Géologie & Hydrographie

Géologie

Le sous-sol de notre village correspond aux couches géologiques appelées « Givetienne et Frasnienne » faisant partie de la période du Dévonien Moyen, il y a environ 365 millions d’années. L’amoncellement, le compactage et la sédimentation d’organismes marins composés de carbonate de calcium, déposés dans le fond de la mer qui couvrait notre région à cette époque, ont donné ce sous-sol calcareux. De nombreuses maisons du village ont ainsi été construites au moyen de pierres extraites du sous- sol.

Le sentier qui part de la rue de Grand Pré pour rejoindre le sentier du tram, s’appelait autrefois « le chemin des grandes roches ». En contrebas, dans le bosquet, on peut nettement constater qu’on y a extrait de nombreuses pierres qui ont très certainement servi à construire au début du 18e siècle « l’usine de Grand- Pré » toute proche. En règle générale, l’habitat reflète très souvent la nature du sous-sol.

Les roches calcaires ont la propriété de servir de réservoir d’eau, et quand la roche affleure, ses interstices capturent les eaux de ruissellement et les restituent sous forme d’eaux d’exsurgences qui alimentent les fontaines.

Les calcaires « Givétien et Frasnien » qui environnent le village d’Hantes-Wihéries se révèlent ainsi de fantastiques réservoirs d’eau contenus dans cet aquifère. La seule carrière de la région encore en activité, se situe sur notre village ; il s’agit des carrières de la Thure. Celle-ci exploite les calcaires dans la Formation du Mont d’Haurs. Ces calcaires gris foncés forment des bans de plusieurs dizaines de centimètres à plusieurs mètres. Cette formation contient des stromatopores lamellaires et massifs, des tabulés, des rugueux solitaires et coloniaux, des brachiopodes, des gastéropodes et des crinoïdes. 

L’autre Formation exploitée est la Formation de Fromelennes du nom de la commune près de Givet. Il s’agit d’un calcaire gris foncé, argileux, parfois noduleux, des calcschistes ou des shales carbonatés noirs, à coraux (Temnophyllum, Alveolites, Thamnopora) et brachiopodes. Dans sa partie supérieure (30 à 65 m), la formation montre des calcaires, gris souvent très clairs, fins le plus souvent, présentant des laminations. Ces calcaires se présentent en bancs décimétriques à pluridécimétriques.

Le « marbre de Sainte-Anne » extrait autrefois à La Buissière et à Hantes et présent anciennement dans de nombreuses maisons du village, était un calcaire d’origine récifale gris noir, à veines blanches composées de calcite. Beaucoup d’hommes du village trouvaient du travail comme « ouvrier carrier » tandis que les femmes étaient « polisseuse de marbre » à la maison.  On leur déposait des pièces brutes que l’on venait rechercher une fois terminées. Le marbre St Anne était réputé dans le monde entier. Dans le pavement des Grands appartements de Versailles, au Palais royal de Copenhagen et chez nous aux murs de la salle du trône du Palais des académies, on peut voir de nombreux exemples d’applications de marbre Sainte-Anne qui démontrent sa préciosité. On en retrouve également dans le pavement de la basilique Saint Pierre à Rome.

Affleurement de calcaire récifal Sainte-Anne au Trou des fées

Dans les listes électorales d’Hantes -Wihéries pour l’année 1895, on dénombre 30 hommes qui travaillent au sein des carrières. En 1895, première année du suffrage universel tempéré par le vote plural, seuls les hommes de plus de 25 ans sont repris sur cette liste. Il faudrait donc certainement y ajouter tous les jeunes qui également travaillaient avec leurs ainés. On peut donc considérer qu’à la fin de XIXe siècles, les carrières étaient avec l’agriculture, les premiers pourvoyeurs d’emplois. Les travailleurs, sur cette liste, avaient comme profession : marbrier, ouvrier carrier, contremaître de carrière, facteur de carrière, tailleur de pierres. 

Hydrographie

L’hydrographie représente l’ensemble des lacs et des cours d’eau d’un pays, d’une région, d’un village. La Hantes, autrefois appelée L’ams est une rivière qui prend sa source en Belgique à Froidchapelle et qui après avoir franchi la frontière française, passe par Reugnies et Bousignies sur Roc pour finalement traverser notre village sur une distance de 4,5 km et terminer son parcours en se jetant dans la Sambre à La Buissière au terme d’un voyage d’un peu plus de 31 km. La Hantes fait partie du bassin versant de la Meuse et sa pente moyenne est de 3,6 %. La Hantes possède elle-même un affluent : le ruisseau de Sartiau qui rejoint la rivière à la limite avec Montignies Saint Christophe en contre bas de l’ancienne abbaye de Sainte-Anne. Ce ruisseau possède lui-même une particularité. En effet, quelques centaines de mètres en amont, le ruisseau du Sartiau reçoit des eaux de résurgence sorties d’une rivière souterraine, en provenance des eaux engouffrées dans une perte située 1,5 km en amont à Fontaine-Valmont. Cette perte est alimentée par le ruisseau du Rin Wé et est parfois aussi nommée « chantoir « en référence au son que produit l’eau en s’engouffrant dans le sol. Un traçage fut réalisé le 27-12-1991 à 15H avec de la fluorescéine, le traçage est réapparu le 28-12-1991 au petit matin en amont de la résurgence Sainte-Anne, dans le lit du Sartiau.

