était tenu d’allumer les réverbères pendant l’hiver à partir de 4 heures du soir. Son salaire était de 80 francs par mois. Toutefois, en cas d’absence dûment justifiée, il lui sera retenu 3 frs par jour, sauf en cas de mauvais temps ou de maladie bien constatée. Un maximum de 5 jours de maladie était accepté.
En été, la journée de travail s’étalait de 6 heures du matin à 7 heures du soir avec intervalles d’une demi -heure à 8 heures du matin et quatre heures du soir et une heure à midi. Cela représentait donc des journées de 11 heures de travail.
En hiver, la journée allait du jour au jour, sauf les jours où il était nécessaire d’allumer les réverbères. Le cantonnier était tenu de se munir du matériel pour l’entretien des chemins ; les réparations étaient faites aux frais de la commune…
C’est Emile Baligand qui fut nommé cantonnier le 10 septembre 1912 mais Il remit sa démission le 14 oct.

On installa 17 lanternes dont huit avec des ferrures à placer aux murailles, une avec broche à placer sur une colonne du château de Paul Lengrand et huit sur des piquets en bois comme sur la photo. La fourniture et le transport depuis Auvelais avait coûté à l’époque la somme de 116 frs50
Pour ce qui est des ferrures, le modèle avait été présenté aux maréchaux de la commune pour qu’ils puissent remettre leur prix.
La fourniture d’un fût de pétrole pour l’éclairage des rues coûtait 35 frs et le 12 février 1913, la commune décida d’accorder une gratification de 50 frs au garde champêtre Constant Delbruyère pour l’allumage des réverbères et ce du 1 octobre au 15 mars de chaque année.

Décoration de l’instituteur Porphyre Fayt
Notre instituteur Porphyre Fayt était entré en fonction le 1er mars 1876. Dans sa séance du 1er septembre 1912, le Conseil communal, à l’unanimité, décide de solliciter la croix civique de 1ere classe pour ses bons services et le dévouement qu’il a apporté pendant plus de 35 ans dans l’exercice de ses fonctions. C’est Jules Chabeau, le bourgmestre de l’époque.
Durant les premiers jours de janvier 1913, le Conseil communal prend connaissance de la lettre de Porphyre Fayt, leur signifiant qu’il va prendre sa retraite et sollicitant une indemnité de 125 francs pour les arbres qu’il a plantés dans le jardin de l’instituteur ainsi que la construction d’une armoire dans son logement. Une indemnité de 125 francs lui fut accordée.
A l’issue de la requête au sujet de la manifestation en l’honneur de l’instituteur, à organiser le dimanche 23 mars 1913, le Conseil communal décida d’accorder un subside de 25 francs pour l’organisation de cette fête et d’assister officiellement à cette cérémonie.
Une mesure disciplinaire :
Mlle Louise Claux, institutrice gardienne, s’étant permise de prendre congé les lundi et mardi gras sans en demander l’autorisation à Mr le Bourgmestre, le Conseil Cal décida de retenir 2 journées à Mlle Claux, par cinq voix sur cinq votants.
Le 12 février, sur la proposition de l’échevin Armand Brunebarbe de nommer un échevin de l’instruction publique, Mr le Bourgmestre Jules Chabeau fit ses réserves et ajouta qu’il n’acceptait pas ladite proposition mais il participa au vote. En conséquence, il fut procédé par bulletin secret à la nomination d’un échevin de l’instruction. L’échevin Vital Horgnies ayant obtenu trois suffrages sur quatre votants fut nommé pour la première fois à Hantes-Wihéries, échevin de l’instruction à partir de ce 12 février.
C’est le 7 mars 1913 que le Conseil communal prend officiellement connaissance de la démission de Porphyre Fayt ; à l’unanimité des membres présents, le Conseil accepta cette démission, décida de la liquidation de son traitement et de la cessation de ses fonctions d’instituteur en date du 31 mars 1913.
Une page de 37 ans et un mois se tournait pour notre instituteur qui avait instruit chaque année une moyenne de 50/60 élèves.
En vue d’assurer la succession de Porphyre Fayt, le 26 mars 1913, le Conseil communal prend connaissance de demandes régulièrement présentées par différents candidats à savoir :
- Mr Edgard Bourgeois de Montignies Saint Christophe
- Mr François Deskoeuvre de Merbes le Château
- Mr Jules Mangeot de Villers Poteries
Ces demandes étant accompagnées des pièces officielles, le Conseil procéda par bulletins secrets à la nomination d’un instituteur communal primaire. Il en résulta que par sept voix sur sept votants, Mr François Deskoeuvre fut nommé instituteur primaire au traitement annuel de 1200 francs plus le logement et le chauffage. Il prendra possession de son emploi le 1er avril.
Au cours de cette même séance, sur la proposition de Mr l’échevin de l’Instruction, par bulletins secrets et à l’unanimité des membres présents, il fut voté une augmentation de traitement de 100 francs par an.
Il fut également décidé que Monsieur François Deskoeuvre nommé instituteur ne pourra à partir de son entrée en fonction, exercer, ni par lui-même, ni par ses enfants ou personne interposée, aucun commerce pouvant être de nature à influencer sur l’instruction et l’éducation des enfants confiés à sa charge.