Le ruisseau du Rin Wé termine son parcours en disparaissant sous terre.
Il réapparait 1,8 km plus loin à la résurgence de St-Anne, constituant de la sorte une des rivières souterraines les plus longues du Hainaut.

Des fouilles entreprises sous la direction de G. Faider-Feytmans, de 1955 à 1962 et de 1970 à 1983, ont permis de mettre à jour des bâtiments « des Thermes » au champ des Castellains situés à la limite de Fontaine-Valmont et de Hantes et qui étaient également alimentés par les eaux de perte du Rin Wé via un aqueduc.

Bien avant l’arrivée des énergies fossiles, l’eau représentait dans nos régions, la seule énergie disponible pour faire fonctionner les diverses activités humaines. C’est ainsi que depuis l’époque romaine, la Hantes sur tout son parcours a servi à faire fonctionner des moulins à scier le marbre (Bousignies-sur-Roc, Montignies, Hantes-Wihéries), à moudre la farine, à fouler les étoffes pour les rendre imperméables (Montignies-Saint-Christophe), à extraire le tannin pour traiter les cuirs (moulin aux écorces à Hantes), etc….. La carte ci-dessous est extraite de l’atlas des cours d’eau non navigables datant de 1877, elle nous montre bien le cheminement de la Hantes à travers notre village ainsi que l’emplacement des roues hydrauliques.

En période de sécheresse et d’hivers rigoureux, le débit de la Hantes forçait souvent les hommes à être au chômage technique et à interrompre les activités. Aujourd’hui, on peut suivre en temps réel le débit de la Hantes, mesuré à la station de Beaumont , en allant sur le site internet Aqualim de la région Wallonne.

La Hantes a véritablement façonné le paysage de notre commune par sa vallée encaissée qui ne laisse personne indifférent surtout lorsqu’on l’observe du haut du sentier de l’ancien vicinal.

Si ces méandres et ses chutes d’eau peuvent nous séduire, en cas de précipitations importantes et continues, son débit peu soudainement augmenter et ses eaux rapidement envahir les prairies de la vallée qui s’en trouveront toutefois plus fertiles le reste de l’année.

Un autre phénomène hydrogéologique plus rare, heureusement , peut se produire en cas de pluies brèves mais torrentielles. Le centre du village est situé à +/- 135 mètres d’altitude et le point le plus élevé se trouve à la chapelle Bertaux (165 m). En 2005, juste après les moissons, le sol était extrêmement durci par le passage des engins agricoles et n’a pas eu le temps d’absorber une pluviométrie hors du commun. La dénivellation aidante, cela a provoqué un véritable déluge dans les rues, provocant inondations des caves, des habitations, des jardins et charriant par la même occasion les argiles et limons fertiles pour l’agriculture. Ce phénomène est d’autant plus accentué par le manque de biodiversité de nos campagnes (absence de haies, de prairies, de bosquets…) et par l’augmentation des grandes monocultures provoquant de ce fait l’érosion des sols.

Les fontaines du village font partie intégrante du paysage et de son réseau hydrographique. Ce sont des eaux d’exsurgence résultant de l’infiltration des eaux pluviales à travers la roche calcaire qui caractérise notre région et qui alimentent également les nappes phréatiques. Les différents captages bien nécessaires à diverses activités et les étés très chauds depuis plusieurs années pourraient expliquer le faible débit de certaines d’entre elles.

La Hantes a toujours été très prisée des nombreux pécheurs qui s’adonnent à leur passion favorite. Au 19e siècle, de nombreuses loutres peuplaient notre cours d’eau et étaient considérées comme de dangereuses concurrentes à nos champions de la gaule. C’est pourquoi une loi de 1889 autorisa la destruction de ces malheureuses loutres et moyennant le dépôt de la patte arrière de l’animal à l’Administration communale, l’auteur des faits se voyait remettre une prime. Il n’était pas rare qu’on abatte 3 loutres par an le long du parcours sur Hantes-Wihéries. Aujourd’hui, il n’en reste que quelques-unes en Ardenne et sont extrêmement protégées.

Ministre

En exécution de l’Article 3 de l’Arrêté Royal sur la destruction des loutres, nous avons l’honneur de vous transmettre avec une demande de prime nous remise par le Sieur Melkior Alphonse, Maréchal Constructeur en cette commune, un procès-verbal constatant l’abattage de 2 loutres tuées le 5 courant sur le territoire de cette commune. Vous recevrez en même temps, sous pli séparé, les deux pattes antérieures droites des animaux tués, coupées à la première articulation.

L’échevin ff de Bourgmestre.  7 janvier 1897

Coté Nature, il est fréquent d’apercevoir sur les berges de la Hantes, le héron cendré, la grande aigrette blanche, la foulque macroule, la poule d’eau, le canard colvert, la bergeronnette des ruisseaux et le martin pêcheur. Les insectes ne sont pas en reste et la seule présence de la demoiselle (libellule) « Caloptéryx vierge » dont la larve est très exigeante en oxygène dissout dans l’eau, nous prouve que la renommée de la grande qualité de notre cours d’eau n’est pas surfaite.

Article rédigé par Christian

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