François Deskoeuvre se marie avec Louise Laurent le 31 décembre 1904. Ils eurent 2 filles : Claire (à gauche sur la photo) née en 1909 et Renée, née en 1906.
Le curé Monseux, un desservant arrogant et calomnieux
Voilà plusieurs années déjà que le curé Monseux entre régulièrement en conflit avec son voisin Raymond Laurent concernant le mur mitoyen et les arbres adossés mais également avec l’administration communale dont il ne partage manifestement pas les opinions libérales. La chapelle du Calvaire sera le point d’orgue de ce conflit ; la pièce qui fait déborder le tronc en quelque sorte. Dans sa séance du 25 août 1913, le Conseil communal écrit à Sa Grandeur Monseigneur l’Evêque à Tournai :
Le Conseil Cal, par suite de convocations régulières, vient respectueusement vous exposer ce qui suit :
Attendu que depuis la Révolution Française, les conseils qui se sont succédés en cette commune, ont toujours été homogènes et appartenant à l’opinion libérale ; qu’il n’en résulte pas de cette circonstance que les membres du clergé aient eu, jusqu’à ce jour, a se plaindre des excellents rapports qui n’ont cessé d’exister entre les autorités civile et religieuse.
Attendu que notre commune se trouve privilégiée au point de vue de luttes politiques, qu’elle n’a jamais connues, et que, elle l’espère encore, ne connaîtra jamais ; que la tolérance la plus large a été laissée à tous les habitants, quoique appartenant à l’opinion libérale, d’assister aux offices religieux.
Attendu que depuis l’arrivée en notre commune du curé E. Monseux, la presque totalité des habitants a déserté l’Eglise et qu’il ne faut en chercher la cause que dans l’esprit sectaire et arrogant du desservant de la paroisse.
Que pour n’en donner qu’une preuve, il y a lieu de renseigner Sa Grandeur Monseigneur Walravens, Evêque de Tournai, des faits et gestes de son représentant à Hantes-Wihéries

Attendu que la Commune possède de temps immémorial une chapelle dite « Calvaire de Hantes » et dont l’inscription du tronc est libellé comme suit « Tronc pour l’entretien de ce calvaire »
Attendu que les frais d’entretien et de réparations de ce calvaire ont toujours été supportés par la caisse communale et que la clef du tronc était en possession de l’Echevin des travaux.
Attendu que par une tolérance qui ne se justifiait pas, la clef de ce tronc a été remise entre les mains des 2 derniers prédécesseurs du curé Monseux et de celui-ci, jusqu‘en cette année.
Attendu qu’au début de 1913, la toiture du calvaire était complétement en état de vétusté et menaçant ruine, et qu’il y avait lieu, dans l’intérêt de la conservation du bâtiment de faire procéder à une réparation comprenant le renouvellement complet de la toiture.

Attendu que Mr Monseux, quoique touchant le produit du tronc, s’est catégoriquement refusé à faire opérer les travaux de réparations.
Que, ceux-ci, vu l’attitude scandaleuse du curé, ont été effectuées par la commune dont coût 180 francs.
Que le desservant ayant refusé de remettre les clefs de la porte d’entrée et du tronc, l’administration communale a cru de son devoir de faire remplacer les serrures de la porte et du tronc ; d’en remettre les clefs à l’Echevin des travaux qui a été chargé de lever périodiquement le tronc et d’en verser le contenu au receveur communal chargé d’en tenir comptabilité.
Considérant que ce conflit en lui-même ne pouvait que jeter le froid entre les rapports amicaux qui ont toujours existé entre l’autorité civile et religieuse, et que là, devait se borner cet incident.


Chapelle du calvaire et ancien emplacement du tronc
Attendu qu’il n’en devait pas être ainsi ; le curé dans un sermon le dimanche 10 août courant, oubliant sa qualité et le lieu Saint qu’il devait respecter le premier, s’est laissé aller jusqu’à traiter les membres du Conseil communal, de voleurs, de forceurs de tronc, ayant commis un sacrilège, etc, etc. et annonçait aux rares fidèles qui fréquentent encore les offices que la procession du 15 août ne s’arrêterait pas comme d’habitude au calvaire.
Considérant que froissant les convictions religieuses des habitants, il a tenu parole et le Saint Sacrement représentant ici-bas la bonté, la tolérance et la charité, ne s’est pas reposé au calvaire, comme toujours il le faisait chaque année.
Considérant qu’il est du devoir de l’autorité civile, d’informer l’autorité supérieure religieuse ; des actes scandaleux posés par le représentant de l’Eglise.
Qu’il soit encore permis d’exposer à Monseigneur l’Evêque le fait suivant qui caractérise l’esprit sectaire de M le curé Monseux. En hiver dernier, des malandrins (il en existe partout) ont forcé la petite chapelle Saint Ghislain, tant respecté et honoré par nos populations, et ont enlevé quelques centimes qui se trouvaient dans le tronc. La gendarmerie fut prévenue, une enquête fut ouverte, qui n’a amené jusqu’à ce jour aucun résultat ; la police locale retrouva une somme de 3frs 60, qui avait échappé aux voleurs, qu’elle remit à Mr le curé ainsi que la statue St Ghislain. En possession de la somme lui remise par le garde champêtre, celui-ci demanda au curé s’il allait faire réparer les dégâts commis à la chapelle St Ghislain ; voici sa réponse : « Je n’ai rien à faire pour les habitants de Hantes-Wihéries »
Vous avouerez, Monseigneur, que ce ne sont pas là des paroles qui doivent sortir de la bouche d’un prêtre.
Vis-à-vis de cette réponse, l’Administration communale fit réparer à ses frais la chapelle Saint Ghislain.
Aussitôt fait, Monsieur le curé Monseux s’est refusé a remettre la statue St Ghislain et à la procession de la fête Dieu, il a dédaigné de s’arrêter à cette chapelle comme cela se fait chaque année.
Aussi le Conseil communal, réuni spécialement à ce sujet vient très respectueusement prier Sa Grandeur Monseigneur l’Evêque, s’il veut encore conserver la foi chez les habitants de Hantes-Wihéries, de porter le changement de Mr le curé Monseux, à l’ordre du jour de son prochain Mouvement ecclésiastique.
Le Conseil présente à sa Grandeur Monseigneur l’Evêque de Tournai, avec ses respectueuses civilités, l’assurance de sa considération distinguée.
Ont signés : Mrs V.Horgnies, A.Brunebarbe, V.Anciaux, A.Wallemme, A.Fayt, R.Laurent
La fête Dieu avait lieu 60 jours après Pâques ; donc un jeudi, mais était souvent célébrée le dimanche suivant le jeudi. En 1913, la procession eut lieu le dimanche 25 mai.

Chaque année, un reposoir était aménagé à la chapelle Saint Ghislain, située face à la place du jeu de balle.
Ecoles du soir
Le Conseil communal avait déjà été contacté en 1880 par le Commissaire d’Arrondissement de Thuin, en vue de la création d’une école du soir pour adultes ; la proposition ne fut pas suivie. En ce 18 octobre 1913, le Conseil communal décide le principe de la création des écoles du soir, pour garçons, pendant l’hiver, des vacances d’octobre aux Pâques ; si toutefois le nombre d’élèves ne dépasse pas 10 élèves, le Conseil se réserve le droit de supprimer ces cours. Le Conseil à l’unanimité, décide de laisser le soin à Mr Vital Horgnies Echevin de l’instruction de s’entendre avec l’instituteur au sujet de l’indemnité à lui accorder pour le chauffage et l’éclairage à fournir pendant la durée des cours. Le Conseil vote une somme de 100 frs à l’instituteur pour donner les cours du soir aux enfants.
En cette année scolaire 1913/1914, 57 garçons et 66 filles ont droit à l’instruction gratuite.
Dernier verre de champagne
Pour la fête communale de juillet 1914, le Conseil communal décide d’inviter la fanfare « La Concorde » de La Buissière, et de recevoir cette société, les deux sociétés musicales de la commune et la société des carabiniers hantois à la maison communale ; un verre de champagne sera offert à ces Sociétés.
Le garde-champêtre sera chargé de recevoir chez les habitants pour effectuer le paiement des frais nécessités par la fête de juillet et celle d’octobre 1914. Une commission de fêtes pour l’organisation des décisions prises ci-dessus est composée de Mr l’Echevin Armand Brunebarbe et de Mr le Conseiller Raymond Laurent. Mr le Bourgmestre se réservant ses droits de police pour 1914.
Article rédigé par Christian
Sources: voir n°34,35.














Quel plaisir de découvrir l’histoire de ce beau village, un vrai bonheur de vous lire!
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Il faut admettre que Christian et Jérôme ont fait un travail remarquable pour nous permettre de connaitre la vie de Hantes-Wihéries de l’époque. C’est toujours avec grand plaisir de lire leurs articles.
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